‹ Le comte de NetyChapitre 25 sur 42 · G LE COMTE · texte numérisé non relu

G LE COMTE

— Et moi je le hais, reprit le jeune chef avec emportement. Ce n'est pas un homme sûr; pourquoi différer cet assaut?

— Ses raisons sont pleines de justesse.

— Et vous y accéderez, Jourdan ?

— Oui.

-r- Vous nous perdrez, avec ces lenteurs.

— L'armée a-t-elle jamais souffert de mon commandement? repartit le général avec hauteur. Allons, messeigneurs, vous pouvez vous retirer; le sablier marque la deuxième heure de la nuit.

Mais suivons Riso dans la montagne. En

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quittant la tente du chef des Normands, il s'est élancé rapide comme si cinquante hivers n'avaient pas déjà passé sur sa tête blanchie; il est seul, sans masse d'armes et sans bouclier ; un poignard orne sa ceinture, et de la main droite il s'appuie sur sa longue épée. Il laisse à gauche le chemin du fort , après s'être assuré qu'aucun soldat ne le suit; il se jette dans un sentier escarpé qui sillonne la montagne, et, l'œil inquiet, la poitrine oppressée, l'âme pleine de doute et d'une terreur involontaire , il se dirige vers les murailles de Tauromène.

— Allah-Kérim ( Dieu est grand ) ! crie une voix.

Riso s'arrête, profondément ému de l'action infâme qu'il va commettre; mais ce retour sur lui-même est rapide comme

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un jet dé feu , l'esprit du mal î^entfalnè^ et d'une voix brève, quoique peu assurée , il répond au mot d'ordre :

— Allah-Kérim!

Le motsallam et Fallacia viennent aussitôt à lui , l'entourent, le félicitent , le pressent de questions, et, pour éviter toute embûche, l'entraînent au pied de la poterne, au-dessous de !a terrasse où Ziza était demeurée toute émue et toute pleine de crainte.

— L'heure est venue, enfin, dit Fallacia; l'émiralem , notre seigneur, accepte votre bras et votre épée, noble Riso; mais il y met des conditions. Six cents bourses d'or seulement vous seront comptées.

— J'en ai demandé milieu Trift ^

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— Le trésor de Catane est vide, et vous aurez à vous seul plus de sultanins que tous vos chefs normands.

— Je n'ai pas de chefs, murmura le Calabrois avec hauteur.

— Tous les nobles normands se vantent de vous traiter en esclave, dit l'adroit Fallacia pour l'exaspérer davantage. '

— Je les méprise, lis ne sont que mes égaux.

— Mais lesTancrède?

— Oh! ceux-là!... ceux-là ont asservi ma patrie; mais si le caroubier est forcé de plier momentanément sous le vent de

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