COMMENCEMENT DE LA BATAILLE DE CREFELD
droite qui se prolongeait insensiblement au delà de Kenipen. L'opinion de l'observateur qui avait fait ces remarques, en passant à travers les postes ennemis, était ainsi résumée dans un rapport du 22 : « Il juge qu ils pourroient avoir quelque dessein sur notre gauche *. » Le 23 juin, à cinq heures du matin, M. de Mortaigne et M. de Contades, suivis des trois états-majors de Tarmée, quittèrent le quartier général dans l'intention de pousser une reconnaissance dans les bois au delà d'Anradt ; en passant à la gauche du camp, M. de Mortaigne, s'avisant enfin qu'une redoute n'y serait pas inutile, donna des ordres pour que les travaux fussent exécutés dans la journée même et poursuivit sa route. A peine les généraux étaient-ils arrivés à une portée de fusil d'Anradt, qu'un déserteur prussien, un hussard, se montra tout à coup, piqua vers eux et les engagea vivement à ne pas s'aventurer davantage. « Sans ce hussard, avouait M. de Mortaigne, nous aurions été pris, M. de Contades et moi. » D'après le témoignage de cet honmie, à une heure du matin, toute l'armée hanovrienne avait pris les armes; quinze ou vingt mille hommes, sous les ordres du prince héréditaire de Brunswick, mais dirigés par le prince Ferdinand lui-même, étaient partis de Kempen sur quatre colonnes, en inclinant vers la droite pour traverser le landwehr au passage de Borselsbaum, et déjà leurs avant-gardes occupaient les bois à portée d'Anradt. Aussitôt les généraux firent demi-tour, M. de Mortaigne gourmanda vivement le commandant de la légion royale, M. de Sicard, de ce qu'il ne prenait pas la peine d'éclairer mieux ses ap-