‹ Le comte de MontecristoChapitre 15 sur 52 · VALENTINE · texte numérisé non relu

VALENTINE

saiili b UB contact électrique. >i — Il y a , ms chère Valentine , >• dit la baronne , « que vous souffrei san^ doute? — Moi 7 i< fit Is jeune fille en passant sa main sur sou front brûlant, u — Oui, regardez-vous dans cette glace; vousavei rou^i et pâli successivement trois ou quatre fois dans l'espaw d'une minute. — En eSet , » s'écria Eugénie , u tu es bien pAle! — Oh ! ne t'inquiète pas, Eugénie; je suis comme cela depuis quelques jours. "

Et si peu rusée qit'elle fût, la jeune fille comprit que c'était une occasion de sortir. D'ailleurs madame de Villefort vint k son aide, f Retirez-vous, Valentine, » dit-elle; » vous souffrez réellement, et ces dames voudront bien vous pardonner; buvez un verre d'eau pure, et cela vous remettra. « Valentine embrassa Eugénie , salua madame Danglars déjà levée pour se retirer , et sortit.

«Celte pauvre enfant, » dit madame de Villefort quand Valentine eut disparu, « elle m'Inquiète aérieusesient, et je ne serais pas étonnée quand il lui arriverait quelque accident grave. »

Cependant Valentine, dans ane espèce d'exaltation dont elle ne se rendait pas compte, avait traversé la chambre d'Edouard sans répondre fa je ne sais quelle méchancel^ de l'enfant , et par chez elle avait atteint le petit escalier. EUe en avait franchi tous les degrés moins les trois derniers; elle entendait déjà la voix de Horrel , lorsque tout i coup un nuage passa devant ses yeux , son pied reidi manqua la marche , ses mains n'eurent plus de Jbroe pour la retenir fa la rampe , et, froissant la cloison, elle roula du baut.des trois derniers degrés plutAt qu'elle ne les descendit.

Horrel ne fit qu'un bond ; il ouvrit la porte, et trouva Valentine étendue sur le palier. Rapide comme l'éclair, il l'enleva entre ses bras et l'assît dans un fauteuil. Valentine rouvrit les yeux. ^ Oh! maladroite que je suis! >• dit-elle avec une fiévreuse volubilité ; u je ne sais donc plus me tenir I j'oublie qu'il y a trois maKbcs avant le palier I — Vous

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vous êtes blessée peut-être, Valentine! n s'écria Horrel. >i Oh ! mon Dieu ! mon Dîeu ! » Valentine regarda autour d'elle : elle vit le plus profond cffi-oi peint dans les yeux de NoîrtiCT. « — Rasstire-tol, bon père , n dit-elle en essayant de sourire; » ce n'est rien, ce n'est rien... la tête m'a tourné, voilà tout. — Encore un ëtourdissemeat ! » dit Horrel joignant les mains. » Oh ! feites-y attention, Valentine, je vous supplie. — Hais non , « dit Valentine , •> mais non , je vous dis que tout est passé et que ce n'était rien. Haintenant laissez-moi vous apprendre une nouvelle : dans huit jours , Eugénie se mnrie, et dans trois jours il y a une espèce de grand festin , un repas de fiançailles. Nous sommes tous invités, mon père, madame de Villefort et moi... à ce que j'ai cru comprendre, du moins. — Quand sera-ce donc notre tour de nous occuper de ces détails ? Oh ! Valentine , TOUS qui pouvez tant de choses sur notre bon papa , tdchez qu'il TOUS réponde: Btentdtl — Ainsi, » demanda Valentine , Il vous comptez sur moi pour stimuler la lenteur et réveiller la mémoire de bon papa ? — Oui , » s'écria Horrel. « Mon Dieu ! mon Dieu ! faîtes vile. Tant que vous ne serez pas à moi , Valentine , il me semblera toujours que vous allez m'ëc.happer. — Oh ! n répondit Valentine avec un mouvement convulsif, «ohl en vérité, Maximilien , vous êtes trop craintif -pour un officier , pour un soldat qui , dit-on , n'a jamais connu la peur. Ah ! ah 1 ah ! « Et elle éclata d'un rire strident et douloureux , ses bras se roidirent et se tournèrent, sa tête se renversa sur son fauteuil, et elle demeura sans mouvement.

Le cri de terreur ijue Dieu enchaînait aux lèvres de Noirtier jaillit de son regard. Morrel le comprit, il s'agissait d'appeler du secours. Le jeune homme se pendit à la sonnette , la femme de chambre qui était dans l'appartement de Valentine et le domestique qui avait remplacé Barrois accoururent simultanément. Valentine était si pAle, si froide , si inanimée , que , sans écouter ce qu'on leur diuit.

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L'AVEU. tu

h peur qui veillait sans cesse dans cette mabon maudite les prit, et qu'ils s'élancèrent par les corridors en criant au

Madame Dan^ars et Eugénie sortaient en ce moment même ; elles purent encore apprendre la cause de toute cette rumeur, u Je vous l'avais bien dit! » s'écria madame de Villefort; « pauvre petite! »

Au même instant en entendit la voix de H. de Villefort qui , de son cabinet , criait : « Qu'y a-t-il? » Horrel consulta du regard Noirtier, qui venait de reprendre tout son sangfroid , et qui d'un coup d'œil lui indiqua le cabinet oà déji une fois, dans une circonstance à peu près pareille, il s'était réfugié. 11 n'eut que le temps de prendre son chapeau et de s'y jeter tout haletant. On entendait les pas du procureur du roi dans le corridor.

Villefort se précipita dans la chambre, courut k Valentine et la prît entre ses bras. « Un médecin! un médecin!... M, d'Avrigny ! » cria Villefort ; u ou plutât j'y vais moimême. » Et il s'élança hors de l'appartement.

Par l'autre porte s'élançait Horrel, 11 venait d'être firappë

au coeur par un épouvantable souvenir; cette conversation

entre Villefort et le docteur , qu'il avait entendue la nuit oii

mourut madame de Saint-Méranf lui revenait à la mémoire}

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tt LE COMTE M M(»tTECRISTO.

ces sympUWnes , porléi k an degré fBoins effrayant , ëtafeot les nteïes qui ardicnt procédé la mort de Barroîs. Eq mène temps il lui avait semblé entendre bruire k son oreiUe cette voix de Sfoatecrislo, qui lui avait dit, il y avait deux heures i peine : « De quelque chose que vous nyei l>esoin. Moire), venn h moi, je peux beaucoup. >• Plus rapide que la peosée, il s'élança donc du foubourg Saint-Hoitoré dana la me Matignon, etde la rueMatignon-dansTavenue des Champs-Elysées. Pendant ce temps , H. de Villerort arrivait dans un cabriolet de place k la porte ite M. d'Avrigny ; it sonna avec tant de violence que le concierge vint lui ouvrir d'un air effraye. Villefort s'élança dans l'escalier sans avoir la force de rien dire. Le concierge le connaissait, et le laissa passer en criant seulement : ■ Dans son cabinet, M. le procureur du roi , dans son cabinet I » Villefort en poussait déjà ou plutôt en enfonçait la porte. « — Ah ! » dit le docteur , H c'est vous? — Oui , » dit Villefort en refermant la porte derrière lui ; •■ oui, docteur, c'est moi qui viens tous demander à mon tour si nous sommes bien seuls. Docteur , ma tnaisoD est une naisoH maudite I ~~ Quoi 1 n dit eel«i-ci froîdeaiait en apparenee , mais avec une profonde émotim ÏBtMeiire, * avez-vous encore quelque malade? — Oui! doetesr , ■ ifécrie Villefart en aaisUssnt d'une main eon- Vulsive use poif^iée de cheveux , « oui !» Le r^ard de «TAvrîgny signifia : u — Je veaa l'avais prédit, » Puis ses lèvres accentuèrent lentement ces mots : * Qui va donc mourir chez vous, et quelle nouvelle victime va vous acccser de faiblesse devant Dieu? ■ Un sanglot douloureux jaillit du oaaar de Vilklbrt ; il s'approcha da raédecio , et lui s«tsiaiant le bras : « — Valentine ! » dit-il, <i c'est le tour de Valentinel — Votre Me! n s'écria d'Avrigny, saisi de dou- Icar et de surprise, u — Vous voyez que voue vous trompiez, n murmura le magistrat; « veoei la voir, et siv son lit de douleur demandez-lui pardon de l'avoir soupçomiée. — C^que fois que rMum'avex prévenu,» ditM.d'Avrifnyt

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