‹ Le Comte de Saint-Germain [microforme]Chapitre 16 sur 53 · LE DEJEUNER · texte numérisé non relu

LE DEJEUNER

“Quatrième couplet !” dit Fanfan-la-Tulipe. Et il cntonna de la même voix dont il venait de chanter Jes trois premiers :

Tiens, serre ma pipe Garde mon briquet, Et si la Tulipe

Fait le noir trajet, Que tu sois la seule Dans le régiment Qu’ait le brûle-gueule De ton cher z'amant !

Et retirant sa pipe de sa bouche :

“Nanon, reprit le sergent, tu la garderas si je suis tué demain, pas vrai ?

— Voulez-vous ne Pas dire cela! dit Armande en frissonnant. Supposer qu’on peut mourir ?

—Ah! bah! c’est notre affaire À nons autres soldats ! On pense à cela Comme à s’aller coucher. A propos, continua le “Tgent on se troné&ant la M@ustache, En quelle qualité suivez-vous l’armée ?

—Moi, dit Roupart, je suis fournisseur... à peu

près: tel que vous me vovez, je snis dans la bonneterie, la chemiserie et le maillot.

—Et Madame votre épouse vous accompagne ?

—Comme vous voyez.

—E: vous, Madame? continua le sergent en s’adressant à Mme Joncières.

—Moi, dit Armande, je suis dans la parfumerie.

—Ah! mais on ne se parfume pas à la guerre.

— Aussi ne suis-je pas venue pour faire du commerce.

—Pour vous promener? demanda Nanon.

—Pour accompagner une pauvre jeune fille qui partait avec son père. ÿ

—La fille d’un soldat ?

— Non, la fille du coiffeur du roi, de M. Dagé.

— Ah! le coiffeur vient à l’armée.

—Sans doute, puisque le roi y vient.

—Ah! cest juste, dit le sergent, mais pourquoi le coiffeur a-t-il amené sa fille ?

—C’est elle qui a voulu venir, dit Ursule, pour voir son frère qui est soldat lui.

— Ah! Dans quel régiment ? demanda Fanfan-la-Tulipe.

—Dans le régiment de: Grenadiers de France, la compagnie du comte de Hanteroche.

—La compagnie du comte de Hauteroche! dit Nanon. J'ai donné à boire hier aux soldats.

—Alors vous avez peut-être vu Roland, dit Armande. Un grand garçon, beau et bien fait, châtain-blond et l'air bien triste.

—Et des mains blanches, et la peau blanche ?

—Ohi !

—Ah! je lai vu. Je crois ien qu’il a l'air triste, le Pauvre garçon. Ses camarades disent qu’il ne parle jamais et qu’il ne désire qu’une chose, c’est se faire tuer !

—Ïl est donc bien malheureux ?

nttutitners

p' THE ps

brat

Page 1