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« .le ne me vante pas auprès de vous de loulc rimmensilé de loi et de croyance qui distinguent M. (le Donald et M. de Genoude; mais vous connaissez en même temps le zèle dont je suis animé pour la conservation du christianisme et surtoul du christianisme catholique. »
Peu de jours après, il revenait à Clerinont pour y mourir.
Le récit fidèle des dernières journées de sa vie nous a été laissé par ses parents, par ses confidents intimes. Ils l'ont tracé sans aigreur comme sans récrimination. Ils en ont attesté solennellement l'exactitude, et ils ont donné sans hésiter leur honneur pour garant de la vérité.
Nous publions comme pièce justificative cet important document, qui parut dans rAmi de la Charte, elnousy avons puisé les détails nécessaires, poui' essayer do montrer jusqu'à la dernière heure la vigueur originale du vieillard.
< Je veux me conl'esser, avait-il dit, mais comme un simple chrétien, sans controverse; maintenant, je ne peux en supporter aucune. »
L'autorité ecclésiastique crut alors devoir exiger de l'auteur du Mémoire à consulter une rétractation écrite de tout ce qui, dans ses écrits ou ses dis-
ET LE GALLICANISME. Jôl
cours, avail pu aflliger l'Église apostolique et romaine, et être contraire à son enseignement sur le dogme, la morale ou la discipline.
Des négociations s'entamèrent, et, dans le cours des discussions, ces religieuses paroles lurent prononcées par le moribond :
« On ne veut pas de ma confession; mais Dieu est juste et je peux me passer de prières ainsi refusées. Qu'on m'emporte dans la petite maison mortuaire qui est toute prête à Randanne, qu'on y plante une croix, pour prouver que j'ai voulu mourir en catholique! Les pauvres femmes se signeront en passant et leurs prières me suffiront. »
Les ternies mêmes de la Déclaration furent déhattus au pied du lit de l'agonisant. Prêt à déclarer qu'il n'avait jamais entendu rien écrire contre la religion catholique, apostolique et romaine, dans le sein de laquelle il désirait mourir, il se refusa avec obstination à signer toute formule imposée.
Il s'éteignit doucement, le 9 décembre, en persévérant dans ces sentiments.
Son testament, dalé du 19 mars 1838, fut ouvert. Il contenait l'expression de sa volonté très nette d'être présenté à l'église. La lamille résolut de se conformer aux intentions de son chef. L'é-
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vèclié répondit aux démarches parmi relus foiniel. Cependant, le lendemain, au moment où le collège défilait sur la place, la porte de l'église des Minimes fut ouverte à deux battants et laissa voir les autels dépouillés de leurs ornements. Le ciiar funèbre continua sa course silencieuse à travers les neiges, jusqu'au bois deRandanne,où le tombeau a été élevé. Les paysans des montagnes, descendus des villages voisins, s'agenouillaient respectueusement sur la route.
Cette mort, et l'attitude du clergé qu'on accusa d'intolérance, réveillèrent dans les souvenirs le nom de Montlosier. Le parti libéral s'empara de la question concordataire. A la Chambre des pairs, M. Cousin prit ia parole et signala le retour d'une faction qui relevait la tète. « Il s'est donc rencontré, ajouta-il, une aulorilé religieuse qui a osé refuser la sépulture ecclésiastique au chrétien intrépide qui défendait la religion quand elle était menacée et proscrite. »
.M. VilIcMiain vint, dans la même séance, ajouter le concours de sa voix éloquente à la protestation de M. Cousin. Le garde des sceaux, M. Barthe, saisit le conseil d'Etat d'une plainte d'abus; une ordonnance du ."10 décembre 1838 fut rendue. Elle ron-
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slatait que le comte de Montlosicr était mort dans la profession publique de la religion catholique, qu'il avait demandé et reçu le sacrement de la pénitence et que le seul motif de refus de sépulture ecclésiastique avait été que Montlosicr n'aurait pas voulu donner devant témoins une rétractation écrite et destinée à la publicité. Le Conseil d'État déclarait, en vertu de la loi du 18 germinal an X, qu'il y avait eu abus.
Une polémique ardente, ne respectant pas la tombe, s'engage dans la Presse. Un pamphlet de Cormenin sous le titre de Défense de Vévêque de C/erwonf vint attiser les animosités antireligieuses et rappeler les fureurs de certains jours de la Restauration. Les véritables notions libérales ne purent de part et d'autre éclairer les esprits excités. Liberté de l'État à l'encontre du prêtre dans l'ordre du temporel; liberté du prêtre vis-à-vis de l'État dans l'ordre purement spirituel! Point d'empiétement d'un côté, point de persécution de l'autre! Voilà ce que nous dirions aujourd'hui.
On était encore loin, il y a quarante ans, de comprendre cette doctrine.
Le nom de Montlosicr était redevenu encore une fois un cri de ralliement dans les querelles reli-
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i^imises. Il n'a cessé de Tètre pendant la nionarcliic de .luillet. De nos jours, les partis l'on! évoqué tour à tour pour l'exalter ou le calomnier. L'heure de la justice enfin a sonné pour lui.
« 11 y a des âmes qui errent au bord du Styx. « Nous avons essayé de recueillir une de ces âmes agitées et inquiètes, de la faire connaître el estimer, malgré ses imperfections.
Certes, Montlosier ne fut ni un écrivain ni un grand politique; mais il fut, ce qui est aussi rare peut-être, un caractère.