‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 364 sur 422 · Fap. Clermont, 1758. t. Ul, n · texte numérisé non relu

Fap. Clermont, 1758. t. Ul, n

i42 LETTRE CONFIDENTIELLE

Parmi ses familiers les plus intimes, le comte de Clermont honorait d'une protection toute particulière un financier du nom de Pelletier qu'il poussait avec ardeur dans les fermes. On ne finirait pas de citer tout ce que contient sur ce sujet la correspondance du prince avec madame de Pompadoiir; un seul passage pris au hasard dans les réponses de la marquise donnera une idée de l'acharnement qu'y mettait le comte de Clermont : a J'avois fait ma petite négociation pour que votre protégé fût le premier à être placé, mais il nous arrive une recommandation du roi d'Espagne à laquelle il est impossible de ne pas céder. J'en suis très-fâchée et pour vous et pour moi, car vous pouvez vous ressouvenir que je vous ai sacrifié le rang que j'avois pour un homme qui épouse une parente de mon mari et qui me débarrasse des éternelles sollicitations de toute sa famille. J'espère que Pelletier ne sera reculé que d'un cran*. » Pelletier, sans doute pour s'assurer dans sa poursuite la puissante faveur de Montmartel, s'était fait auprès du comte de Clermont le défenseur de M. Gayot et môme avait poussé l'audace jusqu'à soutenir les théories de Duverney. « Vous êtes, mon cher nmi, lui répondait le prince, un des meilleurs hommes de finance qu'il y ait, mais un des plus mauvais généraux que je connoisse. Il faut que vous sachiez qu'un général doit avoir l'œil à toutes les parties, et que, s'il en néglige une, elle peut faire manquer toutes les autres, c'est-à-dire que si les subsistances vont mal, il ne peut opérer; par conséquent, il faut qu'il se mêle de la partie de l'intendance. Il en est de môme pour

Page 1