RETRAITE SUR COLOGNE
moins souffert et son armement n'était diminué que de trois pièces ; elle n'avait besoin que de renouveler ses approvisionnements de boulets et de poudre. En cet état, ce n'était qu im cri dans l'armée pour chercher et prendre immédiatement une revanche.
A neuf heures du matin, le 24, un conseil de guerre s'assemble chez le comte de Clermont; à onze heures, les troupes reçoivent l'ordre de se préparer pour le lendemain ; on va repasser TErft, marcher à la rencontre de l'ennemi, le détail même est réglé, la marche indiquée sur cinq colonnes. Le comte de Clermont s'empresse de communiquer au maréchal de Belle-Isle ces bonnes nouvelles. Au camp, les heures s'écoulent rapidement en apprêts et cependant elles paraissent trop lentes; on voudrait être au lendemain : tout à coup le biuit court d'un complet revirement au quartier général. Il n'était que trop vrai; le prince Ferdinand s'était avancé de Vischelen à Osteradt ; à peine venait- on d'en être informé que déjà la décision du matin était remplacée par une autre toute contraire ; un nouveau courrier était dépéché au ministre, a L'ennemi ayant fait une marche en avant, le débouché n'est pas praticable ; » c'était tout ce que mandait M. de Mortaigne. Le comte de Clermont était un peu plus explicite, car il annonçait qu'au heu de marcher en avant, il allait, dès le lendemain, se repUer à Worringen , c'est-à-dire dans la banlieue même de Cologne*. En effet, le lendemain, 25 juin, l'armée quitta le camp de l'Erft pour aller camper, quatre ou cinq lieues en arrière, à Worringen.
1. Clermont à RcUe-lsIe, 2\ Juin, matin et soir. — Mortaigne à BellcUle, 24 Juin [3477. n»< lU-142-143].