‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 51 sur 82 · ACTE IV, Vr TABLEAU. SCÈNE · texte numérisé non relu

ACTE IV, Vr TABLEAU. SCÈNE

MEBCÉUËà.

Qui dit cela.' Qui parle de mourir? D'où vous viennent ces idées de mort?

Vous ne supposez pas qu'outragé publiquement en face de toute une salle, en présence de vos amis et de ceux de votre fils, provoqué par un enfant, qui se glorifiera de mon pardon comme d'une victoire, vous ne supposez pas (ju'il me reste un instant le désir de vivre.

.MEBCÉUKS.

Mais ce duel n'aura pas lieu, Edmond, puisque vous pardonnez

MOTE-CRISIO.

Il aura lieu, madame, seulement, au li^u du sang de voire fils que devai'- boire la terre, c'est le mien qui roulera.

MEBCÉUtS.

.Edmond, il y a un Dieu au dessus de nous, puisque vous vivez, puisque je vous ai rc\u, et je me lie à lui du plus profond de mon cœur. En attendant son appui je me repose sur votre paro'e, vous avez dit qu'il vivrait, il vivra, n'est-ce pas?

MOME cb;sto Il vivra, madame, ce qui est dit est dit.

MERCÈDLS.

Oh! Edmond, comme c'est beau, comme c'e^l grand, comme c'est sublime, de pardonner comme vous venez de le faire!

MOTVTE-CRISTO.

Vous dites cela , Mercedes , et que dirii zvous donc si vous saviez retondue du sacritice que je vous fais?

MEhCÉLÈS.

Edmond, je n'ai plus qu'un molà vous dire, vous verrez que, si mon front a pâli , que, si mes yeux sont éteints , que si ma bcaulô est perdue, que, si Mercédèî, enfin, ne ressemble plus à elle-même par les traits du visage, Mercedes a toujours le même cœur. Adieu, Edmond, je n'ai plus rien à demander au ciel, je vous ai revu et revu aussi grand et aus.-i noble qu'autrefois. Adieu, E Imond , adieu et merci.

M0>Tt-CRisTO la regardant s'éli igncr.

Voilà donc l'éditice si lentement préparé, élevé avec tant de peine et de labeur, cciou!é d'un seul coup, avec un seul njot, sous un souffle, hélas ! El tout cela, mon Dieu, pane que mon cœur, que je crojai"; mort, n'était qu'engourdi, parce qu'il abattu, parce qu'enfin j'ai cédé à la douleur de ce baltement , soulevé au fond de ma poitrine par la vol.\ d'une femme. Sottise ! solliso ! que faire ainsi de la género.sité, en se plaçant comme un but inerte au bout du pistolet de ce jeune homme. Jamais il ne croira que ma mort soit un

suicide, et cependant il importe pour l'honneur de ma mémoire que le monde sache que j'ai consenti moi-même, par ma volonté, par mon libre arbitre, à arrêter mon bras déjà levé et que de ce bras si puissamment armé Contre les autres, je me suis frappé moi-ménu:. (Il tire un papier de son tiroir et éciit iiucluucs mois.) Et d'abord, ajoutons ce codicille à mon testament- n Je lègue à Maximilien MorrcI, capitaine de spahis, et fils de mon ancien patron , Pierre Morrel, armateur à Marseille, la somme de vingt millions. Ces vingt millions sont enfouis dans ma grotte do Monte- Cristo, dont Bcrtuccio sait le secret, (llnydée entre, s'iipproche du comt", et ht pardessus son l'paule.) Si son cœur est lilire et ([u'il veuille épouser Haydée, fille d'Ali, pacha de Janina, que j'ai élevée avec l'amour d'un père, et qui a pour moi l'amour et la tendresse d'une fille, il accomplira, je ne dirai point ma dernière xolonlé , mais mon dernier dfsir. Le présent testament a déjà l'ait Haydée héritière du reste de ma fortune, consiBt:int..'. »

HAYDÉE

0 mon Dieu !

eoooooooooooorooooouoooogwaoooooooooocoooooeooQOOo

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