‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 29 sur 82 · LE (JOAJTE DE MORCERF · texte numérisé non relu

LE (JOAJTE DE MORCERF

MERcÉm'.i,, aux >,ilcls.

Ouvrez les vasiïUi.s.

MOME-CltlSTO.

l'rcncz garde, madame, avec celte robe Icficre cl sans aulro prcscrvalif au cou que cette ccharro do gaze, vous aurez iiouL-ètrc Croid 11 serait prudent, je pense, do rentrer au saldo.

IMEItClLllIiS.

Non, je reste ici. Voulcz-vnus me tenir uTi instant compagnie, comte?

MONTE-CllISTO.

Avecbonbcur, madame.

MEiîcÉDts, cueillant uao grappe do raisin.

Nos raisins de France ne sont point comparables je le sais, à VO.S raisins de Sicile et de l^liyprc, mais vous serez indulgent, n'est-ce pas, pour noire pauvre soleil d'occident (Le comte 8'mcline et fait un pas en anièro.) Comment, vous me refusez y

MOME-CRISTO

Je vous prie do m'excuscr, madame.

MEKCÈDÈS, laissant tunilier In grjppc.

Oh! encore, encore, comte! en vérité, j'ai du malheur. (iMom-nt de silence ) Monsieur, il y a une touchante coutume arabe qui fait amis ctcrnellemcntceux qui ont partage le pain et le sel sous le même toit.

MOME-CIUSIO.

Jelaconn.iis, madame, mais nous s .nmies en Franco et non en Arabie; et, en France, il n'y a pas plu.s d'amitiés éternelles que de p'arlage du pain et du sel.

MERCÉniis.

Mais, enfin, comte, enfin, nous somme; amis, n'est-ce pas?

Certainement, que nous sommes ami^ madame. Pourquoi ne le serions-nous pas?

MERci;i>rs.

Merci, monsieur. Est-il vrai que vous a^^/ tant vu, tant voyagé, tant soutTcrt?

MOiïTE-ClDSro.

J'ai beaucoup souffert, oui, madame.

MEUCÉDÈS.

Mais vous êtes heureux maintenant?

Sans doute, et la preuve, c'est que personne ne m'entend me plaindre.

IMEECÉIilis.

Kt voire bonheur présent xous lait l'amc plusdoucu?

MOTiTE-CRISXO.

Mon bonheur présent égale ma miécro passée.

MERCEDES

N'êtes-vous point marié?

MO.ME-CRISTO

Marié, moi, madame!... Quia pu vous dire cela?

MEBCÉDÉS.

On ne me l'a point dit, mais, plusieurs fois, on vous a vu conduire à l'Opéra une jeune et belle pcr.sonne.

C'est une esclave que j'ai achetée àConstan- (inoplo, madame, une fiUo de prince, dont jai fjut ma fille, n'ayant phi, dlan'cction au monde.

MERCÉniis.

Alor.-;, vous vivez seul ainsi?

Je vis seul.

MERciJDÈS.

Vous n'avez pas do .«œur, de fils, de père''

Je n'ai personne.

MERCEDES

Et comment pou\cz-vous vivre ainsi, monsieur, sans que rien vous attache à la vie?

.MONTE-CUISTO.

Ce n'est pas ma faute, madame; à Malte, j'ai aimé une jeune fille et j'allais l'épouserquand la guerre m'a enlevé loin d'elle comme un tourbillon; j'aurais cru qu'elle m'aimorait assez pour m'attcndre, pour demeurer fi.Jole momeà mon tombeau. Quand je suisicvcnu, clic était mariée. C'est l'histoire de tout homme qui a passe par l'àgo do vingt ans. J'avais peut-être le cœur plus faible que les autres; j'ai souffert plus qu'ils n'eussent fait à un place, voilà lout.

MERCEDES

Oui, et cet amour vous est re.^té au cœur. Hélas ! on n'aime bien qu'une fois et vous ave/ revu cette femme?

Oui.

MONTE-CaiSTO.

JIEUCÉDËS.

la lui avcz-vous pardonné ce qu'elle vous a lait souffrir?

.II'NTE-Cr.ISTO.

A elle, oui.

.MEUCiiDtS.

Mais à elle scuicmcntalors; et vous haïssez toujours ccuxqiiivous ont. séparé d'elle?

.1Î0NTE-CRIS10.

Moi! pasduloul. Pourquoi les baïrais-j^.-'

MERCEDES, liii prc'sentant lu péihc.

Pour l'amour d elle.

MONIE-CIIÎSXO.

Impossible.

ALBERT

Ma mère! ma mère! savez vous ce qu'a M

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