Journal f 1 4 féTrier» — 2. Journal, 6 avril
l'ânoletërre et la hollande. 83
le théâtre sur lequel s'étaient passées autrefois de si grandes choses, « laissant entendre, autant qu'un secrétaire d'État du roi d'Angleterre peut le faire, remarque M. de Gisors, qu'il n'étoit plus question d'acteurs en ce pays-là. » Lord Holdernesse avait également cité avec complaisance un bon mot d'un envoyé français qui, l'entendant à La Haye soutenir les intérêts des puissances maritimes, s'était avisé de dire que si en effet TAngleterre était une puissance maritime, la Hollande était seulement une puissance aquatique *. Cependant c'était pour l'Angleterre que la Hollande s'était compromise et affaiblie, et si quelqu'un avait le droit de se railler d'elle, ce n'était pas assurément un ministre anglais. Tel n'était pas moins l'orgueilleux et insolent dédain de l'Angleterre pour un peuple qui n'avait plus rien à lui sacrifier, ni sa puissance perdue, ni son prestige détruit.
Ce fut le l*' mai 1754 que le comte de Gisors quitta Londres pour s'embarquer à Harwich ; après cinquantequatre heures d'une traversée bien longue pour trentetrois lieues de mer, il prit terre à Hellevoetsluis. Suivant le conseil de lord Holdernesse, il ne fit que travei*ser rapidement la Hollande; en huit jours, il vit La Haye, Leyde, Haarlem, Amsterdam, Utrecht et Nimègue; mais en arrivant à Wesel, qui appartenait au roi de Prusse, il redevint un voyageur attentif. 11 alla