‹ Le Comte de Saint-Germain [microforme]Chapitre 3 sur 53 · LA RESTITUTION · texte numérisé non relu

LA RESTITUTION

On pense si la stupéfaction était grande. Danseurs, danseuses, musiciens, figurants, figurantes semblaient douter de ce qu'ils voyaient.

Poulailler qui paraissait se trouver à l’aise tout autant qu’un grand seigneur habitué de l'Opéra, Poulailler se rapprocha de Mlle Allard.

‘ Ma divine amie, lui dit-il, je vous demande humblemert pardon d’avoir gardé aussi longtemps ces bijoux, mais si je voulais vous les rendre, je prétendais que Tournehem les rachetät. Croiriez-vous que ce Mondor de la finance a fait des difficultés ! Je Jui avais écrit, il ne m’a pas répondu. Trouvant son silence peu convenable, j'ai envoyé près de lui un ami dévoué qui me l’a ramené, ce matin même. Tournehem a bien fait quelques petites difficultés Pour venir, mais la politesse déployée Par mon ami a triomphé et l'ournehem a rachetés les diamants, juste au prix Coûtant ; javais les factures et je ne voulais pas de bénéfices. I1 m’a remis un bon sur sa caisse ; j'ai envoyé toucher pendant que nous continuions à causer. Je lui ai offert à déjeuner, mais il n’avait pas faim. On est revenu avec les fonds et mOn ami a reconduit Tournehem Pour être cer-

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tain qu’il arriverait à bon port. Alors j'ai fait atteler, et vous sachant à l'Opéra, je me suis fait conduire ici. Voici vos diamants, ma toute belle, et comme je vous ai fait attendre longtemps et qu'il est juste que jè reconnaisse mes torts, je me suis permis de joindre à cette parure de diamants des boucles d'oreilles en émeraude que je vous supplie de garder en mémoire de moi.”

En achevant ces mots, Poulailler prit dans la poche de son habit un écrin de velours qu’il présenta tout ouvert à Mile Allard et qui renfermait les plus admirables cabochons qu'une femme pût avoir. Ils étaient montés avec ne perle noire superbe.

Mlle Allard tenait dans sa main droite l’écrin de diamants ouverts et dans sa main gauche l’écrin des émeraudes, Elle semblait éblouie.

‘Oh ! murmura-t-elle, c’est trop beau, c’est un rêve...

— Que c’est beau.” s’écria Noverre qui voyait scintiller les diamants.

Poulailler se dirigea vers un domestique en livrée qui attendait dans les coulisses : il prit deux Cornets de papier que le valet tenait à la main, et revenant vers Sallé et Camargo qui semblaient fascinées et qui ne le quittaient pas des yeux :

‘” Mesdemoiselles, dit-il en s’inclinant, vous avez daigné accepter les roses qu’en janvier dernier j’ai eu le bonheur ineffahle de semer sous vos pas. Vous aimez les roses et j'ai voulu que vous puissiez conserver longtemps celles-ci.”

Il présenta les deux cornets. Camargo et Sallé avancèrent leurs mains tremblantes. Elles prirent chacune un cornet et elles déchirèrent les p=piuss.

Un cri d’admiration s’échappa en même temps de leurs ièvres. Il y avait dans chaque cornet une

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