S8 FIN DE LA BATAILLE DE CREFELD
Oberg, Tun et Tautre sur SaiDt-Antoois et Kempen, s'établissant entre eux et le prince de Brunsi^lck, est-ce que la bataille compromise en deçà du landwehr ne pouvait pas être gagnée au delà? Il ne s'agit pas d'une vue chimérique ni d'une manœuvre imaginée après coup ; eUe était sur le champ même de la bataille discutée, agitée, réclamée, et plus tard M. de Mortaigne se sentit contraint de se justifier auprès du maréchal de Belle- Isle de ce qu'il avait reculé devant l'exécution de cet énergique projet. « Il n'eût pas été prudent de faire passer le landwehr aux troupes qui le bordoient, » écrivait-il, un mois après la bataille'.
Il n'avait eu, le 23 juin, ni l'esprit assez large, ni le cœur assez ferme. Ayant vu échouer la charge de cavalerie qui devait être, dans son étroite pensée, la dernière ressource, il avait conseillé au comte de Clermont d'ordonner la retraite. Il était six heures; le jour, en cette saison, n'était pas près de finir; les troupes se sentaient si peu battues et si disposées à vaincre qu'en entendant rappeler de toutes parts les tambours et les trompettes, elles s'imaginèrent que par une feinte, une retraite simulée, leur général attendait le moment où les Hanovriens trop confiants se seraient tous aventurés dans la plaine, de ce côté du landwehr, pour revenir sur eux à la charge et les écraser tout d'un coup sous le poids de l'armée française. L'illusion, hélas ! ne dura pas longtemps ; c'était bien la retraite. Elle fut au moins un modèle d'ordre et de fermeté. A travers les bouquets de bois qui bordaient vers le sud la bruyère de Vischelen, il n'y avait que cinq étroits passages; les