‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 362 sur 422 · MANIFESTE DE DUVERNEY · texte numérisé non relu

MANIFESTE DE DUVERNEY

entrepreneurs, et tant qu'il y aurait des entrepreneurs, le meilleur intendant du monde n'y réussirait pas mieux que M. Gayot. « La nation françoise, disait-il, est peut-être la seule qui soit dans l'usage d'avoir des hôpitaux aux armées; les autres nations, rebutées par les difficultés qui s'y trouvent, s'en passent aux dépens de l'espèce humaine. Plus curieux qu'eux de conserv^er cette espèce, et peut-être plus obligés à en être économes, parce qu'elle est moins abondante chez nous que chez eux, non-seulement nous avons des hôpitaux, mais encore nous voudrions qu'ils fussent aux armées ce qu'ils sont dans les garnisons de l'intérieur du royaume, et c'est à quoi nous ne parviendrons jamais. Le mieux dans ce genre est toujours fort éloigné du bien -, aussi n'ai-je jamais voulu entrer dans les détails de cette partie. » Enfin, pour conclure, il réclamait l'indépendance absolue de l'administration civile représentée par l'intendant de l'armée. « C'est ainsi, disait-il, qu'en ont usé tous les généraux sous lesquels j'ai eu l'honneur de servir, notamment M. le maréchal de Saxe que je n'ai jamais vu, pendant toutes les campagnes que j'ai faites sous ses ordres, s'occuper un seul instant de ce qu'on appelle subsistances; aussi laissoit-il à M. de Séchelles toute l'autorité que cet intendant n'auroit pas manqué de revendiquer, si on eût voulu l'altérer dans ses mains, et dont il avoit besoin pour bien faire le service... Ces principes sont les seuls dont je pusse faire usage pour les subsistances de l'armée dont le roi a confié le commandement à Votre Altesse Sérénissime, si elle persistoit à m'y appeler'.»

1. Pap. Cleriiiorit, 1758. t. lU, n° IIG. C*e8l la pièce originale.

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