ACTE I, i" TABLEAU, SCÈNI' M
yo
BE.IVCUA.MI-.
ferait ce indiscret, monsieur, de vous demander à voir CCS précieuses pilules?
MOTE-CRISTO
Non, monsieur.
Il lire de S) poche une bonbonnière creusée diins une sjule éiaeraude.)
DEBR.iy.
Et c'est votre cuisinier qui vous prépare ce rcgal'r
MO>TB-CMSTO.
Oh! non, monsieur, je ne livre point ainsi mes jouissances les plus pures à des mains indignes, je suis assez bon chimiste et préparc mes pilules moi-même.
CIl.Vl! ArCRU.V.
Voilit une admirable émeraude, la plus belle que j'aie jamais vue, quoique ma mcre ait des bijoux de famille assez remarquables.
J10>TE-C1ÎIST0.
J'en avais trois pareillfs, monsieur : j'ai donné l'une au Grand -Seigneur, qui Ta fait monter sur son sabre, l'autre au Sainl-Pcre, qui l'a fait incruster sur sa tiare, en face d'une émeraude à peu près pareille, mais moins belle, cependant, qui avait été donnée à son prédécesseur. Pie VU, par l'empereur Napoléon. J'ai gardé la troisième pour moi, seulement je l'ai l'ail creuser, ce qui lui ôte la moi tié de sa valeur, mais ((ui l'a rendue plus commode pour l'usage que j'en voulais faire.
OliliB.W.
El que vous avaient donné ces deux souverains pour mériter ce raagaitiquc cadeau'.'
MOME-CKISTO.
Le Grand-Seigneur, la liberté d'une femme, notre Saint-Père, la vie d'un l.onuiie, de sorte que, deux fois dans mon existence, j'ai été aussi puissant que si Dieu m'eût fait naître sur les marches d'un trône.
(On par'c hii.> à .Viborl.)
DEBR.VY.
Qu'y a-til, est-ce le déjeuner?
Oui, monsieur, et en même timps !e comte de Morcerf qui, avant de partir pour la Cham ■ bre, sachant que vous étiez ici, aurait voulu vous remercier.
.>iO>TE-Cr.lS?0.
Eh bien, monsieur, rien de plus facile. Je serais un mauvais convive, laissez-moi ici, j'aurai, si M. Albert le permet, l'honneur d'y recevoir M. de Moicerf.
ALJiERX.
\ merveille, mais n'allez pa= di.-paraitrn sans que je l'' sache
.MOME CSISTO.
Comment donc, monsieur, jt vou- appar-
tiens et vous promets de ne reprendre ma liberté que quand vous me l'aurez rendue.
BEAICIIA-III".
Comme il dit tout cela 1 C'est décidément un grand seigneur.
DEBRAV.
In grand seigneur étranger.
CIIATEAUBIU N.
t'n grand seigneur de tous les pa\s.
ALBERT
Vous nous excusez, comte, mais ces messieurs meurent de faim et mon père descend.
MOME-CRISTO
Faites, monsieur, faites.
(L'>s jeunes gens entrent dans la salle à manger.)
VUû«000OC00OO00O0OUO0O00O30CO&gCOC0O<,0C0t00C00C0C 0
scÈ.Nt; VI.
MWi'TEClUSÏO, puis le CO.MTE DE ViOU-
<;ekf.
.MO.HIE-CniSTO.
Je vais le revoir, lui, et elle peut-être. Silence, mon cœur, pour la vieille haine, silence, mon àme, pour l'ancien amour.
alb;.ut.
Mon père, j'ai l'honneur de vous piéseni'. r M. le comte de Monte-Cristo, cet ami génc- # reux que j'ai eu le bonheur de rencontrer dans les circonstances difficiles que vous tavcz.