POUR LA RESTAURATION DE I/ARMKE
avoir que le mouvement qu'on lui donne... Qu'est devenu, se demandait avec une amertume ironique le morose vieillard, qu'est devenu l'honneur et où s'est retiré cet esprit national qui nous distinguoit autrefois de nos voisins? Tout cela a été mis depuis quelques années dans la classe des préjugés de l'enfance*. »
Ainsi Duverney semblait prendre en pitié, comme absolument inutiles, tous les efforts, comme vaines toutes les espérances du maréchal de Belle-Isle et de M. de Gisors, du comte de Clermont et de M. de Mortaigne. Heureusement il se trompait ; les idées saines, les bons sentiments reprenaient faveur, les âmes se relevaient; l'armée était eu chemin de recouvrer sa santé morale. Le mal avait été si grand, si profond, si près d'être mortel, qu'il faut rendre aux hommes qui s'étaient voués au soin pénible de le combattre la justice qui leur est exactement due. Certainement le maréchal de Belle-Isle, le comte de Clermont et le comte de Mortaigne avaient beaucoup et heureusement fait pour le rétablissement de l'ordre, de la discipline et de la dignité morale dans l'armée. Une promotion d'officiers généraux , d'après ces principes, avait été rendue publique, le 8 mai; il y avait longtemps qu'on n'en avait vu d'aussi peu nombreuse; il y avait plus longtemps encore qu'on n'avait vu dans une promotion autant d'officiers de mérite. Il y eut, surtout parmi les gens dont les sei'vices n'étaient que vieux, sans être bons, beaucoup d'ambitions et de prétentions déçues, partant beaucoup de plaintes, mais l'effet général fut satisfaisant. On sut gré au maréchal
1. DuTerney au marquis Dumesnil, 9 juin 17ô8. Correspondance Duvemcy-Dumesnil, n" 84.