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rultrainontanismc et renvaliisscmcnt du pouvoir par les prêtres, il qualifie ces laits de délits contre la sùrelé de l'État, prévus et punis par les anciennes lois. Il se réserve de les dénoncer aux procureurs généraux, aux premiers présidents et aux magistrats des cours, sauf à prendre préalablement l'avis des jurisconsultes. Enfin il ajoute ce post-scriptum qui exprime toute sa bonne foi :
« Je crois aux intentions pures des personnes que je combats; tout ce que je leur demande, c'est qu'elles veuillent croire aux miennes. Si j'obtiens cette justice, je la regarderai presque comme une grûce. Je remercierai alors mes adversaires; je remercierai aussi celui qui s'est réservé la gloire dans le ciel, mais qui a iiroinis la paix sur la terre aux hommes de bonne volonté, »
Il terminait comme un croyant, et il l'était si sincèrement, qu'à l'approche de la semaine sainte, il témoigna au curé de l'église d'Aydat, sa paroisse, le désir de se confesser et de gagner ses pâques. L'évèque de Clermont venait de fulminer en chaire contre le Mémoire une sorte d'excommunication. Le curé d'Aydat refusa d'admettre Montlosier au tribunal de la |)énitence. Ce dernier lui écrivit alors une lettre dans laquelle il proleste de la sin-
cérilé de sa foi cliréliennc et de sa croyance aux vérités révélées.
« Si cet ensemble de motifs, ajoute-t-il, ne me juslifie pas auprès de vous, peut-être au moins il m'excusera. Dans tous les ras, veuillez me plaindre si vous ne me trouvez pas excusable et m'accorder, ainsi que vous me l'avez promis, quelque part dans vos bontés et dans vos prières. »
Nous n'avons donc point' devant nous un libre penseur; nous nous en apercevrons de plus en pi us au fur et à mesure que nous pénétrerons le vrai caractère de celte polémique.
Quelle que fût la droiture de la conscience, ce livre n'en occasionna pas moins un éclatant scandale dans le monde royaliste. La presse religieuse accabla d'outrages le vieux constituant, comme on l'appelait, et alla jusqu'à mettre en doute l'existence de sa raison. Le ministère, irrité, proposa au roi, qui y donna avec difficulté son adhésion, une mesure de colère.
On se rappelle que Mon il osier était encore attaché au ministère des Affaires étrangères. Il touchait en cette qualité une subvention annuelle. C'était l'empereur qui, sous cette forme, avait voulu l'indemniser de la confiscation du Cour-
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ricr de Lomlrcs. — Celle subveiilioii lïil suj)primée.
Le 31 mars I82G, le baron de Damas éciivail à Monllosier la lellre suivante :
« Monsieui' le eomle, il a élé juiié à propos de vous dispenser du soin que vous avez pris jusqu'à présenl d'adresser au ministère des Affaires étrangères vos observations sur les principaux ouvrages politiques et sur ceux d'administration intérieure qui vous étaient envoyés du ministère. Les envois cesseront en conséquence à dater de ce joui'. — A dater de la même époque, vous cesserez également de recevoir le traitement de six mille francs qui vous étaitpayé sur l'article des dépenses accidentelles du ministère et qui, depuis le 1" janvier dernier, avait été imputé sur le fonds dévolu aux traitements du service intérieui. »
Celte lettre, que Montlosier rendit publique, produisit la i)lus proi'ondc impression. Son nom, déjà porté aux nues par le })arti libéral, fut presque un cri de ralliement; dia» un airangea le personnage à sa guise, peu le comprirent. Les passions politiques, quand elles s'emparent d'un liommc, le Iransformcnt au gré de leurs rêves et
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de leurs colères. Quoiqu'on fiil près duxviir siècle, on ne savait plus combien avaient été nombreux ce« chrétiens de l'ancienne France, appartenant à la haute bourgeoisie ou à la noblesse de robe, qui, même sans être jansénistes par les croyances, l'étaient par la rigidité et l'originalité de leur caractère et par la violence de leurs haines contre ce qu'ils appelaient l'esprit romain. La Hévolution avait tellement bouleversé les âmes qu'elle les avait pour toujours assouplies.
Un grand nombre de brochures, la plupart anonymes, furent lancées contre i\Iontiosier. Un membre de la Chambrri des députés, le vicomte de Saint-Ghamans, un publiciste, M. Saintes, la comtesse de Bradi, publièrent des réfutations du Mémoire. Une seule mérite de n'être pas oubliée, celle que fit paraître M. de Bonald. Il était déjà l'auteur d'une apologie de laSociété de Jésus. Les rétlexions que lui inspira le Mémoire à consulter exigeaient une réponse de Montlosier. Elle ne se fit pas attendre.
« Il y a, disait-il, une grande partiedes opinions politiques et religieuses de M. de Bonald que je ne puis combattre, car je les partage. Dès le premier moment de mn rentrée en France, j'ai eu le
bonheur do me trouver d'accord avec; lui sur les grandes question? du divorce, du mariapc, de la famille, sur rinslilulion de la noblesse, sur l'excellence el la prééminence de la religion catholique, ainsi (pic du gouvernement monarcliique. Sous ce rapport, je désire depuis longlenii)s une occasion de me lier avec lui. Quand je me suis aperçu qu'il était dans la coterie des prêtres, qu'il partageait et favorisait leur système d'envahissement; quand je me suis aperçu qu'il était Romain presque autant que Français; que presque toute sa monarchie était dans le pape, presque tout son Evangile dans le rituel; quand je me suis aperçu qu'il couvait, avec beaucoup d'autres, l'œuf que depuison a vu éclore, j'ai continué sans doute à voir en lui un ami de la religion et de la monarchie, mais, puisqu'il faut le dire, Tauii le plus hostile, le plus dangereux et le plus funeste, d
Ces quelques lignes, si nous les rapprochons desexirails que nous avons donnés, placent sous leur vrai jour les convictions à la fois nobiliaires, royalistes el religieuses de Monllosier.
Leministère, bien que irrité, crut devoir prendre une attitude nouvelle. L'école religieuse, représentée par Mgi" de Frnyssinous, était dans une
situation fausse. Elle voulut, par des actes, lémoigner son existence.
L'ouvrage de Lamennais, De la religion, considérée dans ses rapports avec V ordre politique et social, était venu à point pour motiver les tempêtes soulevées par Montlosicr.
Il fut décidé que l'écrit de l'éloquent ultramontain serait poursuivi devant les tribunaux ; comme si l'État pouvait enjoindre à tous de professer les mêmes sentiments, et comme s'il n'y avait pas une véritable antinomie entre une foid'ÉtJtet la liberté de religion établie par la Charte; mais ces inconséquences ne frappaient alors que peu d'intelligences élevées. On résolut ensuite de solliciter de l'épiscopat une déclaration qui témoignerait aux yeux de tous que les évêques français n'acceptaient pas les doctrines de Lamennais. Enfin l'évêque d'ITermopolis, à propos de la discussion du budget des affaires ecclésiastiques, devait faire un exposé général des doctrines de Bossuet et de Fleury.
Apres une admirable plaidoirie de Berryer, qui débutait, Lamennais fut condamné à trente francs d'amende.
Il faut lire sa correspondance pour juger de l'exaltation de son esprit. « Je comparaîtrai,