‹ Le comte de NetyChapitre 6 sur 42 · I.E COMTE · texte numérisé non relu

I.E COMTE

toi si lu ne peux te passer des petites recherches de la vie opulente; nous autres soldats, nous savons supporter toutes les privations ; et puisque tu es si avide de science , tu apprendras celle de vivre de peu, ainsi que ce proverbe du Nord : Qui vit de peu, et qui est sage, vitlongtemps. Maintenant, mariniers, apportez-nous nos provisions; puis courez de crique en crique en faisant mine de pêcher; et si vous aperceviez dans le jour flotter une flamme rouge, ou le soir un feu sur la Pointe du Pistachier, accourez ici de toute la vitesse du vent et de vos rames. — A présent, Tramne , aide-moi à mettre une séparation dans cette tente; elle est assez grande pour six , n'est-ce pas , mon général ? nous autres, nous nous tiendrons à l'entrée, ce sera plus sûr.

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Cinq jours s'écoulèrent ainsi au sein de cette silencieuse retraite; la plaie du guerrier était fermée, ses forces revenaient rapidenfîentjil voulait partir; mais les frayeurs d'une rechute dangereuse dont le Juif le menaça, et plus encore les bons conseils du fidèle Joanne, le décidèrent à rester.

En vain le traître avait essayé d'aller jusqu'à la cité , en vain avait-il voulu s'enfuir; il ne pouvait faire une sortie à l'entour de la tente sans retrouver, à dix pas derrière lui, la sombre et sévère figure de l'Amalfîtain. Cependant, il voulait gagner le reste de la somme considérable que Fallacia, l'émissaire de Vittumen, lui avait promise;

la cupidité, la trahison et le besoin de se venger des chrétiens le poussaient sans cesse ; — à tout prix , il voulut en finir.

Un jour, sous le prétexte de ramasser quelques baumes nécessaires pour laplaiede Nety, il descendit nonchalamment le ruisseau, marcha à droite et à gauche dans le bois, puis revint sur ses pas , puis gravit la montagne, et remarquant que personne ne le suivait , il commença à respirer ; son projet odieux allait enfin s'accomplir ! 11 s'orienta et se dirigea précipitamment vers la porte d'Agrigente. Comme il arrivait dans une gorge profonde qui se trouve au delà du bois, il aperçut l'Amalfitain, assis à l'angle du chemin deXacca, qui l'attendaitetjetait sur lui des regards étincelants de fureur.

' — Maudit Nazaréen, s'écria-t-il , j'avais prévu ton dessein ; tu allais à la cité?

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— Oui, maître Joanne, repartit le médecin sans changer de couleur : n'ayant pas trouvé les simpdes qui me sont nécessaires , j'allais les chercher à Xacca.

— Si tu fais un pas de plus vers celte ville , tu es mort !

Le Juif rebroussa chemin sans mot dire, mais en se promettant bien au fond de son cœur de concerter un plan que rien ne pourrait détruire. Pour éloigner cette espèce de culpabilité dont on soupçonne un homme qu'on accuse et qui demeure silencieux , il se plaignit à Jourdan , au retour, de la violence que Joanne lui avait faite, et il reprocha au comte de mal récompenser ses services.

— Si vous avez sur moi d'odieux soupçons, lui dit-il, pourquoi ne me faites-

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