‹ Le comte de Morcerf, drame encinq actes et dix tableaux, de MM. Alex. Dumas et Aug. Maquet. 5e partie de Monte-Cristo. [Représenté pour la première fois, à Paris, sur le théatre de l'Ambigu-Comique, le 1er avril 1851]Chapitre 9 sur 82 · EK>A.\U · texte numérisé non relu

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Monsieur est le bienvenu parmi nous, et il a rendu à notre maison, en lui coiiservaul son unique héritier, un service qui soUicilcj ,i éternellement notre reconnai.-^sancc. (11 lui montre un faiit-.'Uil.)

AILERT.

Je puis me retirer ?

FEKN.AMJ.

Allez rejoindre vos amis.

Ai.BEBT, il Monte Crislo.

Vous permettez?

MOME-CKlSrO.

Comment donc I (Albert sort.) ri;R>ASD.

Madame la comtesse de Mfrcerf était à sa toilette, monsieur, lorsque le vicomte l'a fait prévenir qu'elle allait avoir le bonheur de recevoir votre visite. Elle de.:cend, et dans dix minutes elle sera ici.

.nONTE-.,ni.STO.

C'est beaucoup d'honneur pour moi, M. le comte, d'être ainsi, dès le jour de uian arrivée, mis en rapport avec un homme dont le mérite égale la réputation et pour lequel la fortune, justu une foi-, n'a pas fait d'erreur

LE COiMTK 1)1-: .MOKCKKl",

mais n'a-t-plle pas encorr, dans les plaines de la Mitidja et dans les montagnes de l'Atlas, un bcUon de maréchal à vous offrir? FER^A^u.

Oli ! j'ai quitté le service, monsieur. Nommé p.iir de France sous la Restauration, j'étais do la première campagne d'Alger, je pouvais donc prétendre à un commandement supérieur si la branche aînée fût reitée sur le Irone, mais les événemensqui s'accomplirent me forcèrent à donner ma démission. Lorsqu'on a gagné les épauletlessur le champ de bataille, on ne sait guère manœuvrer sur le terrain glissant des salons ; j'ai quitté l'épée, je me suis jeté dans la politique; je me voue à l'industrie, j'étudie les arts utiles. Pendant les vingt années que je suis rfsté au service, j'en avais eu le désir, mais je n'en avais pas eu le temps.

MOMTE-CniSTO.

Ce sont do pareilles idées, M. le comte, qui entretiennent la supériorité do votre nation sur les autres pajs. Gentilhomme issu d'illustre maison , possédant une grande forlune, vous avez d'abord consenti à gagner les premiers grades en soldat obscur ; c'est fort rare! Puis, devenu général, pair de France, vous consentez à recommencer un second apprentissage sans outre espoir, sans autre récompense que celle d'être un jour utile à vos semblables. Ah! monsieur, voilà qui est vraiment beau ; je dirai plus, voilà qui est sublime!

FERNA>D, s'inclinanl.

Monsieur !

JIOME CRISTO.

Hélas! nous no faisons pas ainsi en Italie, nous naissons selon notre race cl notre esl'oce, et nous gardons même feuillage, même laïUc et souvent même inutilité toute notre vie.

IER?i,iM>.

-Mais, monsieur, pour un homme de votre mérite, l'Italie n'est point une pairie, et la l'rame vous tend les bras, répondez à son appel, la l'rance traite mal ses enfans, mais elle accueille grandement les étrangers.

Oh ! monsieur, on voit bien que vous ne me connaissez pas. Mes aspirations, à moi, sont en dehors de ce monde; je ne désire point les honneurs et n'en prends que ce (jui peut tenir sur un passeport.

rEll>A>D.

Vous avez été mailre de votre avenir, et vous avez choisi le chemin des Heurs.

MOME CniSTO.

Justement, monsieur.

(La conitcsse entre, elle a entendu ces der-

iiiiTs mots, elle tressailla et s'appuie au

(■li.iiiitirHiiIc do 1.1 porto.)

I ERNAM), sans la voir.

.Si je ne craignais de vous fatiguer, mon sieur, je vous eusse emmené à la chambre des pairs; il y a aujourd'hui séance curieuse pour quiconque ne connaît pas nosiénaleurs modernes.

Je vous serai fort reconnaissant, monsieur, si vous voulez bien me renouveler celte offre une autre fuis, mai." aujourd'hui, on m'a flatté de l'espoir d'être présenté à madame de Morcerf, et j'attendrai... (Apercciimt la cnmtoss".) Mais, pardon, n'est-ce point ellemême'?

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