LE MARÉCHAL D'KSTRKES MINISTRE
qu'on avoit fait de rappeler M. le comte de Clermout*. » Des armées en présence, la France, l'Allemagne, TAngleterre,^'Europe attentives, le monde entier visité par la guerre générale, qu'importaient ces grands intérêts et ce vaste spectacle? On avait exposé M. Duverney à partir! Il est vrai qu'un autre grief, dont il ne parlait pas, devait singulièrement aigrir sa mauvaise humem*. S'il était assez puissant pour écarter le maréchal d'Estrées du commandement en chef, il ne Tétait pas assez pour l'empêcher d'être ministre. Le 2 juillet, Louis XV rappela dans le Conseil, avec le titre de ministre sans département, le marquis de Puyzieulx, beau-père du maréchal d'Estrées, et y fit entrer au même titre le maréchal lui-même et M. Berryer^. Qu'était-ce que ce petit coup d'État? Une demi-satisfaction pour le maréchal d*Estrées, une demi-vengeance contre Paris Duverney, en fait et au fond un témoignage public de la rancune et de l'impuissance du gouvernement de Louis XV contre le frère du très-riche et très-puissant M. de Montmartel.
Le 28 juin, tandis qu'on ne désespérait pas encorq, en faisant céder l'opposition de Duverney, de rendre à Tannée française le chef qu'elle réclamait parce qu'il Tavait déjà conduite à la victoire, on avait cru pouvoir prolonger, sous une nouvelle forme, le commandement nominal du comte de Clermont. Le maréchal de Belle- Isle avait imaginé un triumvirat, composé du marquis de Contades, du comte de Mortaigne et de Chevert, con-