LE COMTE DE ÉARIS
“Il n’est pas étonnant que le pays ait prospéré, lorsque le prêtre et le colon, le soldat et le trappeur, ont travaillé de concert pour ouvrir la voie.
“ Je ne m’attarderai pas sur ces souvenirs qui sont familiers à tous. Nous sommes un peuple heureux, loyal, industrieux et religieux. Nous jouissons du gouvernement le plus libre du monde. Notre procédure parlementaire est empruntée aux codes adimirables de l’Angleterre et des Etats-Unis ;
nous avons puisé dans les deux ce qui nous
semblait le meilleur. Nous faisons nos lois, nous réglons notre tarif, Notre peuple est entièrement libre dans sa politique, sa religion et ses aspirations. Notre presse est
indépendante et libre. Tous ici penvent
aspirer aux plus hautes fonctions, Nous avons entière confiance au système électif, et nos fonctionnaires offrent rarement prise à la critique: Deux grands océans baignent nos côtes; et de l’Atlantique au Pacifique nous recueillons les richesses de la ferme,
de la forêt et de la prairie ; notte sol est
abondamment atrosé paï des milliers de rivières et de lacs. La population seule fait
un peu défaut, mais avec le temps la population viendra.
“ Nous avons confiance en nous-mêmes.
Le meilleur sang de France, d'Angleterre, d’Ecosse et d'Irlande coule dans nos veines, et, côte-à-côte, des fils robustes de l’ancienne civilisation de la lointaine Europe se taillent de glorieuses destinées dont les débuts, quoique rudes, n’ont jamais fait naître le découragement. Anglais et Français du Canada travaillent de concert au développement des ressources du pays, rivalisent ensemble, dans une compétition fraternelle d'intelligence et d’espérances, pour arriver à la solution des problèmes politiques et sociaux dont dépend notre avenir,
“ Merci encore une fois, messieurs, de votre bienveillante attention.”
M. Stewart recut de sincères félicitations et des remercîmenits.
Au moment de répondre à la santé portée au Canada par le comte de Paris, M. Chapais,
D. - Ride
que le comité avait chargé de cette tâche honorable, paraissait dominé par nine forte émotion, et cela le servit mieux que les plns habiles artifices oratoirer. L'auditaire fut ému avec l'orateur ; avec lui aussi il se livra à l'enthousiasme.
M. Chapais débita son discours avec nn entrain et une verve extraordinaires. C'était chaud, vibrant, coloré, comme une ouverture de Rossini.