SCÈNE II r
MO.NTE CRISTO, LE COMTE Hirla porlc
Eh! c'est M. de Morcerf. Je croyais avoir mal enlendu, monsieur, quand on vous a annoncé à moi tout à l'heure.
MORCERF
Oui, c'est moi-même, monsieur.
Il me reste à savoir maintenant la cause qui me procure l'honneur de voir M. de Morcerf, honneur auquel je ne m'attendais pas
ÂCTI-: V. X' TABLIvVr, SCl'NK lil.
HOBCERF
Monsieur, vous avez eu ce matin une rencontre avec mon fils.
Vous savez cela ?
MORCERF
El je sais aussi que mon fils avait de bonnes raisons pour désirer se battre contre vous et faire tout ce q>i'iï pourrait pour vous tuer.
En effet, monsieur, il en avait de bonnes , mai» vous voyez que, malgré cela, non-seulement il ne m'a pas tué, mais encore il ne s'est pas battu.
MORCERF
Et cependant il vous regardait comme la cause du déshonneur de son père, comme la cause de la ruine effroyable qui , en ce moment-ci, accable ma maison.
C'est vrai, monsieur, cause secondaire, par exemple, et non princ pale.
MORCESF.
Mais , sans doute . vous lui avez fait quelqu'excuse ou donné quflqu'explication?
Je ne lui ai donné aucune explication , et c'est lui qui m'a fait des excuses.
MORCERF
Alors à quoi attribuez-vous cette conduite ?
A la conviction qu'il y avait probablement dans tout ceci un homme plus coupable que moi.
MORCERF
Et quel était cet homme?
MOSTE-CRISTO.
Son père.
MORCERF
Soit, mais VOUS savez que le coupable n'aime pointa s'entendre convaincre de culpabilité.
Je le sais, aussi je m'attendais à ce qui arrive en ce moment.
MORCERF
Vous vous attendiez à ce que mon fils fût un lâche?
M. Albert de Morcerf n'est point un lâche.
MORCERF
Un homme qui tient à la main une épée ou un pistolet, qui, à la pointe de cette épée ou au bout de ce pistolet, tient un ennemi mortel, cet homme, s'il ne se bat point, est un lâche. Que n'est-il ici pour que je le lui dise!
Je ne présume pas que vous soyez venu me déranger, monsieur, pour me conter vos