LA NUIT DU 9 MAI
C'était sur la rive droite de l’Escaut, dans la partie de la piaine resserrée entre Antoing et le bois de Barri, et au centre de laquelle eet le village de Fontnoy, qu’étaint cainpés les deu: tiers de l’armée française, L'autre Liers occupait toute la rive gauche de l'Escaut, La Communication entre les deux rives était facilement établic par un pont assez large pour que la cavalerie et l'artillerie y Passassent, et qui aboutissait au petit bourg de Calonne, bâti sur 1n rive gauche. Ce soir-là. il était dix heures, et on était le 9 mai 1745.
Dans les deux Camps toutes les lumières étarent éteintes afin de ne pas permettre à l'ennemi de voir ce qui Pouvait s’y passer, Un profond silence régnait. Les sentinelles et les postes avancés veillaient seuls; l’armée entière retrempait dans le sommeil les forces dont elle allait avoir besoin.
À Calonne seulement, il y avait quelques fenêtres éclairées. Devant la porte de la maison placée près du Pont, se tenait un groupe de soldats immobiles et silen- Cieux. (étaient des Gardes du Corps. Leurs chevaux étaient attachés à des Anneaux scellés dans la muraille de la maison. Cinq valets promenaient au pas cinq autres chevaux tout harnachés, allant et venant sur le bord du fleuve sans s'éloigner de la maison.
Deux hommes appuyés sur le Parapet du pont cau. saient À voix basse, (Ces deux hommes étaient sombrevent vêtus; ils portaient de grandes bottes et une lon gue épée.
“Vous n'avez pas perdu de temps, mon cher Tavanne, Pour arriver aussi vite! disait l’un.
—J’ai crevé trois chevaux, mon cher Créqui, mais j'en eusse crevé dix Pour arriver à temps. Corbleu! si on s'était battu sans moi je ne me serais jamais consolé,
—Ah! dit Créqui. Le roi !”
Il y eut un grand mouvement parmi ceux qui étaient là. Le roi venait de franchir le seuil de Ja inaison : les Gardes du Corps s'étaient élancés sur leurs chevaux et avaient pris rang. On amena les chevaux du roi et du dauphin et ceux des princes et des seigneurs,
Le maréchal de Saxe S'avançait près du roi. I] paraissait marcher avec peine,
“Restez, mon cher Maurice dit Louis XV en posant le pied dans l'étrier.
—J’accompagne le roi! répondit le maréchal.
— Vous êtes souffrant : vone avez fait dix fois plus Que Vous n’eussiez dû faire, il faut prendre du repos. Après demain nous aurons tous besoin que vons avez toutes vos forces.
—La force de l'armée est dans votre présence, sire.
-—Et la victoire dans vos mains, maréchal.”
Et comme on faisait approcher le cheval de Maurice de Saxe:
“Restez! ne venez pas! reprit Louis XV.
—Je suis désolé de désobéir À Votre Majesté, répondit Maurice, mais je ne la quitterai pas.
—Allons, dit le roi en souriant, faites ce que vous voudrez, monsieur, Vous êtes ici le maître ”
Le roi, le dauphin, le maréchal. !:s princes et les seigneurs montèrent à cheval. Mar:.0 était à la gauche du roi et le dauphin à sa droite.
On était à la tête du pont.
“Sire, dit le maréchal, ne traversons pas encore le pont: suivons la rive gauche de l'Escaut et visitons le: corps de réserve. Ensuite nous reviendrons à l’armée active.
—Commandez, maréchal, nous obéirons.”
Maurice se rapprocha du roi.
“Sire, reprit-il à voix basse, il faudrait que Votre Majesté congédiât les (Gardes du corps d’escorte dont elle n’a que faire au milieu du camp, et la plupart des gentilshémmes qui l’entourent en ce moment.
— Pourquoi ?
—-Parce que personne n'est informé de la visite noclurne que vous allez faire, sire, ot qu'il est très important que nous surprenions les corps, les sentinelles, les postes avancés dans leur état de veille ordinaire.
Le roi fit un signe affirmatif. Se retournant sur sa selle, il appeia du geste le chef des Gardes du corps et il Jui donna à voix basse un ordre rapide,
Le capitaine commandant revint vers ses hommes. Quelques instants après ils rentraient tous dans la maison qui faisait face au pont et dont Louis XV avait fait depuis deux jours sa résidence royale,
Le roi s'adressant alors à ceux qui l’entouraient :
“Messieurs, dit-il, votre service est fini pour cette nuit. Prenez chacun le repos nécessaire pour supporter dignement les fatigues glorieuses qui nous attendent. Je ne rctiens auprès de moi, pour cause de service, que MM. de Conti, de Noailles, de Richelieu, de Grammont, de Créqui, de Tavanne et d’Argenson.”
Tous les gentilshommes non nommés saluèrent le roi Sans mot dire et se retirèrent,
Le roi, placé entre Maurice et le dauphin, s’avançait au petit pas de sa monture, regardant et examinant attentivement tout autour de lui. Le prince de Conti et d’Argenson, le ministre de la guerre, venaier ensuite.
Derrière eux, à quelques pas, S'avançcaient MM. de Noailles, de Richelien, de Grammont, de Créqui et de Tavanne.
Le petit cortège atteignit la dernière maison de (a- ‘nine, là dépassa et tourna à gauche, remontant le cours de PEeaut. Six mille hommes étaient campés là. Le Can} tait parfaitement organisé.
“Sire, dit le maréchal, en guerre, Ja première chose Qu'il faut prévoir, c'est la défaite. En cas d’insucces
- un général doit être en mesure d'asurer Ja retraite et d'avoir la faculté de rallier facilement ses troupes.
—(C'’est sagement penser! dit le roi en approuvant avec un signe de tête.
—La bataille va avoir jieu sur l'autre rive de V'Es- Œaut, continua Maurice. La rivière est une barrière infranchissable, ct nous possédons le seul pont qui peut aider à la franchir.
—Le pont de Calonne ?
— Oui, sire. J'ai fait établir, en avant du pont, une tête en double couronne et Jai gardé ici la réserve. Quand la bataille aura lieu, vous serez sur l'autre rive, 5, Mais si le danger devenait imminent, vous devriez aussitôt, ainsi que monscigneur le dauphin, vous retirer par ce pont, sous les retranchements duquel, l’armée, de si près qu’elle fut poursuivie, pourrait se rallier.
-—Mais, répondit le roi, qu'est-ce que j'aperçois, 1à, à l'extrémité du camp, sur le bord de F'Escaut ?
—Une batter,. de six pièces de seige placée sur la rive du fleuve.
—Dans quel but? Nous n'avons point l'ennemi à relouter de ce côté, et le passage de l’Éscaut ne paraît pas possible à tente: à l'autre rive ?
—Non sire, mais, en face, de l'autre côté, est le village d’Antoing sur lequel la droite de otre armée sera appuyée.
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—QOui.
— Entre Antoing et la rivière il y a le commencement de la plaine de Péronne. Si l’ennemi parvenait à tourner Antoing, ce qu’il tentera en dépit du feu des redontes, il prendrait notre droite en queue et Ja placerait ainsi entre deux feux.
—C’est vrai,
—Ces six canons que J'ai fait placer Jà empêchent cette manoeuvre, La batterie prend la plaine de Péronne en écharpe, et je défie à une colonne de tenter le Passage, car les canons sont à l’abri derrière le fleuve, et ils peuvent tirer facilement sans crainte d’être enlevés par l’ennemi.
— Ensuite, monsieur ? dit le roi.
——Nous allons, sire. revenir sur nos Pas, passer le pont et aller visiter Fontency, Antoing et les bois de Barri.”
Le petit cortège fit volte face ot traversant une seconde fois, en sens inverse, Je Camp silencieux, il se dis- Posa à gagner la ville.
Cà et là, étendns sur la terre, autour des tentes d’officicrs ou auprès de feux éteints, dormaient les soldats, leurs armes on faisceaux à leur portée. De distance en distance, des postes veillaient ot Partout, sur toute la ligne, des sentinelles faisaient bonne garde.
Le roi voulut faire Je tour de C'alonne Pour se rendre compte de la situation du terrain.
Sur la gauchesde Calonne étaient les Charrois de l’armée, les bagages, les Magasins, les entrepôts, les ambulances. LA, bien qu'il fut tard, il y avait des feux allumés. Car à où étaient campés les charrois la tranquilité n'était PAS à même que là où étaient campés les soldats.
I y avait tout un monde peu habitué à Ja discipline qui grouillait dans cet espace encombré par des charrettes, des fourgons, des voitures de tout genre et de
toutes sortes, par des chevaux. des ânes, des mulets, par des montagnes de caisses de ballots, de tonneaux, de sacs énormes.
Des tentes, des bâtiments en toile, d'autres en bois léger, des abris de mille espèces différentes se dressaient çà et là. Des matelas, des couvertures, Zos oreillers, des traversins gisaient sur le gazon, sur la route. Des chandelles plantées dans des lanternes, collées le long des troncs d'arbres, des torches piquées dans la terre, des lampion: projetaient sur l'ensen.ble une iueur douteuse et rougeâtre, qui donnait à ce fouillis de gens et de choses l'aspect d'un véritable chaos.
“C’est curieux à voir cela ! dit le roi.
—N'avancez pas, sire! dit vivement le maréchal. Vous allez être reconnu, et J'aurais beau dire et beau faire, vous serez accalmé avec une verve qui va réveiller le camp ennemi.
—Eh mais! dit le dauphin. 1] y a là des gens qui dansent !”
Le jeune prince (le dauphin avait seize ans alors), ne se trompait pas.
Un son de flûte, mélangé à celui d’une cornemuse, que s’efforçait d'accompagner un violon peu harmonieux, retentit derrière une cahutte de planche, et à la lueur des chandelles, on aperçut, se projetant sur le sol, l'ombre des danseurs et des danseuses battant des entrechats à qui mieux mieux.
“Is se donnent un bal! dit le duc de Richelieu en s’avançant.
—Ce doit être des bourgeois de Paris qui dansent là! dit Louis XV.
— Evidemment, sire, 1] n'y a qu'eux capables de Sauter aussi gaiement, la veille d’une bataille,
——Sire, vous allez être reconnu! répéta le maréchal.”
Le roi voulut reculer: il n'était plus temps. A la vne
Era
des cavaliers apparaissant dans la nuit, quelques personnes s'étaient approchées.
“Ah! dit l’une. C'est 18 roi!
—Le roi! répéta une autre voix.
—Le roi! dit une troisième.”
Un groupe se forma autour de Louis XV avec une rapidité étonnante, et toutes les mains se levaient, tandis que toutes les bouches s’ouvraient pour crier...
“Silence !” commanda brusquement le maréchal de Saxe, en étendant son. épée nue.
Le cri qui allait être lancé expira sur les lèvres. 11 y eut ün murmure, et ce fut tont. Le maréchal promena sur l'assemblée un regard sévère.
“Ne criez pas! le roi le défend ! reprit-11.
Puis s’apercevant de l'embarras, de l'inquiétude de tous ces gens qui ne savaient Pas ce que signifiait cette brusque et impéricuse défense, de saluer le monarque Bien-Aimé, le maréchal changea de ton.
“Si je vous impose silence, mes amis, dit-il, ce n’est Point pour vous empêcher de manifester votre amour pour notre roi, mais c’est que vos cris, se prolongeant, éveilleraient l'attention de l’ennemi qui n’est pas loin.
—Alors, dit une voix. On peut crier tout bas, en dedans, pourvu que cela ne fasse pas de bruit ?
— Oui,” dit le maréchal.
La voix cria :
“Vive le roi !”
Mais ce cri de: Vive le Roi! fut prononcé à un dia- Pason si peu élevé, qu’il ne pouvait être entendu à dix pas. Tous les assistants répétèrent le même cri sur le même ton.
“Très-bien !” + Je maréchal,
En ce moment une femme, se glissant dans la foule, accourut et vint se jeter à deux genoux devant le roi.
“Sire, dit-elle, accordez-moi une grâce.”
Cette femme qui demeurait les mains jointes, le re-
gard suppliant, le visage inondé de larmes, c'était Ar. mande Joncières la parfumeuse.
Louis XV la regarda avec étonnement :
“Lelevez-vous ! dit-il, et dites-moi quelle est la grâce que vous sollicitez. Que voulez-vous ?
— Rien pour moi, sire répondit Armande, I] s'agit
‘ne fille que Votre Majesté connaît.
— Une jeune fille que je connais ?
—La fille de Dagé.
—Îl s’agit d'elle ?
—Vui, sire. En ce moment elle est à Saint-Amand.
—Je le sais: Dagé me l’a dit.
—Mais ce qu’il n’a pu dire à Votre Majesté! car il ne le sait pas, c’est que la pauvre Sabine est malade, bien malade hélas! si malade même qu'hier elle n'a pu ni marcher, ni se tenir sur un cheval, et cependant elle veut venir, elle sait que la bataille va avoir lieu, elle sait que son frère veut se faire tuer, et elle aussi veut mourir, si elle ne vient pas Pour voir une dernière fois Roland.
Dagé m'a fait part de tous ses chagrins, dit Louis XV, je n’ignore rien de tout cela, mais que puis-je faire ?
—Sire, reprit Armande après un silence, je voulais ce soir partir pour Saint-Amand avec une voiture, des matelas pour y étendre Sabine et la ramener près de nous et près de son frère. Elle est là-bas, privée de soins, et, dans l'anxiété de ln bataille, elle mourra si je n'arrive à temps.
—Qui vous empêche de partir ?
— Hélas, sire! l'artillerie a pris nos chevaux, puis il est défendu à une voiture de sortir d'ici et les routes sont gardées: si je pouvais Partir je ne sais quand j'arriverais ni quand je reviendrais. Aus: je supplie à deux genoux Votre Majesté, de m'accorder la grâce d'aller chercher la pauvre Sabine.
— Quand voulez-vous partir?
—Oh! tout de suite, sire, si vous le permettez.
—Je le permets et je vais donner des ordres.”
Tavanne qui, de même que les seigneurs qui accom- Pa£naient le roi, avait tout entendu, s’avança vivement.
—$Sire, dit-il, je m’intéresse beaucoup à cette petite Sabine Dagé et je serais heureux d’être chargé de l’exécution des ordres que Vous voudrez bien donner.
— Faites, vicomte, Qu'on attèle sur l’heure une de mes voitures, que madame Y Monte, et que sous bonne scorte elle se rende immédiatement à Saint-Amand. Elle ramènera Sabine Dagé, et au retour elle l’installera dans une chambre de la maison que j'habite à Calonne et que Binet mettra à sa disposition.
—Où! sire! dit Armande en levant ses mains jointes vers le roi.
— La Peyronie! appela Louis XV.
—Sire? répondit Je chirurgien en s’avançant.
—Vous allez vous rendre à Saint-Amand...
— Désolé de vous désobéir, sire, mais je n’irai pas.
—Hein? fit le roi, avec une expression de hauteur qui fit frissonner jes assistants,
La Peyronie demeura impassible.
“Sire, Git-il, simplement, je ne vous quitterai qu’après la bataille ! Jusqu'à ce moment je ne vous perdrai pas de vue l’espace d’une minute.”
Le roi sourit : i] comprenait tout lc dévouement qu’il Y avait dans cette ténacité du chirurgien qui, au. moment du danger, ne voulait pas se séparer de lui.
“Cette jeune fille est malade cependant. reprit Louis XV, il lui faut des soins.
—Elle en aura. Je vais donner l’ordre à un de mes aides de partir pour Saint-Amand avec madame, et il accompagnera Sabine Dagé au retour.”
Le roi fit un signe d'approbation.
“Mon cher Tavanne dit Je Maréchal de Saxe, puisque
vous voulez bien vous occuper de cette affaire, avez l'obligeance de choisir l’escorte que vous enverrez, dans le régiment des Chevau-légers qui est à l'entrée de Calonne: vous Y joindrez trois gardes françaises et un sergent qui monteront sur le siège de la voiture, ceux qui sont de service dans la ma'son du roi, cette nuit. Les sergents connaissent les mots d’ordre ct les mots de Passe qu’il y a à échanger cette nuit sur la route.
—C’est convenu! dit Je roi à Armande qui ne pouvait retenir ses larines de reconnaissance,
—-Dans dix minutes je vais vous prendre en sortant de Calonne, dit Tavanne à Mme Joncières.
Tavanne partit au galop.
Le roi adressa de la main un salut amical à ceux qui l’entouraient, puis il s'engagea avec le dauphin, le maréchal et les seigneurs de l’escorte dans la rue de Ja Ville .qui aboutissait au pont.
“Vive le roi !” répétaient à voix basse CCUX qui avaient crié déjà. ‘
Tous étaient demeurés immobiles, les regards rivés sur le petit cortège qui disparut dans l’épaisseur des ténèbres.
Quand on ne vit plus rien, Armande ct Ursule se jetèrent dans les bras l’une de Fautre avec une tendre effusion :
“Oh! dit A rmande, que Louis le Bien-Aimé est Louis le bien nommé!
— Vous allez partir ?
—Tout de suite!
—Pauvre chère Sabine!
—J'avais peur de Ja laisser là-bas!
— Elle est si malade!
—Ce n’est pas cela seulement.
— Quoi donc encore ?
—Ce matin, quand j'ai quitté Sabine, j'ai rencontré un homme qui avait un visage si farouche, que cel
NE
m'a fait peur, car ce vilain homme avait les yeux fixés sur la maison de Sabine !
— En vérité? Et quel est cet homme ?
——Je ne sais pas, mais je me suis senti le coeur serré en le voyant.
—Ah! la pauvre enfant !
Elle qui a eu tant de malheure, vous comprenez, m° chère ?
—Je crois bien! Mais heureusement que vous allez être dans une voiture du roi: il n’y aura pas de danger.
—Et puis j'aurai une escorte!
—Que je commanderai! dit une voix.
—Ah! monsieur la Tulipe !”
C'était effectivement le sergent qui venait de quitter l'abri d’un auvent en planches, derrière lequel il s’était jusqu'alors tenu caché.
“Vous étiez là ? dit Roupart. Et vous n'êtes pas venu voir le roi ?
— T1 y avait avec le roi, le maréchal et je me suis tenu coi à l’écart sans faire un mouvement.
—Le maréchal voue fait peur.
— Non! mais j'étais de service ce soir à Calonne, j'ai mangé la consigne pour venir pincer un rigodon avec les aimables parisiennes dans ce séjour de bonheur, et si le maréchal m'avait aperçu, il m’eut reconnu, et sil m'eut reconnu il m’eut puni sans dire: gare! Or, je connais le maréchal et il me connaît, il aurait été capable de me flanquer dans la réserve pour me punir! Fanfan-la-Tilipe dans la réserve un jour de bataille! Cré mille... tout ce que vous voudrez! j'aimerais mieux avaler mon sabre de bout en bout, savez-vous bien !
— Alors vous vous êtes caché ? Es ve
— Oui. Et maitenant que Sa Majesté est passée avec le maréchal, je file et je contre file. Je pince un entrechat de longueur jusqu’au poste, un battement pour pas-
ser par la fenêtre et un chassé-croisé pour grimper sur la voiture et commander l’escorte. Je vais aller chercher la jeunesse avec vous, ma belle madame Armande eu si, par hasard, nous rencontrons sur la route le particulier à la mine de chat fâché dont vous avez parlé ; je le découpe aussi proprement que j'ai découpé le poulet dont auquel nous avons fait honneur ce soir !”
En achevant ces mots, Fanfan-la-Tulipe fit une pirouette, une révérence à la troisième position et, s'élançant, il disparut dans la direction de Calonne.
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