‹ Le comte de Saint-Germain et ses réformes, 1775-1777; d'après les archives du Dépot de la guerreChapitre 12 sur 36 · HT IU REFORME · texte numérisé non relu

HT IU REFORME

Les lieutenants-généraux chargés d'une Division serviront quatre mois, avril, mai, septembre, octobre, c'est-àdire aux époques les plus favorables aux manœuvres. Les maréchaux de camp, serviront à tour de rôle par semestre du 1er janvier au lor juillet, du 1°'' juillet au lor janvier. Tout officier général employé à une Division qui ne pourrait faire son service serait privé de. son traitement '.

Dans les régiments, les colonels et les colonels en second resteront à leurs corps du 1er mai au 1er octobre. S'ils obtiennent en juillet et août des congés du roi, ils sont tenus de prolonger d'autant leur service qui devra durer au moins six mois par au.

Les lieutenants-colonels et les majors prendront alternativement un congé de semestre. Il suffit que l'un d'eux soit toujours présent au corps. Enfin, les capitaines et lieutenants rouleront ensemble de façon que chaque compagnie conserve au moins en tout temps un capitaine, un lieutenant et un sous-lieutenant.

Tout officier qui abandonnerait son corps avant le jour fixé serait privé de semestre et puni de trois mois de prison 3.

Ainsi devaient lentement, décroître les abus résultant de la multiplicité des congés qui rendaient à peu près impossible toute manœuvre dans une armée déjà sipeum:mœuvrière, et faisaient de la plupart des officiers de véritables étrangers pour leurs propres troupes.

Un disciple indépendant du comte de Saint-Germain, critique souvent judicieux de son œuvre, nous marque bien dans un Mémoire le caractère et l'importance de la réglementation nouvelle. 11 expose ainsi la grandeur et la décadence de l'état de capitaine 3.

' Ord. du 25 mars IT76, titre XI. Ait.. 3. >rd. du 25 mars ITT6, T. XI. Art. 4,7, 8. 1 I). G. < art . Organisation générale. Infanterie. (Mémoire du marquis de Toulongeon).

Autrefois, « un capitaine allait à sa troupe à peu près quand il le voulait. Sur cela, toute espèce de facilité. Etait-il en garnison? Nul assujettissement. Tous les détails portaient sur les subalternes. Les jours de manoeuvres étaient trop rares pour que le retour fatiguât par son uniformité. Aussi le temps du séjour à la garnison se passait dans les plaisirs de la table ou de la société. L'inspecteur arrivait: on lui montrait toujours une troupe belle en chevaux et superbe en hommes dont l'espèce était en général plus belle alors qu'elle n'est aujourd'hui. Le capitaine montait dans sa chaise de poste et le voilà parti.

... «Les choses ont bien changé. Un capitaine est aujourd'hui un homme attaché, garrotté pendant dix-huit mois de suite à une compagnie qu'il gère pour le roi, qui pour cela lui donne 2.400 livres d'appointements. Je ne suis nullement étonné qu'ils soient dégoûtés de leur état quand je réfléchis à ce qu'on a exigé d'eux. Un capitaine ne peut pas dîner hors des murs de sa garnison sans la permission de plusieurs personnes s'il veut en sortir avant midi ; s'il veut découcher, les difficultés sont plus grandes; si c'est pour plusieurs jours, c'est une affaire d'état. »

On conçoit combien cette transformation est dure à la noblesse. Elle a jusqu'ici considéré le grado comme une des prérogatives, mieux encore, comme un attribut nécessaire et inséparable de la naissance. Saint-Germain en fait une profession asservie à des règles étroites et inflexibles. En un mot, c'est le métier militaire qui commence, et rien ne paraissait alors plus choquant aux gentilshommes que de voir ravaler leur condition au niveau d'un métier.

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