LE CANAL
“Rien ! rien !
Les souterrains absolument vides !
Coq-d'inde ! Qu'as-tu vu à l'entrée de Leuze ?
— Rien, maître répondit (C'oq-d'Inde. Pas l'ombre d'une trace. Cette partie des souterrains est absolument déserte,
—Et toi, Coq-lago ?
— L'entrée de la plaine est aussi complètement déserte, Aucune trace de pas.
— Et dans le hois ?
— J'y veillais avant l'incendie, dit Coq-Nain,et je n'ai rien vu, rien entendu.
— Et toi, Coq-Doré. Qu'as tu vu sur la route de Tournai ?
— Rien, maître.
— Et cependant, s'écria Poulailler, voici les traces que C'oq-Nègre a relevées là... sous la maison incendiée, Ces traces témoignent du passage d’un homme.’
Tous s'étaient courbés pour examiner de l'œil les empreintes de pas que Poulailler indiquait sur le sol.
était au centre même des souterrains de Leuze qu'avait lieu cette scène, immédiatement au-dessous de la maison dans laquelle Poulailler
s était trouvé face à face avec Somboi et qu'il avait fait incendier. Poulailler était debout, l'œil menaçant et lançant des éclairs. En face de lui était Coq-Nègre ; à sa gauche se tenait immobile le km, que Heath-Cock ne quittait pas. Autour de ce groupe étaient les cocqs et d'autres hommes, dont plusieurs portaient des lanternes allumées.
Poulailler s'était baissé et presque agenouillé sur le sol : il examinait les traces avec une attention minutieuse. Un peu à gauche étaient les marches de pierre d'un petit escalier en spirale vers le sommet de la voûte, dans le sommet de laquelle était pratiquée une trappe. Tandis que Poulailler examinuit attentivement le sol, la trappe fut ouverte, et un homme vêtu et masqué
de noir apparut. 11 descendit rapidement les marches.
“EE bien ? demanda Poulailler en se rsdressant lemi.
-Vous aviez raison, maître, répondit M C. Il est matériellement impossible qu'un être humain, quel qu'il fût, ait pu passer sous les amas de cendre des décombres.et cette cendre forme une uche épaisse tout autour de cette entrée des : 1 terrains. J'ai tout tenté pour me frayer un pas sage, et je le répète, le souterrain n'a pas d'autre communication que celle-ci avec la maison.
Alors cet homme avait passé par cette trappe. Voici sur les marches les traces de son sang; voici sur le sol les traces de ses pas. Il est descendu là, et il s'est dirigé de ce côté !
{l'est évident.”
Le knès qui était toujours immobile, laissa échapper un soupir de satisfaction.
‘Mais là, poursuivit Poulailler, les traces s’ar-
rêétent et chaque galerie était gardée deux heures avant l'incendie.
—Oui, maîtte.
— Alors qu'est devenu cet homme ?
Et, se retournant vers le knès :
“Tu vas le dire ! ajouta-til.
—Comment le saurai-je ? répondit Trespatky.
J'étais entre les main< des tiens à l'heure où Somboï était dans cette galerie, Comment pourrais-je savoir ce qu'il a fait ici ?
—Tu connais les secrets de ces souterrains. Par où a-t-1l pu fuir ?
— Par l’une de ces galeries.
— 1 n'v a pas d'autre passage ?
Pas d'autre !”’
—Où est Somboï ? articula lentement Poulailler en lui posant le canon d'un pistolet sur la tempe.
Les traits du knès se contractèrent affreusement ; il hésita une seconde avant de répondre et il dit d’une voix sourde :
‘Je l'ignore : mais il ÿ a un sixième passage que tu ne connais pas.
—Où est-il ?
— L'entrée est là, sous les deux premières marches de l'escalier montant jusqu'à la maison.
—Le secret pour soulever et déranger ces marches ?
Là ! à gauche... fais creuser légèrement la terre -Lève-toi et désigne l'endroit !”
Ceux aui maintenaient le knès se reculèrent.
Dameuré libre, Trespatky se releva lentement. S'avancant vers l'escalier. il désigna du doigt la place À laquelle il fallait fouiller.
Deux hommes s'avancèrent sur un geste de