S M. DE OISORS ET LORD CHESTERFIELD
branle à tout^ la nation. 11 m'a parlé ensuite du roi, de ses maîtresses, etc. J'ai éludé de mon mieux les amorces qu'il me présentoit pour me faire jaser, et ayant ramené le politique au moral, je me suis plaint du peu d'instruction que les jeunes gens recevoient en France, perdant leur tc^mps à chercher à plaire et n'acquérant rien de solide. Milord ChesterBeld, a\ec toute Télégance imaginable, a fait Téloge de notre usage du monde, s'est plaint de ce qu'on en manquoit en Angleterre, et m'a paru parler sur cela de bonne foi, se distinguant eu effet principalement dans ce pays-ci par ses manières. Mes voyages, sur l'objet desquels il m'a questionné, l'ont conduit à me faire le portrait du roi de Prusse, et il m'a paru qu'il avoit le talent particulier de bien peindre les hommes. j> A ce moment de la conversation, entra sir Thomas Robinson, qui venait annoncer une rupture complète entre M. Fox et le duc de Newcastle. Lord Chesteriield blâma M. Fox s'il était vrai qu'il eût donné sa démission, parce qu'il lui faudrait beaucoup plus de temps pour rentrer dans le ministère qu'il ne lui en aurait fallu pour rompre les entraves qu'il aurait dû supporter d'abord, et il remarqua que le duc de Newcastle, désormais parfaitement à l'aise, n'aurait qu'à présenter au roi quelque seigneur qui parerait simplement la scène. Le piquant de l'aventure est que ce personnage insigniliant qui, selon le mot de lord Chesteriield, allait parer simplement la scène, c'était Robinson lui-même à qui le duc de Newcastle avait promis la place de secrétaire d'État avec la direction de la Chambre des communes, mais qui ne s'en vantait pas encore. A ce propos, le comte de Gisors ayant parlé de M. Murray, lord Chesterfield lui dit