‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 371 sur 422 · mai. Pap. Clermont, 1758, t. Ul, n · texte numérisé non relu

mai. Pap. Clermont, 1758, t. Ul, n

4u'2 LOUIS XV ET M. DE FRONSAC.

du comte de Maillebois était exceptionnellement grave et que les tolérances du roi s'appliquaient d'ordinaire à des fautes qui n'avaient aucune proportion avec celle-là. Cependant ses tolérances avaient sur l'esprit de subor- 4ination et de discipline de funestes effets. Quand le duc de Fronsac, sans permission, sans excuse, sans autre motif avoué que celui de se divertir, quittait tout à coup Tarmée et venait, par sa présence à Versailles, scandaliser son père, le maréchal de Richelieu luimême, quand, au lieu de repartir sur-le-champ, comme le lui ordonnait le maréchal, ou tout au moins de se tenir caché, il se plaçait effrontément sur le passage du roi, tout le monde attendait un éclat, tout au moins un signe de mécontentement; mais Louis XV souriait. « Je suis fort aise de vous voir, vous souperez ce soir avec moi, » disait-il, et le duc de Luynes, après avoir raconté cette anecdote, ne pouvait s'empôcher d'ajouter : « C'est assurément une grande marque de bonté, mais la sévérité du maître est quelquefois nécessaire, surtout lorsqu'il est question de rétablir une discipline trop mal observée*. » Quelle autorité pouvaient avoir, après cela, les ordres du maréchal de Belle-lsle aux commandants des places frontières pour faire arrêter au passage tous les officiers qui, venant de l'armée, se présenteraient sans passe-port?

Cependant le ministre ne se lassait pas de poursuivre et de combattre les abus, partout où il pouvait les atteindre. Les états-majors étaient encombrés, les officiers généraux escortés d'une brillante jeunesse ; mais dans les régiments d'où ces beaux jeunes gens se fai-

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