VISITE A LORD CHESTERFIELD
corriger quand je Taurai vu *. r> Dès le lendemain, il put voir l'original en visite dans une maison où il avait dîné lui-même. La surdité du lord était pour la conversation générale une cause perpétuelle d'embarras et d'arrêt; cependant M. de Gisors ^it bien qu'il avait beaucoup d'esprit et de grâce, quoiqu'il lui parût parler avec un peu trop d'affectation. « Il n'y a sorte de choses obligeantes qu'il ne m'ait dites, ajoute-t-il, et ce qui m'a fait plaisir, il m'a permis de l'aller voir. »
Ce fut le 15 mars, pendant l'agitation causée par la mort de Henr^' Pelham, que le comte de Gisors put faire sa visite à lord Chesterfield, et voici comment il la raconte : « Je l'ai trouvé heureusement seul et ai joui avec délices, pendant une heure, de sa conversation qui cependant a été embarrassante pour moi, ne pouvant répondre ni savamment dans certains cas, ni prudemment dans d'autres aux questions qu'il me faisoit sur la cour de France, dont il me parut avoir fait une étude particulière. Il m'a répété plusieurs fois qu'il étoit surpris qu'aucun seigneur françois ne se destinât aux emplois civils et que les secrétaires d'État fussent la plupart choisis dans la classe des intendants et des maîtres des requêtes, que les choses étoient autrefois ainsi en Angleterre et que le premier seigneur qui avoit accepté un emploi de secrétaire d'État avoit été mal vu des autres, mais qu'on étoit bien revenu de cette erreur-là; qu'un homme dans le ministère de France avoit pourtant plus beau jeu qu'en Angleterre, étant plus aisé de gagner la faveur de son maître que les suffrages d'un parlement dont les membres donnent le