‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 88 sur 422 · LA POLOGNE ET LA SUEDE · texte numérisé non relu

LA POLOGNE ET LA SUEDE

c( Vous avez assisté à une diète tumulteuse à Varsovie, lui écrivait le prince Henri de Prusse S et vous avez pu connoître, en passant la mer, un sénat divisé et qui entrelient cependant toujours la même division dans l'Étal, quoiqu'il ne soit pas actuellement assemblé. » Ce thème, le prince royal qui avait sur son frère Henri la supériorité d'un esprit sérieux et méditatif, le reprenait à son tour et le développait en politique philosophe et en observateur intéressé. « Je crois, écrivait-il au comte de Gisors ^, que vous trouverez plus de pohtesse dans les sociétés de Stockholm qu'en celles de Varsovie, car la nation s'est dépouillée de la barbarie gothique à force de faire voyager et servir la jeune noblesse, surtout en France. Les nobles de Pologne voyagent rarement; aussi, à ce que j'ai ouï dire, leurs plaisirs et fêtes doivent être souvent consacrés à Bacchus d'une façon crapuleuse. Ces deux nations sont gouvernées d'une façon singulière ; leur liberté est presque imagi-

1. Voici le début de ceUe lettre, datée de Berlin, 5 janvier 17 55 : « Vous prononcez un arrôt que je reçois avec peine , c'est d'assurer positivement que Berlin n'est plus sur votre route; si mon pouvoir s'étendoit à régler votre marche , j'aimerois bien ne le pas faire enregistrer ; mais j'avoue à mes dépens que vous avez grande raison de prérércr Tulilité de connoître des pays étrangers au plaisir passager de revoir quelques amis, et la même obligation qui vous conduiroit ici TOUS attircroit partout ailleurs où vous avez été, sachant de science certaine que vous vous êtes acquis un degré d'estime qui est un hom* mage qu'on ne rend qu'au vrai mérite... ■ [3403, n® 3.]

2. Voici également le début de cette lettre du prince Guillaume : « Berlin, 4 janvier 1755. — Soyez persuadé, monsieur, que je ne confonds pas les lettres que je reçois du vulgaire, à l'occasion du chan» gemcnt do Tannée, avec le souvenir des personnes que j'estime et dont Je chéris l'amitié. Vous êtes dans ee cas, et je puis vous assurer que Je regretlcrois de vous avoir connu , si J'étols persuadé de ne vous revoir de ma vie et de ne plus recevoir de vos lettres... t [3403 , n<* 2.]

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