‹ Le comte de NetyChapitre 8 sur 42 · COMMENT JÉROBOAM TRÉPASSA · texte numérisé non relu

COMMENT JÉROBOAM TRÉPASSA

Amen.

Le médecin juif n'était pas mort sous le coup vigoureux de l'Amalfitain; après une demi-heure de souffrances horribles , il se leva et gagna en rampant le chemin creux qui une fois avait failli lui être si fatal. Sa voix exhalait en vain des plaintes qui n'étaient pas entendues, le sang sôitait à flots de sa bouche et de sa blessure ; et ,

dans sa douleur, il se roulait à terre comme un fou furieux.

Les archers de Vittumen arrivaient alors de leur cruelle expédition; le Juif les entendit et les appela.

— A l'aide , à l'aide , bons Sarrasins ! s'écria-t-il d'une voix lamentable.

— Qui donc appelle ainsi? faites silence, cavaliers , dit un chef.

— A l'aide, mes frères ! secourez-moi , secourez Jéroboam de Cordoue. ?n îvi

— C'est le pauvre médecin nazaréen , dit un des quatre esclaves noirs, qui se trouvait parmi les survenants.

— Hélas ! oui, dit le moribond; les chré-, tiens m'ont assassiné !

DE NETY. 63

— OÙ sont-ils? OÙ sont-ils? s'écrièrent vingt voix terribles.

— Courez cherchei^ lé tnotsâllâfn dé Xacca, et demeurez silencieux; je vous conduirai à leur demeure. — Esclave, dénoue mon turban, et bande ma plaie, car le sang en sort comme l'eau d'une source.

— Que faut-il faire de plus? dit l'esclave.

— Rien, hélas! rien, car je vais mourir !

Bientôt le motsallam , l'émiralem de Gatane et une troupe armée à la légère accoururent auprès du Juif.

— J'arrive donc trop tard encore? s'écria l'impatient Vittumen. Est-ce ainsi que je devais te retrouver, mon fidèle Israélite ?

— Que voulez-vous , puissant émiralem?

la fortune m'a traité en ennemie; mais vous me vengerez, n'est-ce pas? je l'ai bien mérité : je vous ai servi comme quiconque d'entre vos chefs dévoués; mais tout s'oublie en face d'un misérable cadavre !

— Bah ! tu as des recettes admirables : tu ne mourras point. Où sont les Normands?

— Faites entourer le bois à la hâte et suivez-moi avec une vingtaine de guerriers. Holà ! des esclaves , car je ne puis marcher. Je vais mourir...

Le Juif, la rage au cœur d'avoir échoué dans son affreux projet, sentit un instant renaître toute son énergie; et, désireux de voir couler le sang des Normands, il

conduisit Vittiimen à la tente, où régnait un silence profond. ■ . >>•[

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— Tilain tenant, dit-il d'une voix éteinte, car la rage et la férocité ne pouvaient lui donner qu'une énergie bien rapide; maintenant, allumez des torches, et frappez sans pitié; vengez-moi, que je meure sans

regrets.

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La tente était vide...

— Ils sont partis! s'écria l'émiralem éri donnant un libre essor à sa fureur; il m'échappe encore , ce chef redoutable I Juif, dis-moi, quels étaient leurs projets? par quelle voie devaient-ils retourner à leur camp? Allons, Jéroboam, aie du courage!... Par la mort ! ne te laisse pas ainsi abattre; lu auras vingt bourses de sulta-

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