INTRODUCTION XIJ
Chassons les congrégations si elles nous gênent . . . Chassons les prêtrfs des écoles où ils nous gênent ; chassons-les des tribunaux, chassons-les des prisons, chassons-les des cimetières ; chassons-les î Chassons-les î Chassons ce qui nous gêne, chassons les magistrats qui rendent des arrêts et qui ne veulent pas rendre des services !
'^ Chassons l'inamovibilité, qui est la sauvegarde de la loi ; chassons le Sénat, s'il nous fait obstacle; chassons les princes, si nous craignons qu'ils nous succèdent ; chassons les !
chassons les !
" Eh bien ! Messieurs, commencez par les princes ; personne ne sait où cela vous conduira ! Jadis vous aviez aussi commencé par les Jésuites ; rappelez-vous où cela vous a conduits.
Commencez par les princes ; les exilés que vous ferez sortiront du territoire ;
XLII IXTRODUCTION
ils seront vos témoins, ils attesteront à la postérité que la France, à l'heure qu'il est, n'est pas maîtresse et sûre d'elle-même .... que la République a peur, et que la lutte, qui dure depuis cent ans entre la révolution du droit qui est 1789, et la révolution de la haine qui est 1T93, mnlgré tant de sang et de larmes, n'est pas encore terminée. "
Toute cette éloquence fut inutile, et la nouvelle loi d'exil fut votée le 22 juin 1886. Il y avait juste quinze ans que l'on avait abrogé l'ancienne.
M, le comte de Paris et Madame la comtesse de Paris venaient d'arriver de Lisbonne, oii leur fille aînée. Madame laprincesse Amélie, avait épousé S. A. R. le duc de Bragance, aujourd'hui roi de Portugal. Après les fêtes splendides et prolongées auxquelles cet heureux événement avait donné lieu, c'était un triste retour au châ-