LA POLOGNE ET LA PRUSSE
reux voyage pour la Suède. Vous y verrez ma sœur • qui vous rendra la justice qu'on vous doit , même sans être prévenue par des recommandations. J'espère qu'à votre retour vous passerez par ces contrées; soyez persuadé que vous y trouverez toujours en moi un ami qui vous reverra avec plaisir^. » Après le prince royal, c'était le prince Henri qui écrivait à son tour : « Unir à la jeunesse le caractère et les talents, c'est être né avec des qualités rares ; les perfectionner, les embellir et les rendre utiles, mérite l'admiration de tout le monde. Vous devez vous connottre à ce portrait; il fait l'apologie de l'estime que j'ai pour vous. Je blesse sans doute votre modestie, mais c'est un amour -propre poussé à l'excès qui m'entraîne à faire l'éloge de mon discernement '. »
Comparée à la première, cette lettre -ci est mieux tournée, plus galamment littéraire; mais la première est plus politique. Le fond, l'essentiel , c'est la sérieuse attention du prince royal de Prusse aux affaires de la Pologne , « de ce gouvernement républicain , où l'état militaire n'est pas formidable , puisque la discipline qui en fait l'àme est trop relâchée par les lois. » La remarque donne singulièrement à réfléchir. Dès l'année 1734, la Pologne était donc sun^eiUée, guettée, convoitée par la Prusse comme une proie de peu de défense. Il est d'autant plus regrettable qu'aucune trace des observations de M. de Gisors pendant son séjour à Varsovie ne soit venue jusqu'à nous.
1 . Louise-Ulriqne, sœur de Frédéric H, des princes Guillaume, Henri et Ferdinand , mariée à Adolplie-Frédéric de Hoistein , roi de Suède.
2. Guillaume de Prusse à Gisors, 30 septembre 1 754 [3390, n* 446].