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forcer la vérité à sortir des lèvres de Montjoie. Sont-elles empoisonnées ? Dis Ja vérité! car l’ombre un mensonge serait puni par des années de aouleurs.
—Oui ! dit Montjoie.
—Tu leur as fait prendre le poison.
—Dont je connais seul l'antidote et qui commencera à agir dans une heure.
— Alors tu vas parler !”
Montjoie sourit raiileusement.
“Tu vas parler !”’ reprit Poulailler.
Montjoie demeura imnassible.
‘“L'antidote de ce poison ? Tu as une minute pour répondre.’’
Poulail'er se pencha sans quitter Montjoie du regard et il prit un fer roug1 dans l’âtre.
Montjoie secoua la tête de gaurhe à droite et de ‘iroite à gauche et ne répondit pas.
Un sifflement sourd s'échappa de la bouche de Poulailler.
“Tu vas parler ! dit-il.
--Tue-moi, dit froidement Somboï, mais je ne parlerai pas.”
Poulailler désigna le knès.
“Celui-ci va être - torturé d’abord sous tes veux !” dit-il. d
Le knès fit un mouvement. C s'avança vers lui : il saisit les cordes qui attachaient les mains du knès, et lui imprimant une secousse puissante, il le fit reculer et l’attacha à la vis d'un gigantesque tourniquet. Le knès com:prit tout le danger : une sueur froide perla sur son front:
‘Je dirai tout ce que je sais, dit-il.
—TLâche et traître !’’ murmura Montjoie.
Et se retournant vers Poulailler avec un hanssement d'épaules dédaigneu x:
“’Tue-le si tu veux ! dit-il. Il ne sait rien mais absolurent rien de ce qde tu veux savoir
— Misérable, dit Poulailler d’une voix rauque, en levant ses bras MmenaGants au-dessus de la tête de Montjoie, tu parleras… le le veux !”
Et se dressant sur ses pieds, il dominait Mont- Joie, les veux dans les yeux. C s'était rappro ché :
‘L'heure va sonner, dit-il. -
— Et ces femmes vont mourir ! dit Poulailler avec une violence inouïe. Mourir ! elles !.””
Il était effrayant à voir.
“Mourir !" répéta-t-il.
Saisissant les poignets de Montioie, il les serra avec une telle violence qu'il brisa Les cordes qui les liaient.
—-Alors tenant les mains dans ses doigts crispés, il se pencha plus encore : |
“Parle ! dit-il. Parle! Je le veux !…
Montjoie ne répondit pas. Ses regards devenaïent fixes et avaient un reflet étrange.
“Parle ! reprit Poulailler. Parle! Je le veux !”°
Et il prononça ce dernier mot avec une énergie si grande que Montjoie, dominé, se renversa en arrière.
“1 parlera !” dit C'en s'avançant.
Poulailler avait quitté les mains de Monrtjoie. Celui-ci demeura immobile. Poulaiiler lui reprit la main droite, Montjoie tressaillit et un mouvement nerveux agita tout son être.
“Tu parleras !”’ dit Poulailler.
—Oui !” balbutia Montjoie d’une voix brisée
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et comme un homme vaincu après une longue lutte.
Poulailler et C se regardèrent.
‘Oh ! la science ! la science ! murmura M.
CU. Le même effet que celui produit sur le jeune Mesmer ! Vous le dominez ! :! répondra ! il ne s'appartient plus !’’
Poulailler s'était redressé lentement.
‘"Nicette et Sabine sont-elles en danger de mort ?”’
Montjoie se tordit en convulsions effrayante:. Poulailler avait pris deux flacons. Il en tenait un de chaque main. Ces flacons avaient la forme des bouteilles de Leyde. 11 appuya le bouchon de cuivre de l’un de ses flacons sur le sommet du crâne de Montjoie, et il plaça l’autre sur le cœur. Montjoie pousait des soupirs rauques et étranglés. Les convulsions augmentaient de violences :
““Nicette et Sahine sont-elles en danger de mort ? reprit Poulailler. Réponds !”
La bouche de Montjoie s’entr’ouvrit.
“Réponds !”’ dit encore Poulailler.
Montjoie luttait pour ne pas répondre. Les nerfs de son visage se crispaient d’une façon horrible. Poulailler leva ses deux mains au-dessus du front de Montjoie :
‘Réponds ! Sont-elles en danger ?”
Montjoie s'affaisa sur lui-même.
“Non !.… dit-il.
—Tu as donc menti ?
—— Oui.
— Tu as voulu me tromper pour racheter ta liherté ?
—Oui.
—Ainsi Nicette et Sabine ne sont pas empoisonnées ?
—Non !
—Comprends-tu l'état dans lequel tu es ?
—Non...
—Qu’éprou: :s-tu ?
— Une 9: .nde douleur dans la tête.
--Que voudrais-tu ? :
—Que tu fisses cesser cette douleur.’?
Poulailler et C se regardèrent encore.
‘À nous la toute-puissance ! murmura C à voix basse. Au comte de Saint-Germain l'im mortalité !””
Un korikokso retentit au dehors : C s'avanca vivement vers l’une des portes et l'ouvrit. Fanfan-la-Tulipe était sur le seuil. Îl présenta une lettre :
“Du docteur La Pevronie’’ dit-il.
C donna vivement la lettre à iculailler qui brisa le cachet.
“Cet homme a dit vrai! fitil en désignant Montjoie. Nicetig et Sabine ne courent aucun danger : Ba Peyronie l’affirme.’?
Revenant vers Montjoie:
‘Ah ! reprit-il avec un frémissement joyeux, je n’ai donc plus qu’à me venger !”
Et saisissant les mains de Montjoie.
“Réveille-toi !”” commanda-t-il d’une voix rauque,