‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 53 sur 422 · OPINION SUR M. PITT · texte numérisé non relu

OPINION SUR M. PITT

que au comte de Gisors que madame Pilt, femme habile, est de l'opposition parce qu'elle calcule que, de ce côté, l'élection de son mari sera moins dispendieuse, tandis que, pour se faire nommer comme partisan du ministère, il lui en coûterait dix ou douze mille guinées. Madame Pitt, selon le duc, a donc très -bien fait de n'aller point jusqu'à présent à la cour, mais après l'élection elle ira sûrement. « Cela, remarque le comte de Gisors, m'a donné le nœud du jacobisme qu'elle affichoit l'autre jour, tandis que M. Pitt observoit un pro* fond silence *. » Enfin, un autre soir, le général ElUott, menant M. de Gisors au concert chez madame Pitt, se fait fort de lui prédire que M. Pitt, zélé tory jusqu'alors, insensiblement se rapprochera de la cour, parce qu'un homme qui, comme lui, dépense beaucoup en che\aux, en musique, en livrée, en toute sorte d'agréments frivoles, a besoin de la cour, dispensatrice des grâces. Quelque surprenante que soit déjà cette opinion du général EUiott sur un homme comme M. Pitt, la suite est plus étrange encore, à savoir qu'il n'a pas la solidité nécessaire pour jouer un rôle dans le parti de l'opposition ^. Voilà de ces jugements partiaux des contemporains que l'impartiale histoire est obligée de recueillir, mais dont elle n'est pas obligée de tenir grand compte. Quoiqu'il en soit, il ne reste pas moins du détail qu'on vient de lire ce fait certain que, dans la succession ouverte par la mort de Henry Pelham, le nom de M. Pitt ne se trouve point parmi ceux des prétendants à l'héritage.

Un autre nom qu'on s'étonnerait encore plus de ne

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