ORDRE REITERE DE COMBATTRE
Dons une lettre que le comte de Clenuont avait écrite de Neu68, le 16 juin, au maréchal de Belle-Ifile, et où il lui expliquait, comme à madame de Pompadour, sa marche prétendue rétrograde : « Il ne faut pas, avait-il dit, taxer un général de timidité, parce qu'il ne combat pas aussitôt qu'on le voudroit; Ton ne connott pas de loin la nature du pays comme de près. Je ne pouvois pas, sans imprudence marquée et sans exposer l'armée à une défaite quasi certaine, attaquer Tennemi dans les positions où ont resté j usqu'à présent les deux armées ' • » C'est tout spécialement et sans méprise possible à ce passage que le maréchal de Belle-Isle répondait. Je 19 juin, en ces propres termes : a Sa Majesté est bien éloignée d'ordonner que vous attaquiez l'ennemi dans des positions que vous jugez inattaquables et où vous n'avez pas au moins une présomption morale de succès. £lle s'en tient à m'ordonner de vous exposer, comme je l'ai déjà fait, toutes les raisons politiques et militaires qui exigent, relativement à nos alliés, que nous combattions... Je ne puis ni ne dois vous cacher les reproches humiliants qui nous sont faits de ce que nous n'avons cessé, depuis le mois de septembre, de rétrograder, de nous détruire nous-mêmes. L'on demande ce qu'est devenu l'honneur et le courage de la nation françoise, et l'on pousse les choses jusqu'à soupçonner notre bonne foi, parce qu'on dit qu'il n'est pas naturel que des troupes qui ont acquis et mérité autant de réputation puissent être devenues tout d'un coup les plus mauvaises et les plus mal disciplinées en tout genre. Vous jugez bien, monseigneur, que les généraux ne