‹ Le comte de Montlosier et le gallicanismeChapitre 27 sur 36 · LE COMTE DK MONTLOSIER · texte numérisé non relu

LE COMTE DK MONTLOSIER

on donnerons les parties les plus intéressante?.

« Randannc, 8 février 18:27.

» La conduite de M. le duc de Filz-Jaines avait déjà excité mon étonnement ; sa lettre au Journal des Débats, qui vient de me parvenir, m'étonne plus encore. Un liait de celte lecture a particulièrement appelé mon intention : M. de Monllosier me comprendra sans doute... Je puis vous le dire et vous me croirez sûrement, je parle toutes les "langues que peut parler M. de Filz-James, quelque idiome qu'il lui plaise de choisir. Mais les guenes publiques et les guerres privées ont aussi leur droit des gens. Dans l'intérieur de la Chambre des pairs, je sais tout ce que je dois comme pétitionnaire à M. le duc de Fitz-James. Là, s'il énonce un reproche et que ce reproche porte sur ma })étition, il est dans son droit, je suis son justiciable. Hors de la Chambre et hors de ma pétition, il n'en est pas de même. En fait d'honneur et de devoir, je pense, sans trop m'enorgueillir,que mon opinion a autant d'autorité que la sienne. A cause de mon âge avancé, on ne voudiait pas se donner le torl de me provoquer on espère m'engager moi-même

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à des provocations. Dans quelque temps, nous verrons cela ; aujourd'hui, je ne donnerai pas dans le piège. Attaché, comme je le suis, à une grande cause, à laquelle lient, selon moi, le salut de la religion, celui du roi et de la France, c'est avant tout de cette cause que j'ai à m'occuper.

>) J'ai traversé, sans m'émouvoir, toutes les haines de la Révolution ; j'ai traversé de même celles de Londres et de Coblentz ; je saurai en traverser d'autres. Je ne veux pas terminer cette lettre sans vous dire un mot de mon fameux plan de contre-révolution par les capucins. Le noble pair qui a produit cette allégation à la tribune ne l'a point abandonnée dans sa lettre au Journal des Débats. Il y a insisté de nouveau. Je vous ai dit que je ne comprenais pas M. de Fitz-James; ici, c'est moi-même que je suis tenté de ne pas comprendre. Voltaire a dit :

Souvent au plus grossier mensonge Se mêle un peu de vérité.

» Je cherche dans ma pensée et dans tous mes souvenirs ce peu de vérité. J'ai eu beau interroger ce qui me reste de mes anciens amis de Londres en 1794; M. de Fitz-James avait à peu près alors

dix-sept ans. Il y a quelque apparence que, lié comme je l'étais avecles personnes les plus graves, ce n'était pas aux jeunes gens de dix-sept ans que j'allais conlier, quelque absurdes qu'ils pussent être, mes plans de contre-révolution. Alors comme aujourd'hui, plein de respect })Our les prêtres pieux, pour les moines pieux, plein d'aversion pour les prêtres et les moines politiques, entendant souvent par les étourneauxde ce temps-là, comme par les étourneaux de ce temps-ci, prôner la nécessité de refaire la France par des légions de jésuites, il a pu m'arriver de demander la préférence pour des légions de capucins. Que quelque chose de semblable, entendu de travers, se soit logé de travers dans déjeunes tètes de grands seigneurs qui rôdaient quelquefois autour de nous, cela est possible. C'est pourtant ce que je ne puis en aucune manière ni affirmer, ni contrôler.

» Vous pouvez faire tel usage qu'il vous plaira de celte lettre. »

Les amis de Montlosier la communiquèrent en effet; et, pourparlerle langage du Constilulionnel, cette capucinade dont on avait voulu se servir pour ridiculiser le vieux lutteur tomba dans le domaine

des commérages. Mais le fond même du débat restait entier. Montlosier le sentait bien.

« Dans ce prétendu succès, écrivait-il le 17 mars à l'un de ses amis, rien n'est complet. Sans ce qui cause et accompagne les jésuites, je m'occuperais fort peu d'eux. La pensée de M. Portalis a été ou a paru être dans une violation de formes. Certainement c'est quelque chose que cette violation. Toutefois, si la France était composée comme les États- Unis, ou même comme tel État schismatique ou protestant, je ne mettrais pas beaucoup de zèle à cette question des jésuites.

» Les jésuites ne sont pour moi qu'un indice, mis en évidence, de cet envahissement général du parti prêtre. Le général Sébastiani a seul bien vu cette question, quoiqu'il l'ait traitée, suivant moi, hors de propos et inconsidérément. On croit que le parti prêtre a toutes ses racines dans les faiblesses d'un roi pieux : ce n'est pas vrai. 11 a ses racines dans la politique aussi bien que dans la religion. Si vous en exceptez M. de Damas, M. de Doudeauville et M. de Clermont-Tonnerre, les ministres ne tiennent pas par religion à ce parti; ils y tiennent par politique. Tandis que le ministère et le roi sont ainsi engagés, les deux partis de l'opposition

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ont-ils des vues bien arrêtées sur Tintéiiour de la France? Nullement. Je vous citerai en première ligne M. de Labourdonnaie. J'ai causé deux l'ois avec lui. 11 a de M. de Yillèle sous le nez; voilà tout. Tout ce qui se passe dans la sphère de cet horizon de haine l'occupect l'agite. Chateaubriand et Ilyde de Neuville ne me paraissent plus guère en avant. Agier, concurremment avec eux, voulait absolument me faire supprimer le mol parti prêtre; Hyde de Neuville en était surtout fâché...

» Il n'y a de force politique que dans le clergé, parce qu'il n'y a que là des combinaisons politiques. Cette combinaison est très forte; elle est très liée. Vous avez beau parler de dédain et de dégoût; pendant longtemps encore, la France subira tout. Cela durera jusqu'à une commotion (jui éclatera par accumulation de fautes, au premier moment où les circonstances, déterminant quelque parti extrême, détermineront en même temps une résistance extrême. Je ne pourrais vous dire à quel point je voudrais écarter cet horrible avenir... Il faut sauver le roi ; il faut sauver aussi M. le Dauphin et M. le duc de Bordeaux. >)

El, quelques semaines après, dans une autre lettre non moins prophétique, nous lisons :

« J'ai pour pensée première que la monarchie, la religion et la société sont en danger. La cause de ce danger est dans une désaffection générale, déterminée par plusieurs motifs, dont le principal est l'accroissement d'action qu'on cherche à donner au clergé. »

Le ministère vivait péniblement, et trois de ses membres les plus importants, MM. de Villèle, Corbière et de Peyronnet, avaient, à l'ouverture de la session de 1828, remis leur démission entre les mains du roi. Le comte Portails et M. de Martignac entraient aux affaires. Mgr d'Hermopolis, qui conservait un portefeuille, consentait à ce que l'instruction publique fût détachée et confiée à M. de Yalimesnil. Pouvait-il rester le collègue de M. de Portalis, son adversaire à la Chambre des pairs sur la pétition Montlosier? La présence de Mgr de Frayssinous dans le cabinet fut, en effet, promptement jugée impossible. Il était remplacé par un autre évêque, non moins gallican que lui, mais ayant moins d'autorité et moins d'esprit politique, Mgr Feutrier, évêque deBeauvais.

Pressentant sa chute, l'évêque d'Hermopolis avait pu trouver une dernière occasion de défendre devant la Chambre des députés, non plus, celte fois, la

compagnie de Jésus, mais le clergé français. C'était à propos de raiigmentation du traitement des desservants. Rappelant une allocution de Pic VU, prononcée en 1805 en plein consistoire et dans laquelle le vieux pontife célébrait l'Église de France en lui donnant la qualification d'Église gallicane, Mgr de Frayssinous ajoutait : « Que penser de quelques esprits singuliers qui repoussent jusqu'à cette dénomination, lancent des anathèmes contre nos évoques et la Sorbonne, et ne craignent pas de regarder comme ennemie et presque comme séparée du Saint-Siège une Église que le Saint-Siège chérit et préconise comme une des plus belles portions de la chrétienté? Ce n'est pas avec des exagérations, mais avec du bon sens, que se règlent les affaires humaines. »

Ce furent les derniers effo4'ts de l'évêque d'IIermopolis; il avait compris mieux qu'aucun de ses collègues les difficultés de concilier en France l'ancienne et la nouvelle société religieuse depui< la Révolution ; et, s'il ne réussit pas dans cette tentative au-dessus de ses forces, aucun autre que lui n'en a mené le deuil avec plus d'élévation et de convenance.

Monllosier espérait beaucoup du nouveau nii-

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nislère. Les communications qu'il envoyait au Constitutionnel en témoignent. Ses vues particulières devaient pourtant encore éprouver un <3chec.

Le comte Porlalis, en cela fidèle aux conclusions de son rapport, s'était empressé, le 22 janvier 1828, de nommer une commission chargée d'examiner les moyens d'assurer, dans toutes les écoles secondaires, l'exécution des lois du royaume. Au nombre des commissaires figuraient M. Dupin et M. Laine, à côté de Mgr de Quélen, archevêque de Paris.

Cette mesure ne satisfit pas Montlosier; il conseillait, dans ses lettres nuConstitutionnel, la mise en accusation des anciens ministres. M. Labbey de Pompières devait s'en inspirer dans sa proposition à la Chambre des députés. En attendant, pour répondre à la création de la nouvelle Association pour la défense de la religion catholique, formée sous la présidence du ducd'IIavré, avec le concours de M. de Bonald, de M. Duplcssis-Grenédan, le Constitutionnel, sous l'inspiration de Montlosier, annonçait l'organisation d'une association pour la défense des libertés gallicanes et du droit public des Français.

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Aucune parole ne saurait peindre l'agilation grandissante des esprits. Il faut lire les journaux de ce temps-là pour s'en rendre compte. On attendait avec anxiété le rapport de la commission dite des écoles secondaires ecclésiastiques.

Ce rapport, adressé au roi, parut le 28 mai. Malgré les protestations de Mgr de Quélen, parlant au nom do quatorze évêques, Charles X signa les deux ordonnances du 16 juin, dont l'une fut conlre-signée par le garde des sceaux seulement et l'autre par Mgr Feutrier.

La première soumettait au régime universitaire les écoles secondaires ecclésiastiques qui existaient à Aix, Billom, Bordeaux, Dôle, Forcalquier, Montmorillon, Saint-Acheul et Notre- Dame- d'Auray; elle excluait de l'enseignement ou de la direction dans une maison d'éducation quiconque n'affirmerait pas préalablement par écrit qu'il n'appartenait à aucune congrégation religieuse non autorisée. La deuxième ordonnance, non moins célèbre, organisait les petits séminaires pioprcment dits, en faisait des écoles exclusivement destinées aux élèves qui se destinaient au sacerdoce, prescrivait à quatorze ans le port du costume ecclésiastique, limitait à vingt mille le nombre des écoliers, et,

comme dédommagement de cette limitation, accordait une somme de 1,200,000 francs pour des bourses.

La colère que ces ordonnances suscitèrent dans la presse religieuse fut tellement vive, que le parti libéral crut avoir définitivement gagné la partie engagée. Montlosier pensait, au contraire, que ce n'était qu'un leurre. Il voulait adresser une nouvelle pétition aux Chambres. M. de Barante l'en détourna, d'autant mieux que d'autres pétitionnaires, notamment un ancien jésuite exclu de la compagnie, l'abbé Martial Marcet de la Roche- Arnaud, avait saisi la Chambre des députés.

Ce fut une occasion pour l'évêque de Beauvais de s'expliquer. — Le lapporteur, M. de Sade, avait fait remarquer notamment que ce n'était ni par les jésuites ni par leurs disciples, qu'on pouvait s'attendre à voir professer les doctrines de l'Église gallicane; que c'était pour soutenir et propager des principes tout différents qu'ils avaient été institués ; que, si ces principes venaient à s'accréditer dans le clergé, il était à craindre de voir s'altérer l'union entre les fidèles et les ministres de la religion. Les conclusions du rapport écarlaiciil par l'ordre du jour la pétition sollicitant une nouvelle loi contre

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les jésuites, et elle renvoyait les auteurs aux ministres compétents. M. de Conny, au nom de la droite, avait demandé qu'on n'établît pas contre une classe de prêtres français un i)rivilège d'oppression. Le nouveau ministre de la marine, M. Ilyde de Neuville, n'avait guère répondu que par des lieux communs. Mais, MM. de Montbel et Sainte-Marie ayant soulevé la question de la liberté de l'enseignement, Mgr Feutrier, que le parti ullraroyaliste couvrait d'outrages, prit la parole. 11 s'attacba à écarter tout ce qui ne touchait point aux ordonnances, il protesta contre les accusations de proscription et affirma qu'il était permis à un prêtre jésuite de prêcher et d'exercer les fonctions de son ministère.

Nous ne signalerions pas ces nuances, si ces débats n'avaient pas été les derniers efforts faits à la tribune par un membre de Tépiscopat pour défendre une école religieuse que le clergé abandonnait peu à peu.

La protestation contre les ordonnances du 16 juin continua, quand vint la discussion du budget; mais le terrain se rétrécit de plus en plus en 1820, et, quand éclatalarévolutionde juillet, les luttes religieuses j)rirent un tout autre caractère.

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Les survivants du gallicanisme se comptèrent alors ; mais ils n'eurent plus leur ancienne influence et ce fut sur des questions de liberté, et particulièrement dans le domaine de l'enseignement, que les éloquents champions de l'Église portèrent désormais toute leur action.

Nous avous dit que Montlosier était convaincu qu'on déviait de la ligne qu'il avait tracée. Ses lettres témoignent de ses sentiments.

« 5 juin 1828.

» Cette affaire des jésuites a pris depuis quelque temps à la Chambre des députés; elle est signée de l'abbé Marcet. Je ne puis en aucune manière m'accoler ni au pétitionnaire, ni à la pétition. Ma pétition à moi n'embrassait pas seulement les jésuites ; elle embrassait les congrégations, l'ultramontanisme, en un mot, le parti prêtre tout entier avec ses débordements. »

(' 28 juin.

» Pour moi, les jésuites sont tout à fait accessoires, car ils ne font partie que du parti prêtre, où

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s'adresscnl tous mes traits... J'espère que vous n'êtes pas dupes des deux ordonnances; les jésuites sont plus ancrés que jamais... »

0 K! juillet.

» Les deux ordonnances dont toul le monde raifole me paraissent la chose la plus insuffisante, la plus incomplète qui se puisse concevoir. Vous avez vu le mandement de l'évcque du Puy. Ce n'est rien en comparaison du mandement de l'archevêque de Paris. Concevez-vous une telle argumentation? C'est un fond de dépravation, un vice radical d'orgueil et de doctrine. »

« 28 août.

» On a fait tout pour les écoles, maisrien pourles jésuites. Le texte du parti de la congrégation est tout simple. Les j ésuites sont licitement en France ; la preuve, c'est que vous ne les poursuivez pas. S'ils le sont illicitement, vous êtes accusables de ne pas les poursuivre. »

Montlosier fil un dernier appel à roi)inion publique; il j)ublia un nouveau l'actum intitulé : De

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Coriijine et des prorjrèf^ de Ja pni.'isance ecclésiastique en France. C'était encore une évocation désespérée delà déclaration de 1682, une défense de la conduite des anciens parlements, enfin une critique des deux ordonnances de juin. L'opiniâtre vieillard se répétait un peu. Aussi le public restat-il sourd et le livre n'eut pas de succès. Sans être découragé, Montlosier se réfugia plus que jamais dans ses rêveries solitaires. Il avait essayé de reprendre près du comte Portails son affaire d'indemnité qu'on lui avait supprimée. Le roi ne lui ' avait pas pardonné, et Montlosier put s'en apercevoir.

Madame la dauphine s'était rendue au Mont- Dore en juillet 18:^7; elle devait traverser Randanne à son retour. Montlosier écrivit à M. le marquis de Vibraye, gentilhomme de la chambre, de service ce mois-là, pour faire agréer ses offres d'hospitalité. Le marquis de Vibraye ne voulut même pas les transmettre. Montlosier attendit alors au passage avec sept paires de bœufs attelés à sept charrues, six cents moutons, et cinquante vaches. La dauphine s'inclina en traversant la route, mais ne s'arrêta pas.

Pendant que le dernier défenseur convaincu des

libertés gallicanes attaquait, comme nous venons de le voir, les ordonnances de juin, cet autre esprit allier ((ui, plus que personne, avec sa plume, avec ses conversations, avait renversé la vieille Église de France, M. de Lamennais écrivait de son côté à Berryer, le 28 juin 1818, dès la nouvelle de la nomination de la commission des écoles ecclésiastiques :

« On parle de libertés religieuses garanties par la Charte ! La liberté religieuse de qui ? Des protestants ? Que leur importent nos écoles ecclésiastiques? Elles sont, je crois, terriblement secondaires pour eux. Des catholiques? C'est donc en vertu de la loi que vous voudi iez, vous gouvernement, leur prescrire des articles de religion ? »

A la comtesse de Senft, le 28 janvier 1828, il disait : « Le rapport de Portalis et l'ordonnance rendue sur ce rapport sont une déclaration de guerre à l'Église. »

Enfin, dans une lettre au marquis de Coriolis, Lamennais ne ménageait plus rien :

" M. Portalis s'eflbrce d'apaiser la grosse faim du libéralisme en lui jetant, avec les congrégations enseignantes et les écoles diocésaines, une bonne et solide espérance de schisme. Car, bien

que le rapport du garde des sceaux ne parle explicitement que des petits séminaires, ce sont surtout les grands qu'il menace, sans les nommer; à moins qu'il n'ait su ce qu'il disait, ce qui peut, au reste, se supposer comme autre chose. Quoi qu'il en soit, je regarde cette pancarte signée « Portalis, » et plus bas» Charles, » comme une déclaration de guerreau clergé. Il me paraît difficile qu'on rentre après cela dans l'état de paix. La Révolution n'abandonnera pas l'espoir qu'on lui a donné. Ce qu'elle veut avant tout, ce que voulait aussi M. de Mirabeau, décathohciser la France: elle n'y parviendra pas. Mais elle parviendra, avant peu d'années, à établir politiquement le schisme. »

Cette forte et sombre imagination prenait ses visions pour des réalités. Le schisme n'était pas à craindre; il faut être croyant pour être hérétique. Sans doute les légistes comme M. Dupin défendaient en théorie et au besoin devant les tribunaux les libertés gallicanes; mais la plupart ne possédaient plus cette flamme religieuse qui animait les anciens parlementaires luttant avec leur foi contre la cour de Rome. Ceux-là, comme on l'a dit, avaient formé, pendant quatre ou cinq siècles, une sorte de comité permanent de salut public calho-

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