‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 393 sur 422 · FAIBLESSE DE LA GAUCHE · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DE LA GAUCHE

tobre, si les choses demeurent sur le pied où elles sont aujourd'hui. Je ne dois pas finir celte lettre sans vous faire Téloge de la conduite de M. de Contades qui se porte à tout avec zèle, seconde M. de Mortaigne autant qu'il est en lui , mais évite le rAle de chef du conseil ^ »

Le comte de Gisors avait pai'faitement vu, compris et résumé en trois mots la situation de Tannée française : une droite excellente, un centre respectable, une gauche très- mauvaise. De ce côté, tout à découvert , îln y avait aucune précaution défensive, pas une redoute, ni le plus mince épaulement. JjC landwehr, à partir de là, s'infléchissait vers le nord-nouest, dans une direction qui se rapprochait de Tennemi posté à Kempen, et lui permettait par conséquent de le franchir le plus facilement du monde. Contre une manœuvre si dangereuse, et la sagacité du comte de Gisors nous permet d'sgouter si probable, toute la prévoyance de M. de Mortaigne s'était réduite à placer dans le bourg d'Anradt, en deçà du landwehr et à près d'une lieue de la gauche française, la légion royale qui était l'ancien corps des volontaires royaux. Anradt était au milieu d'une petite plaine entourée de bois qui lui dérobaient d un côté la vue du landwehr, et de l'autre formaient , entre cette plaine et celle où était campée l'armée française, un épais rideau dont un général avisé se serait fait une bonne ligne de défense, mais qu'on avait négligé de peur de trop s'étendre.

Le 22 au soir, voici quelle était la disposition dci^ troupes françaises : six brigades d'infanterie bordaient le landwehr depuis les marais qui couvraient la droite

DISPOSITION DE L'ARMKE FRANÇAISE. 47ft

jusqu'à la censé de Iluikesmcy ; à la distance d une demilieue environ sur la gauche, quatre bataillons, détachés de la seconde ligne qui ne comptait plus dès lors qua trois brigades d'infanterie, occupaient la censé de Stocke et gardaient un chemin qui , à cet endroit , traversait le landwehr; cette brigade isolée formait donc l'extrême gauche de l'armée. Cinq larges trouées avaient été pratiquées dans le landwehr et flanquées de puissantes batteries sous la protection desquelles l'infanterie et la cavalerie, rangée sur deux lignes en arrière, pouvaient, au premier ordre, déboucher facilement dans la plaine de Crefeld. Derrière la droite, les grenadiers de France et les grenadiers royaux ; derrière le centre, la brigade de Navarre ; derrière la gauche, les brigades de la Marine et de Touraine, les régiments de Brancas et de Lockman, les carabiniers et les dragons étaient placés en réserve. La légion royale à Anradt, sur le prolongement de la gauche, un détachement d'infanterie et de cavalerie sur le chemin de Saint- Antonis, et le corps de M. de Voyer, à Crefeld, faisaient le service des avantpostes*. Le 21, entre le départ du prince de Beauvau et l'arrivée du marquis de Voyer, le prince Ferdinand, comme les esprits sensés l'avaient prévu, était venu visiter Crefeld, et, du haut du clocher où il était resté longtemps, il avait examiné à loisir les positions de l'armée française^. Dès le soir même, il avait commencé à dégarnir sa gauche, qui était à Ilulst, au profit de sa

1. Cornillon h Bell6-I«le, 22 juin. — Bulletin du 25 Juin [3477, 11^ 9G-140]. — Lettre écrite do l'armée, du 27 juin. Pap. ClermonI, 1758, t. Vil, no 159. — Mortaigne h Itelle-Islc, 20 juillet [3479, n» 106].

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