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coiilrc lo clergé de subir l'espiil ultramonUiin, il < rul ulili' lie rappeler rexposilion île la docirine de l'Église calholique par Bossuel, afin qu'on n'essayai pas de se prévaloir des libertés de l'Église gallicane pour la détarber du saint-siège. Il ajouta (jue les Français })rofessaient certaines maximes qui leur étaient plus particulières, consignées dans la déclaration de 1082; que ces opinions n'avaient jamais altéré leur respect filial pour l'Eglise romaine; qu'elles étaient seulement le fondement de certains usages et d'une certaine jurisprudence canonique.
Avec une souplesse d'argumentation remarquable, l'orateur expliqua les impressions différentes du jeune clergé par l'abus que la Révolulution et Bonaparte avaient voulu faire de ses libertés ; qu'il fallait dislinguer entre l'article qui consacrait l'indépendance des souverains et les trois autres qui portaient sur des faits tbéologiques; que le temps ferait le reste et qu'enverrait s'établir insensiblement, comme autrefois, l'uniformité de docirine sur ces matières.
Au milieu des rires de son auditoire, Mgr de Frayssinous s'écria : (( Mais n'est-il pas un obstacle insurmontable à la propagation de ces saines
doctrines? N'avons-nous pas au milieu de nous ce que nous appelons les jésuites? »
Il ne voulut pas approfondir tout ce qui concernait la Société de Jésus. Il se borna à quelques réflexions sur la part qu'elle avait dans l'éducation de la jeunesse. Il réduisit l'influence de la compagnie à la direction de sept petits séminaires où elle avait été appelée par les évêques, el, pour faire taire les alarmes, il promit le rétablissement de l'ancienne Sorbonne.
Ces paroles si graves et qui, si on les pénètre, portaient en elles et dans leur désir de conciliation tant de découragement, lurent aussitôt relevées.
Le plus redoutable des députés de l'opposition, celui qui })ûrtait dans toute question ses admirables instincts d'homme d'affaires et de gouvernement, Casimir Perier, prit acte delà reconnaissance officielle de la congrégation, dont l'existence avait été si souvent niée, et, dans une séance suivante, il constata que, de l'aveu du ministre des cultes, sept grands séminaires se trouvaient sous la direction d'une société qui n'était pas autorisée.
A la Chambre des pairs, lorsque le budget fut débattu, ce fut M. Laine qui souleva de nouveau la question de légalité. Par l'élévation de ses
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crovaiKCs, par rausléiilc de son caractère, M. Laîné avait une inconleslablc aulorilé sur ses collègues. Après avoir rendu hommaj^e àl'évèque, qui saurait luainlenir, couiine d'Aguesseau, des règles ([uil enseignait comme Fleury, ii exprima le regret de n'avoir pas la même sécurité au sujet d'une congrégation fameuse. Toutefois il écartait ses craintes, à cause de l'espoir qu'il puisait dans le discoursdu ministre, que lesjésuites ne seraient rétablis, s'ils devaient l'être, que par une loi. Qui dit loi, dit discussion et publicitc.
L'incident n'aurait ])as eu })lus d'éclat, si Mgr de Frays^inous,dans une réplique, après avoir essayé de diminuer l'importance des établissements dirigés par des jésuites, n'avait dit qu'ils étaient tolérés. Ces mots furent effacés dans le compte rendu officiel et les phrases suivantes y furent seules maintenues :
« Nous ignorons quelle sera, particulièrement en Europe, la destinée de cette société. Chose unique, je crois, dans les annales des ordres monastiques, après avoir été, je ne dis pas réformée, mais détruite par un pape, elle a été rétablie par un autre pape, Pie VII, de vénérable et sainte mémoire. Doit-elle de nouveau prendre racine dans
les divers États qui l'ont reconnue? ou bien, après être sortie du tombeau, doit-elle y rentrer? C'est le secret de la sagesse divine. Mais, si jamais il était question de s'occuper d'elle législativement, c'est alors qu'il faudrait approfondir les choses en se dépouillant de tout préjugé et de toute passion. »
La défense du gallicanisme parut insuffisante à la majorité de la haute chambre, et ce mot toléré, prononcé si imprudemment et si imprudemment retiré, amena à la tribune M. Pasquier. C'était \e dernier représentant des anciennes traditions quelque peu jansénistes de ce grand parlement de Paris, dont il avait été membre.
Une proposition de dégrèvement était à l'ordre du jour; mais M. Pasquier introduisit comme accessoire la question débattue la veille. Il s'étonna qu'on pût tolérer l'existence d'une société qui ne pouvait être autorisée que par une loi, et, sans vouloir suivre l'évêqued'Hermopolisdans les régions où il s'était élevé, il termina en disant « que, s'il essayait d'entrevoir l'utilité dont pourrait être un jour le rétablissement légal des jésuites dans notre pays, il demanderait quels services l'Etat et la religion en avaient reçus ».
Ainsi s'exprimaient, en 183G, les défenseurs de