‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 58 sur 422 · Journalj 15 mars. — 2. Journal^ 17 mars · texte numérisé non relu

Journalj 15 mars. — 2. Journal^ 17 mars

80 GREENtVICH, PORTSMOUTH ET DEPTFORD.

Le temps pressait; le jeune \oyageur s'était proposé de visiter Liverpool, déjà le centre du grand commerce maritime de TAngleterre avec le monde entier ; il fut obligé de renoncer à ce projet. Il se consolait du moins en voyant qu'à Londres même le mouvement commercial était assez important pour fournir à ses obser^'ations et à ses études ; de grands marchands, des financiers l'y aidèrent ; ils lui expliquèrent la vaste organisation de la Compagnie des Indes. 11 n'était pas aussi facile de connaître, sans se déplacer, le mécanisme et les ressources de la marine militaire. On le mena d'abord à Greenwich ; ThApital, asile des vieux marins, lui parut « un monument digne d'une nation riche et puissante ; » mais il pouvait y opposer l'asile des vieux soldats français, l'hôtel des Invalides. Ce qui dans son esprit demeurait sans comparaison, c'était le tableau qui se déroulait à ses pieds, du haut de la colline de Blackheath, au fond d'un paysage admirable et varié à l'infini, à travers une forêt de mâts, Londres dans le lointain, dessinant à l'horizon le profil de ses monuments embellis par la distance. « C'est, a-t-il écrit dans son journal, un spectacle qui frappe et qui réveille de grandes idées K » L'arsenal et les bassins de Portsmouth, les magasins et les chantiers de Deptford lui apprirent à connaître les immenses fondements de la grandeur maritime de l'Angleterre.

Parmi toutes ces visites intéressantes, une surtout devait rester plus profondément gravée dans ses souvenirs. Il y avait à Spitalfield, dans un faubourg de Londres, une colonie d'ouvriers en soie ; c'étaient des pro-

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