SCÈNE XIII
SYLVEIRA, DOMESTIQUES.
» SYLVEIRA , seul. Décidément tout le monde ici a le cerveau dérangé... ah!., voici mon souper, c’est un peu plus amusant... (il jette les papiers sur une table. I.es domestiques serrent.) Merci, mes amis... Maintenant , laissez -moi seul.... (/f sortent.) C’est ma foi, très galamment
LE COMTE DE IAINT-GERMAIX. 20
servi... et le roi fait bien les choses., des mets exquis... du champagne !.. [Avec réflexion. ) allons, un quart-d'hrure encore, et tout sera dit... c’est dommage pourtant... allons, allons. . pas de réflexions... hàtons-nous de vivre, et à moi cette bouteille ;
Air ? amis voici la riante semaine.
En ce moment , ô nectar délectable «
Ainsi que moi , tu gémis en prison...
Je suis hélas par lin sort dcplotable ,
Sous le» verrou* et toi sous le bouchon...
Ta destinée à la mienne est pareille:
Au moins , je veux dans ma captivité ,
En débouchant , ici, cette bouteille,
A l’un des deux rendre la liberté...
(Il fait sauter le bouchon et boit avec délices ) Comine ce vin pétille et monte au cerveau ; edfcnme il donne envie de rester sur cette terre qui le produit , c’est égal, il faut mourir... (// tire s»n pistolet et Carme ; puis regardant tes papiers ) ces papiers... pourquoi me les a-t-on remis ?..
s’ils m’intéressaient effectivement, [lisant.)
« à Dona Séraphinc ! ma mère — ou à son fils*» — mais, c’est pour moi... (Il brise le cachet.') Ah! ma main tremble !.. Considérant Its papiers.) Il y a peut-être là tout un avenir pour le malheureux orphelin... (// lit arec anxiété.) Ciel !.. est-ce un rêve ?.. quoi 1 je serais vraiment; (// lit haut.)
» Ces mémoires qui remontent à plusieurs «siècles et qui finiront à moi , seront remis
• par Dona Séraphinc à notre enfant, lors- » qu’il aura atteint sa trentième année... ù «lui aussi, appartiendront les biens immen- ®ses, dont les titres sont énumérés ici...
• tant ceux que je possède au Brésil, que » ceux de Hongrie* de Brcslau et de Franc- » fort : Il trouvera de plus une cassette mys- » téricusc qui renferme un dépôt royal :
» cette cassette ne peut être ouverte que » par lui seul... par un moyen indiqué plus
as. • ( Continuant et partant.) Ah! voiqî, moyen dont il parle; j’ai les mémoires...
la cassette manque, où est-elle ?.. qui la possède ? (se levant arec joie.) Oh! n’importe, je suis riche maintenant, une existence nouvelle s’est révélée pour moi je ne veux plus mourir... (Il désarme son pistolet , et après un moment de silence.) Oui, mais j’oublie qu’en attendantquc je touche mon héritage j’ai promis à ce damné marquis de le payer dans une heure,® et au roi de faire de l’or.. Comment nie dégager à présent?
c’est que les rois ne plaisantent pas, même les plus jeunes !.. oh! je suis bien bon de m’inquiéter ; ils sont à table, portent de joyeuses santés, m’ont oublié Sans doute, et j’aurai le temps...
UN DOMESTIQUE, ouvrant la porte et annonçant Sa majesté...
SYLVE1KA. Je sui« perdu l