‹ Le Comte de Saint-Germain [microforme]Chapitre 21 sur 53 · LE SAULE · texte numérisé non relu

LE SAULE

Enveloppé dans les plis de son grand manteau, le knès avait traversé le Camp anglais sans adresser une parole à lofficier qui l'accompagnait, Il atteignit l'endroit où il était descendu de cheval : un soldat se promenait à peu de distance tenant l'animal par la bride. L'officier adressa, en anglais, quelques mots au soldat et au sous-officier qui commandait l'avant poste, puis il salua le knès et il se retira.

Le knès monta à cheval et quitta le camp sans rencontrer le moindre obstacle. Reprenant en contre-sens la même route qu'il avait prise pour venir, il traversa la grande plaine qui s'étend du bois de Barri à Leuze et à Tournai.

La nuit était devenue plus noire, plus obscure, plus profonde. Bientôt il atteignit la porte de la ferme. Cette porte était encore ouverte. Il entra...

Le même homme, qui avait mené le cheval au knès, veillait dans la cour. Le knès mit pied à terre, Sans s'occuper ni du cheval ni de l'homme, il quitta la ferme et reprit à pied Je sentier qui conduisait à l'Escaut. Des haies vives, de hautes herbes, des bouquets de bois touf.. fus abritaient ce sentier tracé en contre-bas des champs, On entendait le murmure incessant du fleuve. Bientôt

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On aperçut les rides d’écumes blanches se dessinant sur la teinte noire des eaux.

Le knès posa le pied sur le surplombement de terrain sous lequel il avait caché son bateau et, se baïssant, il se laissa glisser sur ja berge humide.

[ prit la corde et tira doucement : le batelet glissa et s'approcha.., Le knès Passa rapidement la corde de la main droite dans la main gauche, et saisissant nn pistolet, il se recula d'un pas...

C’est que dans le fond de la barque, le knès venait d’apercevoir une ombre noire étendue, et que cette ombre était celle d’un homme. Les craquements de la batterie de l’arme. retentirent sèchement dans le silence. L'ombre se dressa : le knès abaissa le chien du pistolet. “Ah! c’est toi! dit-il.

— Oui! répondit l’homme qui demeurait debout dans bateau.

—Tu m’attendais ?

—Depuis une heure.

—Tu savais done où j'étais ?

—Tu étais au camp anglais, Tu as passé l’Escaut il Y a deux heures: tu as pris ton cheval à la ferme, tu t'es rendu au camp. Lord Campbell fa conduit près du duc de Cumberland, auquel tu as révélé tout ce que le comte de Charolais avait appris de son frère le prince de Conti. Le due de Cumberland avait voulu te faire arrêter, puis il t’a rendu la liberté, se contentant de garder par devers lui la jeune femme que tu lui as confiée. Est-ce cela ?”

Le knès regarda son interlocuteur avec un profond étonnement.

“Est-ce cela? répéta l’homme qui demeurait impassible.

— Oui! dit le knès.

—Tu ne dois donc plus t'étonner de me trouver ici.

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