REMARQUES DU COMTE DE CLERMONT
Le 21 mai, le comte de Clermont écrivait au maréchal de Belle-Isle : « J'ai reçu, moDsieur le maréchal, la lettre de Duverney du 16. Vous Tavez lue et je crois que vous n'avez jamais vu de principes aussi faux et aussi contraires au service du roi, du moins pour la plupart. Il résulte de cette lettre que ceux que Duverney appelle les gens de plume sont totalement soustraits à lautorité du général, qu'ils peuvent voler le roi impunément (ce qu'ils font, je vous assure , de tout leur cœur), faire manquer Tarmée, sans que le général puisse y apporter remède, et par conséquent arnUer toutes les opérations ; qu'ils peuvent impunément et à la honte de l'humanité, laisser périr les soldats dans les hôpitaux, etc. Mais il faut supporter les fâcheux effets de ce dcraisonnement, à cause des malheurs qui pourroient résulter de l'humeur qu'on donneroit h Duverney. C'est là le cas de dire que de deux maux il faut éviter le pire ; il est cependant bien cruel que le moindre de ces deux maux soit si considérable. J'agis selon cette fâcheuse nécessité, ainsi que vous le verrez parla lettre que je lui écris... J'évite cependant d'entrer en matière avec lui, parce qu'il ne seroit pas en moi d'approuver ou de paroltre condescendre aux principes monstrueux qu'il avance... Que l'on ne conclue pas de la différence si disproportionnée de la façon de penser de Duverney à la mienne, qu'il en résultera entre lui et moi des discussions et de la discorde ; du moins je me piète pour que cela ne soit pas. Vous pouvez être sûr que j'invoque tous les jours le Dieu de la patience et de la sagesse * . »