EL-CASSARO
... La guerre a pour vous tant de charmes! Allons! cavaliers, point d'alarmes, Montforts, nobles Monlforts, aux armes!!! Marie de Médicis , te chant de Guerre.
Perulant qu'une terrible lutte se prépare du côté des Sarrasins, retournons au palais du grand-comte, où se trouve l'illustre fugitif avec le jeune Tancrède.
Comme c'était un dimanche , et qu'alors la religion était strictement observée dans toutes ses coutumes par les chrétiens , les deux seigneurs normands, suivis des
officiers du palais, se rendirent à la basilique de Saiiite-Marie mère de Dieu pour y entendre la messe.
— Ce soir, mon cher et aimé cousin, disait le comte de Nety à Tancrède, comme ils longeaient la Coiitrada del Cassaro , ce soir je prendrai congé de vous. Votre gouvernement est tranquille; quelques Mores seuls, avec leurs sombres physionomies, m'ont inspiré un instant des pensées pleines d'inquiétude; mais je les ai oubliées ainsi qu'on oublie un triste rêve.
— Je n'y fais nulle attention , moi , repartit le jeune guerrier; depuis que mon oncle m'a revêtu de la haute dignité de gouverneur, j'ai eu le temps de m'accoutnmer à leurs airs si superbes et si dédaigneux.
— Mais hâtons-nous, Tancrède, il ne faut pas quel'archevêquenous attende, d'autant mieux que ce bon et vertueux prélat veut chanter un Te Deum en mémoire de mon heureuse délivrance.
— 11 doit être la quatrième heure du jour; rassurez-vous, mon ami; nous aurons encore le temps de visiter avant la messe les belles mosaïques exécutées par les Byzantins et les Arabes.
— Mais ne trouvez-vous pas combien la voie est dépeuplée de Sarrasins? remarqua subitement le comte de Nety.
Le Cassaro ne possédait pas en effet un seul costume moresque dans toute son étendue ; on n'y voyait que des Grecs , des Normands et des Calabrois.