‹ Le comte de Paris à Québec, récit;Chapitre 19 sur 26 · A. LA CROIX DE JACQUES CARTIER · texte numérisé non relu

A. LA CROIX DE JACQUES CARTIER

Comme il restait un peu de temps avant le départ du train pour Sainte- Anne, le comte de Paris voulut se rendre au berceau historique du Canada, à la " Croix de Jacques Cartier," sur la pointe de terre formée par le confluent des rivières Saint-Charles et Lairet, et où une centaine de Bretons, braves jns lu'à la témérité, passèrent l'hiver de 1535-36, près de trois quarts de siècle avant la fondation de Québec.

- Le cortège trouvera le faubourgSaint-Jtan, — l'emplacement de l'antique bourgade de Siadaconé et du " palais d'écorce " du " roi Donnacona, " — descendit la côte d'Abraham et suivit les rues de la Couronne, Saiut- Jose})h et du Pont jusqu'à la rivière Saint- Charles, la Cahir-Coubat des aborigènes. La

îuarée était basse et le temps décidément maussade. On franchit le pont Dorchrster, ^t, quelques minutes apiès, les voyageurs descendaient de voiture au pied d'une croix métallique de la même dimension que la cioix de bois plantée en cet endroit, par le découvreur du Canada, le 3 mai 1536, et portant comme elle, au-dessous du croisillon, un écusson fleurdelisé et une inscription.

Un peu en arrière, un joli petit monument €n gianit, ou, plus exactement, en gneiss des 1 aurentides, porte les inscriptions suivantes:

'* Jacques Cartier et ses hardis compagnons, les marins de la Grande Herinine, •de la Petite Hermine et de VEmérillon, passèrent ici l'hiver en 1835-36.

" Le 3 mai 1536, Jacques Cartier fit planter, à l'endroit où il venait de jiasser l'hiver, •une croix de 35 ]iieds de hauteur, portant l'écusson fleurdelisé et l'inscription ^ra^ici^"- €us inmiiis, Dei gixitia^ Francorum Rex, régnât.

" Le 23 septembre 1625, les Pères Jean de Brébeuf, Ennemond Masse et Charles

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Lalemant prirent solennellement possession* du terrain appelé Fort Jacqnes-Cartier, situé an confluent des rivières Saint-Charles et Lairet, pour y ériger la première résidence des missionnaires jésuites à Québec."

Sur la partie inférieure de la croix, des centaines de visiteurs ont écrit des noms, des dates, quelques-uns des réflexions curieuses ou touchantes. Il y a là des petits poèmes qui rappellent les inscriptions murales dont parle Louis Veuillot dans son Parfum de Rome. Une main ferme a tracé au crayon '

" Adieu Philippe de Rougemont, adieu braves compagnons morts sur cette terre iohospitalière I— mai 1536."

Au-dessous, une autre main a ajouté :

" Guillaume Le Breton."

N'est-ce pas charmant ?

En 1887, le comte de Paris envoya, de Lisbonne, à celui qui trace ces lignes, une généreuse souscription pour aider à la construction de la croix et du monument commémoratif de la rivière Lairet.

Ce coin de terre du Fort Jacques-Cartier rap) elle d'autres souvenirs que ceux que r< n a gravés sni- la pierre. Vaudreuil s'y retrancha, en 1759, à l'intérieur de Vouvrage à cornes dont il est souvent question dans les chroniques du dernier siècle, et lali'gpnde y croissait sur 1 histoire, comme le gui sacré sur le chêne des Gaules, lorsque parut le livre de M. Ernest Myrand, Une fête de Noël sous Jacques Cartier, et qu'eut lieu l'inoubliable fête du 24 juin 1889,— deux événements qui achevèrent de le poétiser.

Un peu avant trois heures, nos hôtes prenaient place dans les chars confortables et bien chauffés du chemin de fer Québec, Montmorency et Charlevoix, qui devaient faire le trajet de Québec à Sainte-Aune.

J'ouvre ici une parenthèse pour ]>rier le lecteur étranger de ne pas trouver à redire si

nous employons ici le mot char pour désigner ce qu'on ajipelle en France un waggon pu sim|)lement une voiture. Ce dernier terme a une signification trop générale ; quant au mot waggon, nous n'en voulons pas paice que nous sommes dans la lutte, et que, si nous consentons à introduire délibérément des mots anglais dans notre langnge, la bataille que nous livrons chaque jour pour la conservation du *'doux parler de France" sera bientôt perdue. Il n'y a pas longtemps que nous avons consenti à dire rail pour lisse ; nous ne dirons jamais le sleeping pour le char-dortoir, et nous préférerions nous faire casser le cou ] plutôt que de demander au mécanicien de stopper la locomotive.

Je ferme à regret cette parenthèse, que je serais tenté d'allonger indéfiniment.

Dans le char- palais occupé par Leurs Altesses se trouvaient tous les ] personnages de leurs suite, ninsi que Monseigneur Gagnon, de l'archevêché, le juge Casault, l'abbé Eené Casgrain, M. Vincelette, M. LeMoine, M.

Chapais, M. Heniy Bédard, le juge Routhier, l'abbé Iiaymond Casgrain, lauréat de l'Aca-

dî'iiiie frnnçaise, MM. Choiiinnrfl, Robitaille, Caoïiette. Beaiichamp, Lemieiix, Droiiyn et quelques au Lies.

A trois heures ytrocises la locomotive hennissante sortait de la gare, et bientôt après on vit son panache blanc se détacher sur la plage de la Canardière, atteindre l'antique seigneurie de Eobert Giffard et le gué de la Montmorency, célèbre } ar la déroute des soldats de Wolfe dans la journée du 31 juillet 1759. Le train arrêta au pied delà cataracte (haute de 250 pieds), et les illustres voyageurs descendirent un instant pour en admirer la réelle beauté. On leur fit remarquer le parti que l'industrie avait su tirer de ce puissant pouvoir moteur, instamment pour l'écluirage nar l'électricité de la ville de Québec.

Les paroisses de Beau port, de l' Ange-Gardien et du Château-Eicher, que ti averse le chemin de fer pour se rendre à Sainte- Anne, sont le berceau de nombreuses familles ré- ]'andues dans tout le Canada, et le centre d'une vigoureuse colonie venue du Perche, en France, durant la première moitié du dix-

septième siècle, — colonie dont l'érudit docteur Dionne écrit en ce moment l'histoire.

Lorsque les princes arrivèrent à Sainte- Anne, les cloches de la basilique sonnaient à toute volée. Les RR. PP. Debongnie, Tielen, Fiévez, Barolet, et quelques autres Eédemptoristes vinrent au-devant de Leurs Altesses, et tous les visiteurs, après une courte prière, se dispersèrent dans les vastes nefs et les nombreuses chapelles de l'église dédiée à la grande thaumatuige de la Nouvelle- France.

Les princes contemplèrent pendant quelques instants les trophées de béquilles et autres objets nyant appartenu à des miraculés, que Ton a distribués çà et là dans la basilique, -éloquents témoins de larmes, de souffrances et d'actions de grâces, et ils vinrent s'agenouiller sur deux prie-Dieu qui avaient été placés dans le sanctuaire même, en face du Saint-Sacrement.

Le comte de Paris pria avec une ferveur (pli édifia tous les assistants. Le souvenir de chacun des membres de sa famille, celui de la France dont il est exilé, la majesté et la

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sainteté du lieu durent remnor profondément sou âme en ce moment. Son attitude indiquait une foi et une piété dignes du descendant de saint Louis. Plus tard il déclara que rarement il avait été aussi ému qu'en cette circonstancié.

Le jeune prince, son fils, pria lui aussi avec recueillement, comme devait le faire un élève du collège Stanislas et l'enfant d'un foyer chrétien.

Tous nos hôtes retrouvèrent quelque chose de la vieille France dans les pieux échos de la basilique, dans le parfum qui s'exhale dé ses oratoires, embellis par l'art et par la reconnaissance des pèlerins.

Après l'oraison du comte de Paris, tous les visiteurs vénérèrent dévotement la relique de sainte Anne conservée dans la basilique. Cette relique précieuse fut donnée à Mgr de Montmorency-Laval par le chapitre de Carcassonne, et fut exposée pour la première fois le 12 mars 1670, dans la petite église canadienne de la côte de Beaupré, dont M.

d'Ailleboust, gouverneur de la Nouvelle-

France, avait posé la première pierre onze ans auparavant.

Cette t^glise fut dt^moîie et remplacée, en 1676, par la vieille église actuelle, qui ellemême ne sert plus au culte depuis la construction de la spacieuse basilique desservie aujourd'hui par les Pères Rédemptoristes.

Les visiteurs resjardèrent avec attention le tableau placé au-dessus du maître-autel de l'église, et qui est dii, assure-t-on, au pinceau de Lebrun. Ce tableau est mar jué >nix armes de la famille de Tracy. Il fut donné au sanctuaire de sainte Anne, en 1666, par M. de Tracy, vice-roi de la Nouvelle-France, au retour d'un voyage en Europe pendant lequel il avait failli périr.

Dans la sacristie, on fit voir à Leurs Altesses une riche chasuble confectionnée en grande partie par Anne d'Autriche, et envoyée par la reine elle-même au sanctuaire de Sainte- Anne de Beaupré. On montra a^ssi aux visiteurs une lampe en argent, donnée par M. de LaChenaie ; un crucifix, donné, en 1706, î)Hr le héros canadien Leuioyne d'Iber ville, L-[c , etc.

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Mgr de Laval écrivait, il y a plus de deux siècles : " Nous le confessons, rien ne nous a aidé plus efficacement h soutenir le poids de la charge pastorale de cette Eglise naissante (du Canada), que la dévotion s[>éoiale que portent à sainte Anne tous les habitants de ce pays, dévotion qui, nous TasFurons avec certitude, les distingue de tous les autres peuples."

Les anciens missionnaires avaient aussi inspiré aux aborigènes du Canada une dévotion toute particulière envers sainte Anne. " Pendant pli. s d'un siècle, les Sauvages chrétiens furent dans l'habitude de se rendre chaque année à Sainte- Anne de Be aipré ; ils y venaient en grand nombre de toutes les parties du Canada pour assister à la fête de la patronne du lieu. On voyait alors de longues files de canots sauvages, les uns remonter, les autres descendre le fleuve, et converger vers le rivage de Sainte- Anne, où tout un village de cabanes en écorce se dressait, comme par enchantement, pour abriter les nombreux pèlerins."

Aujourd'hui, les fidèles affluent au pèle-

rinage de Sainte-Anne de Beaupré de toutes les parties du Canada et des Etats-Unis.

Un miracle éclatant opéré dernièrement au sein de notre société de Québec, par l'intercession de sainte Anne, est en ce moment le sujet de toutes les conversations.

Les princes et leur suite remercièrent les bons Pères Eédemptoristes de leur cordial accueil et de leur complaisance. Le train reprit sa course rapide dans la direction de la ville. Les voyageurs firent, commodément assis dans de moelleux fauteuils, le même trajet que le saint évêque de Montmorency- Laval faisait péniblement, il y a deux siècles, les raquettes aux pieds.

Mgr Gagnon avait eu la bonne pensée d'apporter avec lui des manuscrits en langue sauvage écrits par les anciens missionnaires jésuites, et d'autres documents curieux et intéressants eies archives de l'arche v^êché, notamment le manuscrit polyglotte du Père de Crespieul, les prières et chant» religieux du Père Vaultier (1676), reliés en peau de ciribo ; des manuscrits en montagnais du Père

Laiire ; d'autres mnnnscritfl pu nbénaqnÏ!?, en al<^mTiqnin, etc.

Le colonel Parseval examina ces pièces avec un vif intérêt. Pondant ne temps, le comte d'Hanssonville lisait avec admiration des notes écrites par le Père de Cresnieul, le fondateur de la mission de Saint- Charles de Métabetchouane. En 1690, le Père écrivait que "la vie du missionnaire montagnais est un long et cruel martyre." Il traçait ces lignes, " pour la consolation de shs snccesseurs," dans une cabane de Sauvages, à la lueur d'une écorce de bouleau allumée, loin, bien loin de toute civilisation.

Le comte d'Haus-onville fit voir ce manuscrit au comte de Paris, qni, arbres en avoir parcouru quelques pages, s'exclama à demivoix : " Et dire que tons ces travaux sont

perdus pour la France ! Elle était k la

]ieine, ne devait-elle pas être à rhonner.r ?" Ces paroles de regret, les seules qui aient échapi'é an itrince pendant toute sa visite, furent recueillies par des oreilles avides et répétées avec émotion dans les familles. La flamme d'une écorce de bouleau, allumée il

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y a deux siècles, avait fait fondre la glace des convenances officielles ; queLpies lignes d'un courageux missionnaire perdu dans les sauvages régions du Nord avaient fait oublier les exigeances de la diplomatie.

Le duc d'Orléans remarqua avec un plaisir évident, dans un registre que lui fit voir Mgr Gagnon, la signature de Frontenac, l'intrépide guerrier qui, il y a deux siècles (octobre 1690), couvrait les armes françaises de tant de gloire sur le promontoire de Québec.

Pendant tout le trajet de Sainte-Anne à Québec, nos hôtes parurent désireux dp se renseigner sur les détails intimes de notre existence sociale et politique, ainsi que sur les usages, les coutumes et les idées de notre population rurale. Bien des hommes se sont demandé ce que serait aujourd'hui la France sans la révolution de 93. L'état de notre société canadienne ne peut, sans doute, donner la solution de ce problème ; néanmoins il peut aider à étayer des hypothèses, et les investigatioDS de certains esprits d'élite à l'égard du Canada français ne nous sur- |»reniient jas.

Nos hôtes ont dû être frappes du contraste qui existe entre notre population et celle des Etats-Unis. La surface chez nos voisins est très voyante, et étonne bien des étrangers. Ici, il y a des gens d'esprit que ce grMnd éclat n'a ] as su éblouir. M. Siméon Lesage, pour n'en citer qu'un seul, a écrit les lignes suivantes :

" Il s'est rencontré des voyageurs de renom, des correspondants de grands journaux européens qui ont trouvé que le Canada, et surtout la province de Québec, avait une certaine gaucherie native ; que nos institutions sentaient le vieux, (t que notre façon d'être et d'agir accusait moins d'agileté dans l'allure que celle de nos voisins de la grande république. Nous avons laissé dire ces voyageurs:, ces journalistes, et nous n'avons pas essayé de nous corriger, parce que justement la majorité d'entre nous se complaît dans ceite manière d'être et croirait s'amoindrir si elle en changeait."

En se rendant à Sainte-Anne, les voyageurs avaient pu remarquer, le long des grèves, des bateaux de cabotage à demi

couchés sur le tlauc. Les ondes du Saiut- Lauient coulaient à plus 'i'un arpent de distance de ces pauvres épaves. Au retour, les bateaux s'étaient redressées ; les vagues clapotaient sur leurs flancs, et la marée montante envahissait la rive.

Un monarchiste fatig;ué écrivait récemment : " Nous n'avons pas le droit d'attacher la barque qui contient les destinées de la France à un rivage que les flots abandonnent." Avait-il sonoé au reflux ?

Il commençait à faire nuit quand le train arriva en vue de la ville.

Montmorency roulait ses vagues mugissantes ;

Qiiébec faisait briller au loin les feux éclatants de SCS lampes électriques.

A l'intérieur du char-palais, les conversations continuaient avec un demi-laisser-aller discret ec charmant. Le comte de Paris avait causé tour- à-tour avec le juge Eouthier, le juge Casault, le chevalier Vincelette, l'abbé Eaymond Casgrain et quelques autres.

On parlait de la situation des catholiques de langue française aux Etats-Unis, lors-

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qu'un long gémissement de la locomotive annonça l'approche de la gare du Palais et vint couper court à Tentretien,

B^^XQUET ET DISCOURS

Le bu ni pi et du 28 octobre 1890, à la grande salle de l'hôtel Saint-Louis, a j-ris les proportions d'un événement, et les deux cent trente convives qui y figurèrent en garderont un impérissable souvenir.

Jamais peut-être Québec n'a été témoin d'un aussi grand enthousiasme.

Les hommes d'élite de la société de Québec avaient tenu à honneur d'inscrire leurs noms sur la liste des souscripteurs qui offraient un banquet au prince, et si le comité de réception avait pu se procurer une salle plus spacieuse, cette liste eût été doublée et même ti'i]>lée en q'u-lques lieures.

Pour bien des gens, dans l'ancienne France, le comte de Paris, c'est l'avenir >' pour nous c'est le passé, l'incarnation de ce passé glorieux qui vit nos frères se tailler une patrie dans les solitudes de Li forêt canadienne, au cri mille fois répétés de Vive le roy de France !

Nous n'avions rien à voir dans la politique des nations de l'Europe. Cependunt nos ancêtres appelaient leur patrie " le royaume de France, " et nous ne saurions assister souvent à des scènes comme celles dont nous avons été les témoins au banquet du 28 octobre, sans nous exposer à perdre un peu de notre esprit de neutralité.

Plus d'une fois le vieux cri de nos pères nous a monté du cœur à la gorge. Nous avons dû le refouler ; mais avec quel enthousiasme n'avons-nous pas crié : Vive la France I lorsque le descendant et le successeur traditionnel des rois vraiment très chrétiens qui ont créé le Canada parut dans la salle du festin, et lorsque, d'une voix émue, il nous adressa des paroles de sympathie, j'allais dire de paternelle affection, si eu har-

monie avec les souvenirs évoqués par sa présence !

Dès l'entrée du prince dans la salle, les acclamations éclatèrent, et Ton peut s'imaginer ce que dût être un banquet commencé ainsi par une ovation.

La table d'honneur dominait un peu les autres, et la salle entière offrait un gracieux coup d'œil.

Ar. Joseph Frémont, le jeune maire de Québec, présidait le banquet, ayant à sa droite Son Altesse Royale Mgr le comte de Paris, le jnge Casault, le duc d'Uzès, le juge Routhier, le juge Irvine, le colonnel Parseval, l'honorable M. Starnes, M. LaChambre, le colonel Duchesnay, le capitaine Moihain, l'honorable M. Onimet ; et à sa gauche Son Altesse Royale Mgr le duc d'Orléans, l'honorable M. Mercier, premier-ministre, M. le comte d'Haussonville, le juge L.-B. Caron, le marquis de Lasteyrie, l'honorable M. Chs Langelier, le docteur Récamier,et deux jeunes Français d'une grande distinction, IM. le baron de Ravignan, petit-neveu de l'illustre Jésuite, et M. le vicomte de Richeraont,

qu'une noble pensée avait conduit en notre ville 1.

Voici la liste à peu près complète des personnes présentes au banquet, à part Leurs Altesses et les personnages de leur suite :

A. — MM. G. Amyot, avocat, député aux Communes du Canada ; J.-B. Amyot, assistant shérif; Panet Angers, avocat; G. Andrews, négociant ; Thomas Aylwin, avocat ; J.

Allaire, notaire.

B. — L'honorable J.-G. Bossé, juge de la cour d'appel ; MM. J.-A. Belleau, éditeur ; L.-A. Bergevin, négociant ; Eusèbe Belleau, avocat; J.-E. Boily, notaire ; J.-D. Brousseau, ancien maire de Québec ; H. -A. Bédard, courtier; F.-X. Berlinguet, architecte, membre du bureau de commerce ; A. Bourget,

1 M. le vicomte de Richemon prépare en ce moment uu grand ouvrage sur les prêtres français émigrés en ce pays et dans le monde entier pendant la tourmente révolutionnaire de la fin du dernier siècle. On a gardé ici un touchant et profond souN^enir des prêtres éminents par le talent et le savoir, qui, au nombre de quarante-deux, sont venus dans notre Canada français exercer leur zèle infatigable et répandre autour d'eux le parfum de toutes les vertus.

M. Boiirget, Jos. Boivin, assistant-secrétaire de la Province ; A. Bachand, Louis Bilodeau, négociant ; W. D. Baillairgr', architecte.

C. — L'honorable N. Casanlt, juge de la cour supérieure et professeur à l'université- Laval; l'honorable B. Caron, juge de la cour supérieure ; l'honorable A. Chauveau, juge de la cour de police ; MAL F. Carbray, ancien député ; E.-T.-D. Chanibers, journaliste ; L.-A. Croteau, négociant ; Thomas Chapais, avocat et journaliste; A. Côté, Eug. Crépault, avocat ; le représentant du Canadien, le représentant du Courrier du Canada, Th.-Chase Casgrain, avocat et professeur à l'université- Laval ; J.-A. Charlebois, notaire ; H.- J.-J.-B. Chouinard, avocat et député aux Communes du Canada ; J.-A. Corriveau, avocat ; le docteur J.-A. Couture, Victor Châteauvert, vice-président du bureau de commerce ; Aug. Carrier, négociant ; Paul Cousin, architecte ; E, Chinic, négociant ; P. Corriveau, avocat.

D. — Son Honneur le recorder Déry ; MAT.

James Dunbar, avocat, C. E. ; Arthur De-

isle. avocat ; L. Dunn, négociant; A. Dionne,

avocat ; A.- G. Demers, négociant ; Léon Dessane, artiste; A.-B. Dupuis, négociant; C.-C.'J. Dionne, Edmond Du pré, négociant; P.-E. Dumoulin, caissier de banque ; le capitaine W. Chaupsegios de Léry, Gustave de Léry, notaire ; le doctenr Delany, A. Jiichcreau Dnchesnaj^ Stewart Dunn, négociant; G.-T. Davie, J.-B. Delâge, notaire ; Paul de Gazes, secrétaire du département de l'Instruction publique ; A. Tleury d'Eschambault, du département de l'Agriculture ; I.-P. Déry, libraire ; L.-J. Demers, éditeur; V. Dupuis, V. Dionne, P. Debigaré, le lieutenant-colonel Th. Duchesnay.

JK. — Le représentant de VEvénementj le représentant de r£'/eciéitr,J. -G. Eno, rentier.

Y. — MM. J. Frémont, maire de Québec, professeur à l'université- Laval ; Gh. Eitzpatrick, avocat, député à l'Assemblée législative ; Edson Fitch, négociant ; J.-C. Fortin, A. Fontaine, avocat.

G. — MM. J.-U. Gregory, chef du bureau de la marine à Québec ; F. Goudreau, membre du bureau de commerce ; D. Guay, industriel ; Jos. Gauthier, peintre ; G. Gour-

deau, avocat ; Ernest Gagnon, secrétaire du département des Travaux publics ; A. Gabonry, président de la Banque nationale ; J.- H. Gignac, conseiller de ville ; A. Grenier, négociant ; A. -G. Gnilbanlt, registraire du département des Travaux publics ; A. Grenier, négociant ; A. Grenier, notaire ; H.-H. Gnay, employé civil.

H. — M.\r. Philippe Huot, notaire ; Théo. Hamel, négociant; Gustave-F. Hamel, avocat; Henri Hainel, négociant ; S.>Staunton Hatt, du Conseil législatif ; Geo. Hongh, L.-A. Hudon, E.-T. Hankey, rentier ; le major Denis Hudon.

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