‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 60 sur 422 · L'ANGLETERRE ET LA FRANCE · texte numérisé non relu

L'ANGLETERRE ET LA FRANCE

rible au sujet de cette violation do leurs libertés. Il n'est point de cas au monde où les Anglois soient plus injustes envers les autres nations ; ils ne rendent jamais aucim malfaiteur et crient à l'injustice quand on leur en refuse quelqu'un de chez eux *. »

Les négociations destinées à concilier les prétentions des deux Compagnies des Indes, au lieu de tendre et d'avancer vers une solution pacifique, s'embrouillaient et s'aigrissaient tous les jours. Les commerçants français se plaignaient de la mollesse de l'ambassadeur ; et en effet le duc de Mirepoix, partisan sincère de la paix entre les deux États, s'efforçait d'amortir les difficultés; il voulait empêcher par-dessus tout que l'Angleterre ne prît prétexte de ces discussions pour dénoncer à l'Europe les prétentions immodérées et l'excessive ambition de la France. Tel n'était pas le sentiment du comte de Gisors : « 11 n'y a, disait-il, aucun inconvénient, ce me semble, à entretenir les puissances étrangères dans la crainte où elles ont été pendant longtemps de la supériorité de la nôtre ; nous avons, je crois, plus que jamais besoin d'entretenir le préjugé où on pourroit être de notre ambition, pour suppléer au peu de moyens que nous avons de la soutenir ^. » Il croyait qu'une nation qui a joué un grand rôle doit s'efforcer de maintenir à tout prix son prestige. En quittant l'Angleterre, il allait voir un peuple qui, dans les derniers conflits de l'Europe, avait achevé de perdre le sien.

Lord Holdernesse, apprenant que le comte de Gisors se proposait de visiter la Hollande, lui avait dit qu'il n'y avait d'intéressant à voir que la face môme du pays,

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