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-r- Et j'ajouterai, dit Racine, que le tour de force a eu lieu, puisque c'est moi qui, ce matin, ai porté à déjeûner à mes deux oiseaux dans la cage ; le rossignol avait pondu dix-sept mélodies, dont, j'espère, Y. M. approuvera le ton religieux et suave.
— Qu'en dit M. de Troie? demanda Louvois, lou de chagrin. M. de Troie, n'était-il pas aussi dans cette fameuse chambre?
^ Non monseigneur, répliqua Jaspin avec candeur, je n'étais point avec ces messieurs, forcé que j'étais d'accomplir un devoir de charité.
— En vérité, dit Louvois railleur. Quelque sollicitation, peut-être?
— Oui, monseigneur.
— N'est-ce pas auprès de M. de Pontchartrain ?
— Précisément, monseigneur.
Le roi et Louvois se regardèrent.
— Et que demandiez-vous à Pontchartrain, M. l'évêque? dit Louis XIV.
— La faveur de faire transférer -dans une prison plus douce une pauvre femme soumise aux rigueurs de la Bastille.
T- Et de quoi vous mêliez- vous ? s'écria brutalement Louvois.
— Monseigneur, c'est le devoir d'un prêtre d'être charitable!
— Vous appelez charité la rébellion contre les archers, l'enlèvement d'une prison çuère !
— On l'a enlevée? dit Jaspin avec un éclair joyeux sur les traits ; ah ! tant mieux, pauvre petite, la voilà libre; 1
— Vous entendez, sire, bégaya Louvois dans le triomphe de sa rage ; voilà comment on brave les lois !
— Au lait, dit le monarque à Jaspin, à quel titre cette prisonnière vous intéressaitelle?
— ien de plus naturel , sire : c'est la femme de mon filleul, c'est moi qui l'ai mariée, voilà pourquoi je sollicitais pour elle M. de Pontcharlrain ; voilà encore pourquoi je me réjouis qu'elle soit libre.
Devant cette évangélique candeur, devant cette bonhomie irrésistible, le roi "S'adoucit et se dérida soudain. Louvois terrassé roula encore une fois .-u fond de soa piège.
11 prit le r-.piiort du lieutenant de police, le déchira en mille morceaux, qu'il éparpilla dans l'air d'un geste fuiilond.
— Monsieur, dit-ii à Racine slupé"aii et tremb.ant de toute cette scène, vgus n'aviez fait encore qu'une comédie, je crois ; faitesen d'autres, vous y réussissez à merveille.
— Plaît-il, monseigneur? badjuiia le poète effaré.
— Vous aviez la clé de la chambre où travaillait ce musicien à ses dix- sept strophes ?
— Oui, monseigneur.
— Aviez-vous aussi la clé des fenêtres?
— Je ne comprends pas, monseigneur.
— Méditez ce moyen dramatique et couchez-le dans la première comédie que vous écrirez.
En disant ces mots, Louvois fit une révérence et disparut d'un pas précipité comme une course.
— Qu'a donc M. de Louvois ? dit la marquise en s'approchant de l'oreille du roi, ne trouvez-vous pas qu'il a les yeux hagards : est-ce qu'il deviendrait fou?
— J'y veillerai, répliqua le roi.
— Allons répéter A ^/lai'îc, avec les cheeurs, s'écria tout haut la marquise.
Belair et Gérard, en voyant s'enfuir le terrible ministre, échangèrent ua coup d'œil qui sio;nifiait bien des choses.
— Enfin, dit encore le roi tout bas à la marquise, expliquez-moi l'intérêt qui porta M. di Lavernie à chercher un musicien pour Racine, et à s'enfermer avec ce musicien toute une nuit : c'est de la mélomanie un peu bien étrange.
— Nullement, sire, répliqua la marquise : est-ce que ce n'est pas mademoiselle Van- Graaft qui chante le rôle de Salomith; est-ce que le fiancé n'a pas le droit de s'occuper de sa fiancée? M. de Caylus n'en a-t-il pas fait autant pour ma nièce, à l'occasion à'£sther?... Est- il donc si étrange que M. de Lavernie, qui connaît ce partait musicien, l'ait été chercher à la hâte, l'ait amené à Racine, l'ail forcé au travail — on sait les musiciens paresseux; — et enfin peut-on s'étonner qu'il ait passé la nuit à stimuler son ami, dans l'intérêt du rôle de sa fiancée! Vous me direz tout à l'heure, en écoulant Mlle Van Graaft,si M. de Lavernie a eu tort.
— Vous avez raison, comme toujours, Madame, et ce Louvois est un vilain esprit.
Jaspin soupira béatement. Racine, s'approchant de la marquise :
— Est-ce que j'aurais eu le malheur de déplaire à M. de Louvois, demanda-t-il?
— Qu'importe ! s'étria le roi d'un ton qui iivirqufiit loule sa prévention contre Louvois. Qu'il vous sulûse de me plaii:-, M. Racine!
Et comme on était près des bâtimens do St-G)T, la conversation fiait là.
Cependant Louvois s.iuladans sa calèche, prit avec lui un valet, et lança ses chevaux \ sur la roule de Versailles.
11 n'avait pas été dupe, lui. 11 avait bien
deviné la manœuvre des deux amis. Jaspin demandant la translation de Violette, Gérard conduisant Belair chez Racine : celui-ci enfermant de bonne foi son musicien; Belair et Gérard s'échappant par une fenêtre, courant sauver leur prisonnière et revenant au matin dans leur propre prison. Oui, le ministre avait deviné tout cela. Mais comment le prouver, et pourquoi le prouver? ^"est-il pas de ces secousses qui épuisent un lutteur? de ces flots opiniâtres qui noient un nageur? Jaspin, Gérard, Belair, Violette, la marquise, étaient l'avant-garde du genre Ijumain, ligué contre Louvois. Après eux venait le sorcier de Salon, qui avait conseillé la paix au roi. Derrière tout cela venait le roi vieillissant, et ce fantôme odieux de la paix avec son rameau d'olivier qui faisait à Louvois l'eilet du goupillon bénit d'un exorciste sur le démon qu'il exorcise.
Comment résister à tant d'ébranlemens ?
Comment balancer ce pouvoir invisible de la femme qui, à chaque minute, tramait une maille du réseau dans lequel Louvois devait finir par se trouver enveloppé.
Et les chevaux volaient sur la route avec un tel fracas, que le valet , si près de son maître, n'eût pu entendre un mot de ce qu'il grommelait tout haut.
Arrivé à l'hôtel de la surintendance, à Versaillps, Louvois jeta les rênes aux mains de cet homme et; monta chez lui. A peine s'aperçut-il que l'escalier, les vestibules, les antichambres étaient encombrés. Il passa dans son cabinet et se roula en furieux dans ses dépêches et ses notes.
Ses sonnettes appelèrent à la fois tout le monde.
— Qu'on me cherche Desbuttes 1 cria-t-il en se mettant à son bureau.
Louvois tenait la plume, une plume ailée qui courait sur le papier, avec un cri sinistre. Les gros et longs caractères de l'écriture magistrale du ministre, noircissaient rapidement les pages entremêlées de chif très, qu'il puisait avec une effrayante facilité dans un livre ouvert devant lui.
Les secrétaires debout et oisifs, attendaient de la besogne.
— Un courrier! cria-t-il l
Louvois relut et cacheta lui-même la première déppclie. Une seconde lut oxprdiée. par lui avec la môme vitesse. Celte plume lrénéli(iue volait, et, à mesure que le papier se chargeait, le fiel s'évaporait du Cd'ur de ce démon, une joie lugubre illuminait son visage. 11 mit lui-ni.'me la suscriptioa sur celte deuxième missive.
— Autre courrierl cria-t-il encore, '(\ ^nd
il eut appliqué son large cachet sur la nappe de cire bouillante. — Le sreur Desbuttes est-il arrivé ?
— Oui, monseigneur, il attendait dans l'antichambre depuis tantôt.
— Qu'il entre!
Un aide -de-camp parut.
— Les courriers sont bottés , monseigneur.
— Qu'ils yiennent prendre les dépêches de ma main... Sortez tous 1
Chacun se retira.
Desbultes entra pâle et tremblant.
— Ah ! vous voilà, vous ! votre fortune dépend de ce que vous m'allez répondre.
— Oh! monseigneur, dit piteusement 1© petit homme aux jambes torses, elle est bien aventurée ma fortune, s'il est vrai que vous ayez l'intention de lever une taille sur les gens de finance ! On le dit.
— Il sait déjà tout 1 murmura Louvois. Quoi ! des espions, des serpens jusque dans mon portefeuille 1
— Est-ce que monseigneur ne fera pas une exception en ma faveur, fit Desbultes en joignant les mains ; je serais ruiné...
— Nous verrons... méritez-le 1
— Je suis prêt, monseigneur.
— Vous allez partir.
— Oui, monseigneur.
— Aviîcun carrosse.
— J'on ai un.
— Pour Lavernie.
—Ah !..
— Vous rendrez visite à ce chirurgien paralytique dont vous me parlâtes à Mons, et qui sait, dites-vous, tant de choses.
— Oui, monseigneur.
— Vous lui proposerez de venir 5 Paris.
— Il refusera.
— Voilà pourquoi je vous ai dit de prendre un carrosse. Vous y jetterez cet homme et l'amènerez ici.
— Mais, monseigneur...
— Sans que personne vous ait vu.
— Oh!
— Sans que personne vous ait soupçonné.
— Monseigneur !
— Je vous donne six jours.
— Oh 1 monseigneui: , cent cinquante lieues 1
— Tuez cent cinquante chevaux et obéissez!
L'aide-de-caœp gratta à la porte.
— Les courritrs I dit-il.
Louvois selrva et prit sos di'pêches en apercevant ses deux nu's^..glT.s fivoris. Deux aigles pour le courage, deux hirondelles pour la vitesse
LEOOMTE
— Toi, Jolyot, dit-il tout bas au premier. à rarmëe de Catinat ! Ventre à terre! et cinquante louis si tu marciies nuit et jour 1
Le courrier s'enfuit avec la lettre.
— Toi, Bonfils, dit-il au second, à Bâlel an Conseil fédéral! brûle la route!... Cent touis si tu ne mets que trois jours !
Le deuxième courrier s'élança par les degrés.
— Comment, Desbuttes, s'écria Louvois en se retournant, vous n'êtes point déjà à la barrière?... Alerte, alerte.
Et il poussa le financier hors de son cabinet par les épaules.
On entendit rouler un carrosse entre deux galops de chevaux.
— Ah ! dit alors Louvois, ah ! n.on maître, tu veux faire la paix et chasser ton serviteur. — Ingrat !... Ah ! lu veux éteindre les incendies ; eh bien ! tâche d'éteindre celui que Catinat va allumer aux quatre coins de chaque ville du Savoyard ; éteins-le ! Je t'offre pour cela un fleuve de sang, qui coulera de Bâle à l'autre bout de l'Europe.
Quant à vous, douce maîtresse , vous m'avez fait venir de SAlon un sorcier qui a raconté au roi les secrets de sa première épouse. Eh bien, moi, je vais vous en amener un de Lavemie, pour qu'il dise à Sa Majesté les secrets de sa second^ femme.
Guerre au dehors, guerre à Versailles, guerre partout !... C'est bien le moins ((u'on ^arde un pauvre ministre pour tant de guerres I...
Petite l'épétitîon d'une grande pièce.
Sâint-Cyr était l'œuvre de Mme de Maintenon. Cette illustre femme, qui avait souffert avant de devenir reine, voulait laisser sur terre quelque chose de plus quuu souvenir de sa grandeur ; elle prétendit et nussit à y laisser un témoignage de sa reconnaissance envers Dieu qui l'avait élevée. Le remercîment des grandes âmes à la divin né protectrice s'appelle la charité, et il est rare que la charité ne laisse pas sur son passage des fondations plus solides que la victoire.
Malgré toutes les oppositions, rnalgré les comptes de Louvois. qui craignait de dépenser trop, admirables comptes, il faut bien le dire, puisqu'ils étaient justes , la marquise bâtit Saiiit-Cyr, Mansard fit les plans. L(; travail dura quinze mois et coula quinze cents mille livres. On reprocha beau-
coup à l'architecte d'avoir fait le rez-dechaussée trop bas, d'avoir amené trop d'eau dans la maison, d'avoir placé la porte del'églisG derrière des remises et d'avoir réuni les confessionnaux et les orgues. Tous ces défauts firent crier. Mais la fondatrice installa son idée et son bienfait quinze mois plus tôt qu'elle n'eût fait avec la perfection. Ces quinze mois de charité rachètent bien des péchés géométriques.
Deux cent cinquante jeunes filles de noblesse, toutes appartenant à des familles pauvres ou privées de leur chef, recevaient, sous la direction de quatre-vmgts dames religieuses ou converses, une éducation à la ibis solide et brillante, de sept ans à vingt accomphs.
Les élèves étaient habillées uniformément d'une étamme brune du Mans, avec manteau et jupes pareils. L'été, d'un jupon de toile écrue ; — jupon de ratine rouge en hiver.
La coiffure se composait d'un bonnett blanc piqué, avec plusieurs rangs de réseau plissés par devant et noués de plusieurs nœuds de rubans, dont la couleur variait suivant la classe dont elles faisaient partie ; il y avait quatre classes à Saint-Cyr.
Louis XIV avait permis à cette maison ses livrées à perpétuité ; le régime était simple, douK, plus moral que religieux; les jeunes filles étaient punies par un ruban noir, récomp'^nsées par un ruban de feu.
C'était au milieu de ces jeunes enfans ou de ces grandes filles proies à entrer dans le monde, dotées d'un esprit et d'une raison comme elles l'étaient d'un douaire, que la marquise venait chaque jour s'enfermer, fuyantlemondequ'ellen'avait pu réformer et s'appliquanlà en créer unde sa façon, selon son intelligence et son cœur,
Saint-G3T était devenu le rendez -vous de tous les grands prélats , de tous les humbles prêtres, insfiluleurs par la science ou par l'exemple, et la marquise avait longtemps flotté entre le désir inspiré au roi par quelques fanatiques, de fonder une pépinière de religieuses austères, et l'insfinct qui la poussait, elle, à former de bonnes mères de famille pour cette noblesse à la Quelle un si incertain avenir était réserve.
Aussi ne négligeait-elle jamais de mêler à ses leçons quelques-unes de ces fleurs qui éclosent dans les sentiers du monde, poésie, musique, et peinture. Admirable écrivain, la marquise, dont le style dit toujours ce qu'il veut dire, ne dédaignait pas d'apprendre à ses élèves quelque chose de pius que
DE LAVERNIE.
la sèche grammaire ; de même qu'elle leur enseignait quelque chose de plus que le strict catéchisme.
Voilà ce qu'était Saint-Gyr, lorsque Racine y fut appelé pour l'aire représenter la tragédie d'Esthrr. Esther partie de Saint- Cyr, fit le tour de l'Europe. C'était la première fois qu'une communauté religieuse portait bonheur au théâtre.
Après Esther vint Athalie, et nous avons vu comment Mme de Maintenon, pour effacer le bruit de la première pièce , malgré l'auteur qui en eût demandé plus encore, avait convoqué un peiit aéropage de gens religieux, droits et dévoués à son institution, pour lui donner un avis sincère et plus encore une garantie qui consacrât indéfiniment son droit à la propagation d'une éducation comme elle l'entendait, c'est-à-dire mondaine pour l'esprit et religieuse pour le cœur.
Louis XIV qui avait de sa main rédigé un plan et des constitutions pour St-Cyr, arrivait fort intéressé dans cette discussion du son œuvre.
Quant à la marquise, nous verrons peutêtre combien la réunion d( s juges avait pour elle d'objets divers et d'intérêts opposés.
On vit donc entrer dans l'une des salles du premier étage, le roi, la marquise et lauteur d*i4 ^Aa/<e, suivis à distance de Jaspin et de Belair.
Ce dernier surtout se dissimula de son mieux derrière des pupitres disposés pour la répétition. Gérard placé, par une faveur inouïe, derrière l'estnide de la maîtresse, au bas de laquelle devait s'asseoir le roi, tit un muet salut à Rubantel, que J.ispin avait eu le crédit de faire placer sous une tapisserie, dans un endroit rouvert, où les regards du roi n'eussent pu l'aller rencontrer.
Le roi avait trouvé dans la salle une de ces sociétés qu'il aimait à voir au sortir de ses campagnes. L'or des broderies et des cuirasses, les [janaclies, les armes fulgurantes, avaient-ellcs fatigué ses .veux, il se reposait l'àme et la vue sur 1rs figures calmes, sur les habits sombres et unilornics desgens d'Kglise. Calme trompeur, sans doute, simplicité menteuse, trop souvent: mais excepté Dieu, quel lioiiinie et quelle chose ne mentent point aux rois 1
Louis XIV trouva <ionc réunis : son confesseur, le père Lacliaise; l'archevêque de Paris, M. de Harlay, et quelques autres ecclésiastiques.
Tandis qu'il s'entretenait avec eux , Mme de Maintenon visitait les [)>!{. itres cl questionnait ses élèves actrices dans 1h cabinet voisin, liaciiie relisait fiévreusement son manuscrit,
avec la crainte d'y trouver des allusions dangereuses ou des situations profanes. Gérard, de sa place, guettait l'arrivée des actrices. Belair corrigeait sur les cahiers les fautes qu'une copie rapide y avait pu oublier.
Entre le roi et les ecclésiastiques, l'entretien préliminaire prit d'abord beaucoup d'importance. Jaspin, sur un signe de la marquise, s'approf ha.
Il était fort mal à l'aise, le digne homme, etlero', questionnant un nouveau venu, n'était pas toujours encourageant. Mais lorsqu'on est évêque dans le diocèse de Troie, et qu'on a Homère pour paroissien, l'on se doit de marcher tête haute à l'assaut des propositions théologiennes, comme le soldat qui vient d'être élevé à un grade se do:t d'allronler sans hésitation le poste le plus périlleux.
11 y. avait dans le groupe noir un honnête ecclésiastique , supérieur des lazaristes , M. Durand, farouche ennemi, de bonne loi, des spectacles en général et de la tragédie en particulier. H y en avait un autre, M. Hébert, curé de Versailles : ces deux prêtres se consultaient du regard depuis le commencement de la séance.
Le roi qui lut dans leurs yeux leur hésitation, et qui savait lire, s'empressa de déclarer, croyant les mettre à l'aise, que l'on allait entendre d'al)ord cet ouvrage, bien que l'esprit tout moral et tout religieux de l'auteur fût rassurant, pour juger de l'opportunité d'une récréation, que rien dans les rèp;lemens ne semblait devoir interdire aux demoiselles de Saint-Gyr.
En disant ces mots, le roi s'installa dans son fauteuil, comme décidé à soutenir une argumentation solide de coinwodoetincommodo speclacuinrum.
Déjji le monarque agaçait de l'reil et provoquait au combat les sombres cham[>ions qu'il supposait avoir aiguisé leur dialectique. Appel au confesseur, <ippel A l'archevêque, appel à ce nouveau foudre d'éloquence, qu'on avait nommé évêque de Troi<>, appel enfin au curé et au lazariste; le manuscrit tremblait aux mains du pauvre Racine.
Mais les deux opposans. M. Durand et M. Hébert, saluant avec un respect tout guindé, déclarèrent que, ne reconnaissant point la possibilité d'une exhibition dramaliqui» quelconque, ils [)rcféraienl ne p.is chauriner le roi pc'ir des discussions qui |)()uvaienl entraver les i>l.iisirs de la marquise, ils se réservaient, dirent ils , d'écrire loyalement leur laçon de penser, (juesans doute ils no se sentaient pas l'éloquence nécessaire pour