‹ Le comte de Saint-Germain et ses réformes, 1775-1777; d'après les archives du Dépot de la guerreChapitre 21 sur 36 · I. ooloAel ou mestrc de carap commandant · texte numérisé non relu

I. ooloAel ou mestrc de carap commandant

La colonel — — on second.

I lieutenant-colonel.

Le major.

Lopins ancien capitaine.

( !e Conseil doit s'assembler une fois par semaine ; ses délibérations sont recueillies sur un registre à ce destiné..

Il a pour mission de veiller au bon ordre et à l'économie des deniers communs; il dresse l'état des fournitures nécessaires au corps, examine et approuve les marchés, fait la balance des recettes et des dépenses. Aucun des membres qui le composent ne peut être chargé d'un achat, mais le Conseil délègue à cet effet des officiers de détail dont il surveille les opérations '.

Une des plus importantes attributions de ces Conseils est de pourvoir désormais, par eux-mêmes et sans intermédiaires, sur les fonds de la masse générale, à l'habillement et à l'équipement des troupes2. Il leur est enjoint d'avoir à se conformer strictement aux différents modèles arrêtés par le roi et envoyés à chaque régiment. Ils sont à cet égard responsables du plus léger changement qui serait apporté dans la coupe, la longueur, l'ampleur de l'uniforme.

Cet uniforme vient de subir d'assez graves modifie j lions. Le comte de Saint-Germain a le premier porté uue main profane sur l'habit à la française. Déjà le maréchal de Saxe avait réclamé pour le soldat « une veste un peu plus ample avec un petit buflle fait en soubreveste, un manteau à la turque avec un capuchon '. » Avec lui, le nouveau ministre se plaint qu'on habille les troupes comme des

1 Marne Ord., même titre, art. 8, - Même Ord., titre II, art. 5.

:: Lois delà Turtii/ui-, \>. 17.

citadins ou des soldats de théâtre. « L'habit du soldat devrait être à peu près en forme de sac ou de redingote-sans aucun pli, descendre jusqu'au défaut du genou et pouvoir se boutonner jusqu'au bas quand il pleut'. » Aussi a-t-il substitué à l'habit traditionnel l'habit-veste « dont les revers peuvent être retroussés et agrafés lorsque le temps permet la parade de l'uniforme, ou couvrir les cuisses quand la saison l'exigera *. » Il y ajoute une redingote de drap, une culotte de tricot, un gilet de toile blanche et une ceinture d'étoffe de laine croisée, la ceinture de course. Toutes les parties de l'habillement doivent être larges, aisées, proportionnées à la taille des hommes.

Ne s'avise-il pas également, au grand scandale des défenseurs de l'ancien uniforme, de déformer les jambes du soldat, — ces jambes que l'Europe nous envie * — en les recouvrant jusqu'au dessus du genou de guêtres de toile blanche ou de laine noire , selon les circonstances ? Il recherche avant tout le bien-être des troupes au détriment n.ême du coup d'œil et de l'élégance.

C'est par une considération de même genre qu'il avait supprimé les casques de l'infanterie et de la cavalerie poulies remplacer par une coiffure assez bizarre. Imaginez un chapeau de laine feutrée, imperméable, en forme de cône obtus et muni de quatre ailes. Ces ailes, d'inégale dimension pour ne pas gêner le port d'armes, sont susceptibles

1 Mcm. de Saint-Germain, p. 202.

2 Ord. sur l'habillement du 31 mai 177G. L'habit à la française fut rétabli par Mootbarey le 21 février 1779.

;; Ces guêtres « font sur la jambe un très mau Tais effet et la nation française, distinguée de toutesles autres par la belle proportiondes jambes, perdabsolumeut Cet avantage à l'œil lorsqu'elle est ainsi cliaussée. » Comte de Broglie, Metz, ïb octobre 1777. D. G. Supp. à la Coi-iesp. (Habillement).— Que de malpropreté cependant «ras les brillants dehors de l'uniforme! « Les bas, les

souliers et les pieds pourrissent ensemble Ce soldat si bien frisé et poudré

à blanc est souvent chargé décrasse, de vermine et de misère depuis la tète jusqu'aux pieds. » Maréchal de Saxe, Lois delà Tactique, p. 14, :10, 31.

de se relever ou de se rabattre en forme de parapluie pour mettre les épaules à couvert au moyen de cordons noués sous le menton '. Ce chapeau étrange, surmonté d'un panache de plumes blanches figurant à peu près une fleur de lys, était destiné à abriter le soldat contre la pluie, l'humidité, le soleil et à le défendre au besoin des coups de sabre.

Accueilli avec une sorte de confusion dans l'armée, il devint l'objet des plaisanteries du public : « Dans le régiment de Royal-Pologne, écrit le comte de Broglie, il n'est pas un officier, pas un cavalier qui ne fit un sacrifice considérable pour le voir réformer \ » On commence à porter, des chapeaux à quatre cornes, disent les Mémoires de Bachaumont, et les petits maîtres ont adopté le matin en déshabillé cette coiffure grotesque 3.

Quant aux cheveux, Saint-Germain n'a pas osé, comme le souhaitait le maréchal de Saxe *, les faire tomber encore sous les ciseaux du frater. Néanmoins, aux cadenettes, au catogan succède le crapaud, petite bourse de laine noire dans laquelle sont renfermés les cheveux ramenés derrière la tète. Les faces doivent former sur les côtés une boucle uniforme assez raccourcie. Elles ont ainsi que le crapaud l'avantage de laisser libres les mouvements de la tête et de ne pas graisser l'habit '. L'usage de la poudre est réservé pour les dimanches, les fêtes et les jours de grande parade.

1 Voir, à la suite de l'Ord, du 31 mai, l'instruction pour le chapeau.

2 Comte de Broglie. Lettre citée plus haut.

3 Ces Mémoires ajoutent : « On la dit excellente pour le soldat eu ce que de la façon dout il se couvrira le chef les cornes latérales ne le gêneront point du côté du fusil; le bord du coté du front sera plus large et se rabattra comme un abat-jour pour garantir les yen» de la poussière, du soleil, et le devant du corps de la pluie. » 18 mai 1778.

* Voir Lois de la Tactique, p. 14 et 15. « Eu campagne les cheveux sont Un ornement très sale pour le soldat, et, quand la saison pluvieuse est une fois arrivée, sa tète ne se sèche plus. »

;; Ord. du 25 mars 1776, titre II, art 27.

Défense expresse d'excéder, j.ar un zèle mal entendu, les bornes raisonnables dans la tenue, de polir les armes ou de vernir les gibernes et les buffleteries.

Comme l'habillement des troupes ept confié aux Conseils d'administration, ces Conseils doivent désormais traiter directement avec les fabricants et fournisseurs. Pour les draps, les approvisionnements se font toujours à Lodève. C'est dans le Gévaudan que se fabriquent les cadis pour doublures et parements. Les tricots forment la principale industrie des campagnes environnant Mende, Marvejols, La Canourgue, Saint-Geniès, Severac. On tire les toiles du Dauphiné, de l'Auvergne, de la Lorraine, de la Bretagne, de la Flandre. Les produits bruts sortis de la main du tisserand sont ensuite apprêtés par les marchands '. En donnant aux corps la mission de commander leurs fournitures, de veiller à leur réception et à leur entretienne ministre espérait se passer même des régisseurs, intéresser les troupes à la bonne gestion de leurs deniers et réaliser par là d'importantes économies 2. Mais on se heurta ici à de nombreux obstacles ; l'inexpérience des Conseils d'administration en matière commerciale, l'absence de concurrence sérieuse, l'incertitude des commandes amenèrent l'augmentation des prix et une altération sensible dans la qualité des étoffes. On fut obligé d'en revenir indirectement à la régie. Un sieur Fabreguette, directeur de la fabrique de Lodève, fut chargé, pour le compte du roi et moyennant une commission de 2 0[0, de centraliser, sous la surveillance de l'Intendant du Langudeoc, la correspondance des régiments, de veiller à la fabrication des draps, de les marquer et de les emmagasiner pour satisfaire au fur et à me-

i D. a. Cart. 36<J5. N» 53. — Cart. 3700. N» 25.

s D. G. 3696. N» 51. Instruction aux Conseils d'administration.

sure aux demandes '. Les mômes précautions durent être prises pour les toiles et les cadis. On s'efforçait par là de ramener à un taux uniforme le prix des achats *.

L'administration des vivres, également mise en régie par Choiseul, était retombée aux mains des entrepreneurs. Le comte de Saint-Germain voulait d'abord la confier aux soins des corps, a C'est la paresse d'esprit et l'intérêt qui ont mis en vogue toutes ces entreprises qui sont ruineuses

pour le Roi et si nuisibles pour les troupes Pourquoi

les régiments ne font-ils pas eux-mêmes leur pain, du moins en temps de paix ? On trouve partout du blé et des moulins. Il n'y a rien de si aisé que de construire des fours où il n'y en a pas, et, si les régiments n'ont pas de boulangers, ils peuvent en former, c'est l'affaire de quatre jours 3. »

Obligé de reculer toutefois devant l'application immédiate de ce projet, le ministre, sur les conseils de MM. de Chamisso et de Guibert, reprit le plan de Choiseul et revint à la régie. Qu'on juge des clameurs soulevées au sein de la puissante compagnie qui avait alors l'entreprise ! « Tout ce que le mensonge et l'imposture purent imaginer d'imputations horribles furent épuisées sur M. de Chamisso. On l'accusait d'avoir reçu de l'argent tandis qu'il avait rejeté avec indignation les sommes considérables qu'on lui proposait pour m'engagera renoncer à mon projet \ » Parmi les plus turbulents avocats des entrepreneurs se faisait remarquer un intrigant de basse naissance qui s'était fabriqué un blason de rencontre et se poussait insolemment partout. Le marquis de Pezay, adroit, insi-

1 D. G. Supp. à la Corrcsp. Saint-Germain à Gribeauval, 10 mai 1777. "« D. G. 3701. N° 70.

* Mémoires de Saint-Germain, p. 1S5.

• Mèm. de Saint-Germain, p. 27. Journal de Hardy, 28 février 1776. Voir un des couplets de la pièce YEionnement,

nuant, très en faveur auprès de Maurepas et de Montbarey, ne déplaisait pas à Louis XVI auquel il avait donné jadis des leçons de tactique. Il s'était faufilé par là aux honneurs militaires « et avait fait rétablir pour lui une charge qui avait été précédemment remplie par trois maréchaux de France '. » Ses menées auprès du premier ministre faillirent mettre en échec sur la question des vivres l'autorité du comte de Saint-Germain. « J'eus dans cette occasion, dit ce dernier dans ses Mémoires, une conversation si ferme avec M. de Maurepas que S. M. ne refusa plus d'approuver ce plan et il eut son entière exécution. » La substitution de la régie à l'entreprise procurait au Trésor une économie d'un million 2.

A part les provinces du centre où le soldat est libre d'acheter son pain sur sa solde, cette régie le lui fournit dans toutes les provinces frontières : Alsace, Lorraine, Province de la Sarre, Trois-Evêchés, Sedan, Champagne, Flandre, Hainaut, Artois, Picardie, comté et duché de Bourgogne, Dauphiné, Languedoc, Roussillon, Provence, Ile de Corse et ville de Brest3. Or, les troupes, sous l'ancien régime, sont en majeure partie cantonnées dans ces provinces.

La ration était ordinairement en temps de paix de

i Voir, sures remuant personnage cl sa prétendue noblesse, Bachaumont. Mémoires, 10 et 11 décembre 1776. — Le Roi l'avait nommé aide-maréchal des Logis de cavalerie et inspecteur-général des côtes. Il a laissé un opéra, des romans, nombre de poésies légères, et, bien que d'après la Harpe il n'entendit pas un mot de latin, une traduction do Catulle et de Tibulle. C'est à lui que Voltaire écrit non sans malice :

Aide-maréchal des Logis Et de Cythère et du Parnasse, On voit que vous avez appris Sous le grand général Horace Ce métier qu'avec tant de grâce On vous voit faire dans Paris.

- Mémoires de Saint-Germain, p. 26.

^ Ord. du 14 février 1776.

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24 onces de pain cuit et rassis, livré au soldat moyennant une retenue de 24 deniers. Une première Ordonnance rendue le 14 février 1776 avait réduit cette retenue à 20 deniers afin que le soldat pût se procurer pour sa soupe une certaine quantité de pain bis-blanc, mais elle n'avait rien changé à la quantité ni à la qualité de la ration toujours composée, d'après une Ordonnance du 1" mai 1758, d'un tiers de seigle et de deux tiers de froment.

Sur ces entrefaites s'élevait une intéressante discussion au sujet de la valeur nutritive de ce pain de munition. Elle était provoquée par un chimiste distingué, par un généreux philanthrope, Parmentier. Pharmacien des armées pendant la campagne du Hanovre, fait prisonnier cinq fois, il avait été réduit à se nourrir de pommes de terre, et, de retour en France, il avait rendu son nom populaire en propageant la culture de ce précieux tubercule. Devenu pharmacien des Invalides ', Parmentier publiait à ce moment même les plus vives critiques contre l'habitude de laisser le son dans les farines destinées à la fabrication du pain.

Peu de temps avant la mort du maréchal de Muy, il lui avait fait remettre un travail intitulé : Mémoire dans lequel on démontre par des expériences et des observations les effets pernicieux qui résultent de l'usage du pain dans lequel on fait entrer une trop grande quantité de son. L'opuscule avait pour épigraphe : Homo miser res sacerrima.

Parmentier prétendait que la substance corticale de tous les végétaux n'avait pas été destinée dans l'ordre de la nature à faire partie de nos aliments. Développant l'axiome

1 Parmentier est mort en 1T96 iuspecteur-général du service de -Sanit- des armées et administrateur des hospices. Il a développé ses idées sur la matière dans Le parfait boulanger ou Traité complet de la fabrication et <lu commerce du pain. Paris 1777, in-8.

de Quercetan : Panis furfuraceus, omnium deterrimus, minimi alimenti, il prétendait que l'excès du son dans le pain était non seulement inutile mais nuisible. « Il élude l'action des dissolvants, de la fermentation, de la cuisson, de la mastication et de la digestion... C'est du son dans le blé et la farine, c'est du son dans le levain et dans la pâte, c'est du son dans le pain, c'est du son dans la bouche et dans l'estomac, c'est du son dans les entrailles et dans les déjections \ »

Il insistait, dans un Mémoire supplémentaire remis au comte de Saint-Germain, sur la putréfaction rapide du pain ainsi fabriqué. Il prétendait que le son conservait l'humidité, facilitait la fermentation et accélérait la moisissure. Il ne l'admettait donc dans la fabrication du pain qu'en petite quantité et après un blutage préalable des farines. « Le son en petite quantité donne de la liaison au pain, le rend plus sapide, plus aisé à être divisé et dissous par les sucs digestifs, plus convenable et plus analogue aux hommes occupés à des travaux forts et violents dont la dissipation est continuelle et qui ont besoin d'une nourriture solide qui tienne dans l'estomac 2. Il préconisait en conséquence la mouture économique qui, « loin d'être l'art de faire manger le son avec la farine, est l'art de faire la plus belle farine, d'en tirer la plus grande quantité possible, d'écurer les sons sans les réduire en poudre, et de les séparer des farines par le moyen d'une bonne bluterie '. »

Ces Mémoires furent présentés également à Turgot et soumis par lui à l'Académie des Sciences où ils soulevèrent d'assez vives critiques *. Un chimiste, membre de cette

1 Mémoire au maréchal de Muy, juillet 1775, p. 60. - Mémoire au comte de Saint-Germain, p. 186. 3 Mémoire au comte de Saint-Germain, p. 85,

* A peu prés vers la même époque, le comte de Broglie soumettait à H. fle Saint-Germain les résultats d'une assez curieuse expérience sur l'emploi des

ET SES RKFORMBS 221

assemblée, M. Sage, chargé par le ministre de la guerre d'expériences comparatives, soutint que le son contenait moitié de son poids de matière alimentaire soluble dans l'eau et que le reste de la partie corticale était analogue à la substance glutineuso. Il soutint que l'excès du son ne pouvait pas amener la putréfaction. S'appuyant sur l'autorité de Malouin l, il prétendit qu'on ne devait pas bluter les farines pour le pain do munition de peur d'enlever avec le son le gruau qui en est la meilleure partie. Il concluait à l'innocuité du son et même à ses propriétés alimentaires puisque le son n'était, à ses yeux, que du gluten épaissi et desséché *.

La querelle s'envenima. Parmentier riposta avec aigreur à M. Sage. Il lui reprocha de le plagier en le critiquant.

11 vanta de nouveau les heureux effets du blutage et prétendit que le pain de méteil, formé moitié de seigle et moitié de blé avec extraction de son, composait un ali-

poudres nourrissantes préparées par un sieur Bouche, chirurgien-major du régiment suisse de Salis :

« Quatre particuliers de cette ville bien portants et de différents âges ont été choisis a cet effet et ont été nourris pendant douze jours, à compter du

12 septembre jusqu'au 23 inclusivement, avec six onces de cette poudre par jour, divisées en trois distributions, n'ayant bu chacun qu'une chopine de vin a iliaque distribution pendant les quatre premiers jours, une chopine de bien: pendaut les quatre suivants, et de l'eau pendant les quatre jours derniers. Ce premier essai a bien réussi, mais il était bien essentiel de s'assurer si, aveu ilo l'eau pour toute boisson, cette même subsistance serait suffisante; eu conséquence, on a répété cette épreuve depuis le 12 octobre dernier jusqu'au 23 dudit sur quatre autres hommes dont ou a constaté l'état régulièrcmeut chaque jour, qui ont travaillé et qui n'ont pas ressenti la plus légère indisposition, ce qui est constaté par le procès-verbal de cette opération qui vous a été en voyé.

« Cette poudre nourrissant.', M. le comte, peut se conserver bien longtemps, puisque celle dont ou s'est servi pour cette épreuve est faite depuis plus de vingt ans, a été portée jusqu'aux extrémités de l'Allemagne et en est revenue sans la moindre altération. On assure même, parles calculs qui ont été faits, que le prix de chaque ration n'excédera pas le prix ordinaire du pain du soldat. » D. G. Supp. à la Corresp. (1" décembre 1775).

• Malouin. Art de la boulangerie, p. 237.

- Analyse des Blés et expériences prop>-es à faire connaître la qualité du froment et principalement celle du son de ce grain, par M. Sage, des Acad. Roy. des Sciences de Paris, de Stockholm et des Acad. Imp. et Klect. de Matence. Paris. Impr. Royale, 1770.

ment à la fois sain et savoureux ' et bien supérieur au pain de munition jusque-là fabriqué.

Ces arguments prévalurent. Préoccupé de tout ce qui pouvait contribuer au bien-être du soldat, le ministre décida, par Ordonnance du 22 mars 1776, que la ration de pain serait composée désormais de moitié froment et de moitié seigle, dont la farine aurait été blutée à raison de vingt livres de son extraites par sac de grain de 200 livres. Et comme ce pain revenait nécessairement plus cher, on éleva de nouveau à 24 deniers le prix de la ration.

Le prince de Montbarey ne jugea pas à propos de maintenir cette Ordonnance.il trouva les procédés de la fabrication nouvelle difficiles et embarrassants, la culture du seigle insuffisante en France et ce grain peu nourrissant 2 ; il décida en conséquence que le pain serait comme auparavant composé de 3/4 de froment et de 1/4 de seigle, sans blutage. On en revint en un mot à ce que, dans sa langue imagée, le troupier a nommé la boule de son.

En consentant à remettre à des régisseurs l'administration des vivres qu'il voulait confier aux corps, le comte de Saint-Germain avait dérogé à ses idées favorites. Il y revient lorsqu'il fait rédiger les règlements concernant les remontes et les fourrages.

Il donne aux Conseils d'administration de la cavalerie la charge de remonter leurs régiments. L'état des chevaux dont le remplacement est jugé nécessaire est dressé par ces Conseils et arrêté par les lieutenants-généraux commandant les Divisions 8.

Aucun prix n'est fixé par le roi '. Les Conseils sont

1 Mémoire Je Purmcntier, p. 167. Réponse M'Analyse des Blés.

? Mém. dé Bachaumont. V. XII, p. 166 et 167.

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