II. JO
— Fallacia, dit le Bisertin en entrant, tu n'étais pas seul?
— La sultane vient de se retirer.
• — Elle semble me fuir et me redouter, dit le barbare. Cependant il faut qu'elle s'accoutume à me voir, car Vittumen me l'a presque promise.
— Ah!... fit le Rhodien, avec l'apparence d'une grande incrédulité. Elle aime un cavalier qui te la disputera, un homme dont l'épée est bien lourde.
— Qui donc aime-t-elle? dit le pirate , dont les yeux étincelèrent d'une fureur sanguinaire.
— Le beau comte de Nety.
DE NETY. 147
i, — Un dojiaour? Notre ennemi à tous?
— Oui , elle l'aime.
— Je la poignarderais plutôt que de la voir tomber entre ses mains !
— Non, non; c'est lui qu'il faut poignarder.
^ ; T— Mais tiens, voici une lettre en langue franke, qu'on a lancée dans la ville avec une flèche; elle vient du fort de ces chrétiens.
— Ah ! enfin, c'est de Riso, le baron calabrois, dit Faliacia en la lisant rapidement; avec de l'or, cette fois, nous réussirons ; mais viens sous les sycomores. Si nous voulons vaincre , agissons avec mystère et dé-
i4« iJ'. comtï: de in et y.
fions-nous de la sultane , car il se passe ici des choses étran.ocs.
Puis ils se dirigèrent vers le jardin.
— Encore une trahison, pensa la jeune et malheureuse Syrienne, qui s'était cachée sous une des courtines de soie à l'approche du motsallam ; voyons à quel dessein vont s'arrêter ces misérables.
Respirant à peine, et marchant avec la légèreté d'un petit oiseau des prés , elle s'avança derrière les massifs de verdure, où il lui fut possible d'entendre la trame horrible ourdie par les deux Sarrasins aux gages de l'émiralem de Catane.
INYESïlTLRE MILITAIRE