‹ Le comte de LavernieChapitre 23 sur 27 · NUAGES NOIRS · texte numérisé non relu

NUAGES NOIRS

Gérard passa la nuit à écrire et à rêver. 11 écrivait à Belair pour le .remercier de son aniilié si tendre, pour le féliciter de son bonheur. « Celte amitié que le hasard avait nouée» disait Gérard au musicien, a pris depuis peu tant de place dans ma vie, elle touche si sensiblement à toutes les fibres de mon cœur, que je la confonds avec tous mes souvenirs de joie et d'amour. 11 me semble que je n*ai pas connu Antoinette sans vous, ou que je ne vous connais pas sans elle; peut-être devez-vous être jaloux de la tendresse que j*ai pour cette jeune fille, mais elle serait bien jalouse, je le crois, de Taffection que je vous porte.

» Cependant, mon ami, peut-être va-t-il falloir que nous nous quittions demain ; un grand honneur m'est réservé : un honneur mortel. Je suis commandé pour enlever un ouvrage devant lequel ont échoué lès braves gardes-françaises ; c'est vous dire qu'il y faut mourir, à moins d'un de ces bonheurs comme il en a lui si peu dans ma triste vie.

» Pourtant, vous avez ouï parler des merveilleuses faveurs que le Destin m'a faites en si peu de jours. Chacun ici-bas a droit à son lot de fleurs et de cyprès. Toutes les roses de ma part sont tombées en même temps sur ma tête. Sauvé de la mort, promu

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