RETRAITE DES FRANÇAIS SUR NEUSS
colonnes s'y engagèrent sans confusion, sans hâte même ; la cavalerie venait la dernière. Le prince Ferdinand avait toutes ses forces rassemblées en deçà du landwehr ; cependant il ne suivait les Français qu'à distance, Tartillerie seule continuant à tirer contre eux quelques salves. Les Hanovriens avaient reconnu les soldats de Hastenbeck.
On n'avait vu pendant la bataille, tous les témoignages sont d'accord sur ce point, ni traînards ni fuyards, aucun de ces déserteurs du combat qui vont sur les derrières d'une armée semer d'avance les mauvaises nouvelles. Les grenadiers de France et les grenadiers royaux faisaient l'arrière-garde ; ils passèrent la nuit auprès d'Osteradt pour donner à l'intendance le temps d'évacuer l'hôpital et les magasins qu'elle y avait établis. C'était là aussi que l'artillerie avait son attirail et ses parcs. Quand tout fut fait, lorsqu'il ne resta plus un trophée que l'ennemi pût joindre aux trois seules pièces de canon démontées qu'il avait fallu lui abandonner avec le champ de bataille, l'arrière-garde arriva à Neuss, le 24, à neuf heures du matin.
Le comte de Clermont y était depuis douze heures à peu près. De sa personne, il s'était parfaitement conduit pendant l'action, toujours au feu sur un point ou sur un autre, encourageant le soldat, mais incapable de lui donner une direction. C'est pourquoi le caustique marquis de Voyer, se moquant de lui comme d'un personnage inutile, résumait ainsi la journée du prince général en chef : « Il est sûr que M. le comte de Clermont étoit à table dans son quartier général de Vischelen à une heure, qu'il avoit perdu la bataille avant six heures, qu'il étoit arrivé à Neuss à dix heures et
400 NOCVELLE.H ALARMANTES DE M. DE *iISORS.
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I>* 23 juin, à minuit, W <?omte d».- Clermont déç^chait de ^eu^s un courrier pour le maréchal de Ikîlr- Isle; il lui annonçait sommairement la perti- de la bataille et la blessure de son fils'. Ce même courrier emportait deux lettres adressées par le comte de «iisors à sou père et à sa femme. La dernière n'a pas été conservée; voici Tautre : « Mon très-cher père, je vous écris avant que de me faire saigner; je vous prie do n'être pas inquiet de ma blessure. Je ne Tai reçue du moins qu'après avoir percé avec les carabiniers Tinfanterie hanovrienne. Faites passer cette lettre à ma femm». Je vous aime et vous respecte de tout mon cœiu*'. » Ni le comte de Clermont ni M. de Gisors n'avaient voaïu dire toute la vérité au maréchal. « (l'est avec bien de la douleur que je suis obligé de vous parler plus fran» qu'ÀL M. le maréchal sur le compte de M. de (iisors, mandait le prince au duc de Nivernais ; la blessure est jugée toute des plus graves*. » La balle, après avoir frarassé la hanche gauche, avait pénétré dans le ventre ;
1. Mémoires sur la campagne de 17 58. Archiics du l>ét ôt de la Guerre.