Bernslorf à Gisors, 17 Juin 1755 [3486, n
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VIE DE FAMILLE. I2i
du fils, le premier épanchement de leur commune douleur, rimaginalion se le représente. L'accablement du maréchal était extrême ; les soins touchants de son fils et de sa belle-fille avaient peine à distraire son morne chagrin ; le duc et la duchesse de Nivernais se dévouèrent à lui^ de leur part ce n'était plus un jeu aimable; ils étaient réellement devenus pour ce vieillard de soixante-dix ans un fils et une fille ; l'hôtel de Belle- Isle fut désormais leur demeure * . Cette vie de famille, plus intime, plus étroite, resserra les liens qui unissaient le duc de Nivernais à son gendre. 11 avait déjà composé, il composa encore pour lui des morceaux de philosophie morale qui sont comptés parmi ses meilleurs écrits : une Instruction paternelle sur Pétat de cour-tisan^ trois Lettres si^r f usage de l'esprit dans la 50ciété^ dans la solitude et dans les affaires^ une Lettre morale sur la manière de se conduire avec ses ennemis ^. Que manquait-il désormais à l'éducation du comte de Gisors? a Pour renfermer bien des choses dans une seule parole, lui écrivait le baron de Bernstorf, je vous trouve tel que je vous souhaite. Les plaisirs n'étouffent point vos sentiments ; vous n'oubliez ni vos pertes, ni vos regrets, ni vos devoirs, et le tumulte de la cour et de Paris ne prend rien sur vos réflexions. Continuez, monsieur, d'être supérieur à ce qui a énervé, abattu, anéanti tant d'hommes ; soyez toujours ce fils, cet époux, cet ami que vous êtes ; faites voir à un siècle qui semble l'ignorer, que l'on peut être très-sage, trèsappliqué, et en même temps infiniment aimable. Soyez